Boulay-Moselle : une école remplace la fête des Mères par « la fête des gens que l’on aime »

La décision, votée à l'unanimité au conseil d'école, a déclenché une pétition de plus de 400 signatures et une controverse politique locale.

Boulay-Moselle : une école remplace la fête des Mères par « la fête des gens que l'on aime »
Illustration Pauline Schmitt / info.fr

Une école élémentaire de Boulay-Moselle a remplacé les fêtes des Mères et des Pères par « la fête des gens que l'on aime ». Adoptée à l'unanimité au conseil d'école, la mesure a suscité une pétition en ligne et une réaction d'un élu RN local, que les parents élus ont fermement contestée.

L’essentiel

  • Décision : L’école élémentaire des Diablotins (rue de Sarrelouis) a remplacé les fêtes des Mères et des Pères par « la fête des gens que l’on aime », annoncée par mail aux parents.
  • Unanimité : La mesure a été adoptée à l’unanimité au conseil d’école, selon les représentants des parents et les enseignants (Stéphane Ehrminger, Sarah Evangelisti FSU-SNUipp 57).
  • Pétition : Lancée le 12 mai 2026 par Alison Schoepps, la pétition « Préserver les fêtes des pères et des mères à l’école » a recueilli plus de 400 signatures sur Change.org.
  • Cadre légal : Le ministère de l’Éducation nationale a rappelé en 2022 que ces fêtes ne font l’objet d’aucune instruction ministérielle ; chaque enseignant est libre de ses choix pédagogiques.

Une décision annoncée par mail, validée en conseil d’école

L’école élémentaire des Diablotins, située rue de Sarrelouis à Boulay-Moselle, a informé les familles par courriel de sa décision de substituer les fêtes des Mères et des Pères par une célébration rebaptisée « la fête des gens que l’on aime ». La motivation avancée : mieux tenir compte de la diversité des situations familiales des élèves.

La mesure a ensuite été soumise au conseil d’école, instance réunissant enseignants, directeur et représentants des parents. Selon Stéphane Ehrminger et Sarah Evangelisti, représentants FSU-SNUipp 57, elle a fait l’unanimité, rapporte France 3 Grand Est. Les parents d’élèves élus confirment cette version dans un communiqué publié le 30 mai 2026.

Une pétition et une polémique politique

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La décision n’a pas fait l’unanimité au-delà du conseil d’école. Le 12 mai 2026, une mère d’élève, Alison Schoepps, a mis en ligne une pétition intitulée « Préserver les fêtes des pères et des mères à l’école » sur Change.org. Elle a recueilli plus de 400 signatures, près de 450 selon Le Parisien.

Xavier Mertz, élu d’opposition RN au conseil municipal de Boulay-Moselle, a relayé la pétition sur les réseaux sociaux. Il a dénoncé publiquement le choix de l’école, y voyant un « wokisme parisien » et un effacement des traditions, selon France 3 Grand Est. Il a également évoqué l’organisation de réunions entre la municipalité, les parents et l’établissement, selon actu.fr.

Les parents élus répondent et critiquent la méthode

Dans un communiqué publié le 30 mai, les parents d’élèves élus ont défendu le choix de l’établissement. Ils ont aussi mis en cause la démarche de Xavier Mertz, estimant que relayer la pétition de cette façon outrepassait son rôle et instrumentalisait le débat, selon Le Républicain Lorrain.

Cette ligne de fracture - entre partisans d’une adaptation aux réalités familiales et défenseurs des traditions - n’est pas propre à Boulay-Moselle. Le Républicain Lorrain et actu.fr notent que des décisions similaires ont déjà été prises dans d’autres établissements en France, sans qu’elles génèrent systématiquement une telle exposition médiatique.

Pour aller plus loin sur les débats liés à la vie locale en Moselle, lire aussi : droits des locataires à Boulay-Moselle et une affaire judiciaire récente en Moselle.

Ce que dit le cadre réglementaire

Le ministère de l’Éducation nationale a tranché la question du cadre légal dès 2022 : les fêtes des Mères et des Pères n’ont jamais fait l’objet d’une instruction ministérielle. Chaque enseignant reste libre de ses choix pédagogiques sur ce point. Cette liberté est rappelée par France 3 Grand Est dans sa couverture du dossier.

En d’autres termes, ni l’organisation, ni la suppression, ni le remplacement de ces célébrations ne sont encadrés par un texte officiel. La décision relève du conseil d’école et de l’équipe enseignante.

Contexte dans la Moselle

Boulay-Moselle est un bourg de 5 434 habitants (INSEE, 2023), avec une densité de 278 habitants par kilomètre carré. Commune-centre du pays de Boulay, elle concentre plusieurs équipements scolaires pour son bassin de vie.

Le sujet résonne dans un département où les débats sur l’école et les valeurs traditionnelles trouvent régulièrement un écho politique. La couverture du dossier par des médias nationaux - Le Parisien, Valeurs actuelles - a amplifié la visibilité d’une décision pédagogique locale, ce qui est rare pour une commune de cette taille. Sur d’autres sujets mosellans récents, voir aussi : l’incendie de l’église de Montenach.

Prochaine étape

Des réunions de concertation entre la municipalité, les parents d’élèves et l’établissement sont évoquées, à l’initiative de l’élu RN Xavier Mertz selon actu.fr. Ni la date ni l’ordre du jour de ces échanges n’ont été précisés à ce stade par les parties concernées.

Sources

Pauline Schmitt

Pauline Schmitt

Pauline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Moselle (57), avec Metz pour chef-lieu. Spécialité du département : Pompidou-Metz et frontaliers (1er département frontalier de France). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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