À Brest, une ex-collaboratrice PS au chômage dénonce l’invisibilité des familles monoparentales

Maman solo d'une fille de 6 ans, Audrey Aït Kheddache milite pour que les parents seuls cessent d'être les oubliés des politiques publiques finistériennes.

À Brest, une ex-collaboratrice PS au chômage dénonce l'invisibilité des familles monoparentales
Illustration Yann Le Goff / info.fr

Collaboratrice du groupe PS à Brest jusqu'à la défaite électorale de mars 2026, Audrey Aït Kheddache se retrouve au chômage. Maman d'une fille de 6 ans, elle porte un combat faire reconnaître les familles monoparentales comme priorité sociale dans le Finistère.

Collaboratrice du groupe d’élus socialistes à Brest jusqu’à la défaite électorale de mars 2026, Audrey Aït Kheddache se retrouve au chômage. Maman d’une fille de 6 ans, elle porte un combat : faire reconnaître les familles monoparentales comme priorité sociale dans le Finistère.

L’essentiel

  • Emploi perdu : Audrey Aït Kheddache est sans emploi depuis la défaite du PS aux municipales de Brest en mars 2026, où François Cuillandre a obtenu 38,3 % des voix face à 57,4 % pour Stéphane Roudaut.
  • 29 517 familles : le Finistère comptait 29 517 familles monoparentales en 2019, soit 12,1 % des familles du département, selon l’INSEE.
  • +55 % en Bretagne : entre 1999 et 2014, le nombre de familles monoparentales en Bretagne a augmenté de 55 %, passant de 54 000 à 83 500.
  • 19 % des enfants : en 2021, un enfant sur cinq en Bretagne vivait dans une famille monoparentale, avec 8 familles sur 10 dirigées par la mère.
  • Projet associatif : Audrey Aït Kheddache envisage de créer un réseau ou une association dédiée aux parents solos à Brest, selon Le Télégramme.

La fin d’un mandat, le début d’une autre bataille

Le 22 mars 2026, Brest bascule. Après 37 ans de règne socialiste, François Cuillandre est battu par Stéphane Roudaut, candidat divers droite, avec 57,4 % des voix contre 38,3 %, selon Le Monde et 20 Minutes. Pour les collaborateurs du groupe PS, la conséquence est immédiate : la perte de leur poste.

Audrey Aït Kheddache fait partie de ceux-là. Elle se retrouve au chômage, avec une fille de 6 ans à charge. C’est cette situation, vécue de l’intérieur, qui donne à son engagement un ancrage concret. Comme le relève un témoin local sur X :

Un angle mort des politiques publiques

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Dans une tribune publiée par Le Télégramme, Audrey Aït Kheddache appelle à faire des familles monoparentales une priorité sociale pour 2026 au sein du PS Finistère. Son propos est direct : ces familles restent les grandes invisibles des dispositifs publics, trop souvent absentes des arbitrages budgétaires et des plans d’action locaux.

Elle envisage, selon Le Télégramme, de créer un réseau ou une association dédiée aux parents solos à Brest. La forme exacte reste à préciser.

La question dépasse le cadre partisan. Le Contrat de ville 2024-2030 de Brest Métropole identifie déjà les familles monoparentales comme un public vulnérable prioritaire dans les quartiers, avec jusqu’à 25 % des familles concernées dans certains secteurs. Mais pour Audrey Aït Kheddache, l’identification ne suffit pas : il faut des réponses concrètes. Ce type de mobilisation citoyenne sur les lacunes dans l’accès aux services se retrouve dans d’autres territoires français.

Contexte dans le Finistère

Les chiffres INSEE donnent la mesure du phénomène. En 2019, le Finistère recensait 29 517 familles monoparentales, soit 12,1 % de l’ensemble des familles du département. Parmi elles, 24 637 étaient dirigées par une femme seule, soit 10,1 % du total.

À l’échelle régionale, la tendance est lourde. Entre 1999 et 2014, le nombre de familles monoparentales en Bretagne a progressé de 55 %, passant de 54 000 à 83 500, pour 135 900 enfants concernés, selon l’INSEE. En 2021, 19 enfants sur 100 en Bretagne vivaient dans une famille monoparentale, avec 8 familles sur 10 dirigées par la mère, d’après Ouest-France et l’INSEE.

À Brest même, l’UDB avait fait du soutien aux parents solos un axe de campagne pour les municipales 2026, estimant qu’un Brestois sur cinq était concerné par la monoparentalité, selon Le Télégramme. Ce sujet dépasse les clivages : il touche à l’accès au logement, à la garde d’enfants, à l’emploi et aux revenus. Des enjeux que l’on retrouve également dans d’autres formes de vulnérabilités familiales documentées en Bretagne.

Un engagement qui cherche son cadre

Audrey Aït Kheddache n’est pas la première à pointer ces lacunes, mais sa trajectoire personnelle - collaboratrice politique devenue chômeuse et parent solo dans la même période - donne une lisibilité particulière à son témoignage.

Son militantisme au PS Finistère pour que la monoparentalité devienne une priorité explicite du programme socialiste s’inscrit dans un contexte post-défaite où le parti reconstruit ses positions dans l’opposition brestoise. Des mobilisations similaires autour de situations personnelles transformées en cause collective émergent dans plusieurs départements.

La création éventuelle d’une association dédiée aux parents solos à Brest constituerait une étape concrète. Le calendrier et les modalités n’ont pas encore été précisés.

Sources

Yann Le Goff

Yann Le Goff

Yann est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Finistère (29), avec Quimper pour chef-lieu. Spécialité du département : port militaire de Brest (sous-marins) et premier port de peche français. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bretagne.

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