Briançon : Aurore Bergé inaugure un banc rouge, visite la Maison des femmes et signe une convention hôpital
La ministre de l'Égalité a passé deux jours dans les Hautes-Alpes les 4 et 5 juin 2026 pour soutenir trois dispositifs locaux de lutte contre les violences sexistes.
Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, s'est rendue à Briançon les 4 et 5 juin 2026. Elle a inauguré un banc rouge symbolique, visité la Maison régionale des femmes du CIDFF et signé une convention permettant le dépôt de plainte directement à l'hôpital.
L’essentiel
- 4 juin 2026 : inauguration d’un banc rouge au Jardin Jean-Rousson avec le maire Arnaud Murgia, en mémoire des victimes de féminicides.
- Maison régionale des femmes : ouverte le 10 février 2026, 11e structure de ce type en PACA, gérée par le CIDFF des Hautes-Alpes.
- 5 juin 2026 : signature d’une convention « Réseau Sentinelle » au Centre hospitalier des Escartons pour permettre le dépôt de plainte sur place.
- Contexte national : 107 féminicides recensés en France en 2024 selon les forces de sécurité intérieure.
- Hautes-Alpes : taux de 11,6 victimes de violences conjugales pour 1 000 femmes de 15-64 ans enregistrées en 2024 (données ministère de l’Intérieur).
Un banc rouge pour marquer les esprits
Le 4 juin 2026, Aurore Bergé et le maire de Briançon Arnaud Murgia ont inauguré un banc rouge au Jardin Jean-Rousson. Ce symbole, présent dans de nombreuses communes françaises, marque la mémoire des femmes victimes de violences et de féminicides. La ville de Briançon a confirmé l’événement sur son compte officiel.
La ministre a déclaré, selon Le Dauphiné Libéré, que « les violences faites aux femmes ne sont pas des affaires privées ». Une formule qui résume l’orientation de la visite : ancrer la lutte contre les violences sexistes dans l’espace public local.
La Maison régionale des femmes, quatre mois après son ouverture
Aurore Bergé a ensuite visité la Maison régionale des femmes, gérée par le CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) des Hautes-Alpes. La structure a été inaugurée le 10 février 2026 par le préfet Philippe Bailbé, le maire Arnaud Murgia et le président de la Région Sud Renaud Muselier. C’est la 11e de ce type en région PACA, selon les données de la préfecture des Hautes-Alpes.
Elle propose un accompagnement global : aide juridique, soutien social, suivi psychologique et accès aux soins. La Région Sud a apporté son soutien financier à la création de cette structure. Elle couvre le nord du département, un territoire enclavé où l’accès aux services reste un enjeu concret. La visite s’inscrit dans un effort plus large de présence de l’État dans le Briançonnais.
Une convention inédite : déposer plainte à l’hôpital
Le 5 juin 2026, la ministre a signé au Centre hospitalier des Escartons une convention dans le cadre du dispositif « Réseau Sentinelle ». Ce partenariat associe l’hôpital, les forces de l’ordre et la procureure de Gap. Il permet aux femmes victimes de violences physiques ou sexuelles de déposer plainte directement sur place, sans avoir à se rendre dans un commissariat ou une gendarmerie.
Le dispositif a été mis en place début 2026 au Centre hospitalier des Escartons. Il doit être étendu aux hôpitaux de Gap et d’Embrun, selon Le Dauphiné Libéré. L’objectif : renforcer le repérage des victimes, faciliter le recueil de preuves et réduire les obstacles au dépôt de plainte - un frein documenté dans les études sur les violences conjugales.
Contexte dans les Hautes-Alpes
Le département affiche un taux de 11,6 femmes de 15 à 64 ans victimes de violences conjugales enregistrées pour 1 000 habitantes en 2024, selon les données du ministère de l’Intérieur. Ce chiffre place les Hautes-Alpes dans une situation qui justifie une mobilisation des acteurs locaux.
Briançon est la deuxième ville du département avec environ 12 000 habitants. Son isolement géographique - à 1 326 mètres d’altitude, ville la plus haute de France - complique l’accès aux structures d’accompagnement. La création de la Maison régionale des femmes répond directement à cette réalité territoriale. À l’échelle nationale, 107 féminicides ont été recensés en 2024 par les forces de sécurité intérieure, selon le site gouvernemental Arrêtons les violences.
La préfecture des Hautes-Alpes a confirmé la visite et ses objectifs dans un communiqué publié sur X le 5 juin 2026, soulignant la volonté de l’État de « soutenir les initiatives locales en faveur de la prévention, de la protection et de l’accompagnement ».
D’autres territoires expérimentent des dispositifs comparables pour améliorer la prise en charge : la mobilisation autour des violences sexuelles sur mineurs à Marseille illustre la même dynamique de visibilisation à l’échelle régionale. Par ailleurs, des réflexions sur les conditions de travail des femmes émergent dans d’autres collectivités, comme la réflexion sur un congé menstruel lancée en Creuse Grand Sud.
Prochaine étape
L’extension du dispositif Sentinelle aux hôpitaux de Gap et d’Embrun est annoncée, sans calendrier précis communiqué à ce stade. La Maison régionale des femmes du CIDFF poursuit ses activités à Briançon ; ses résultats complets depuis l’ouverture de février 2026 n’ont pas encore été rendus publics.
Sources
- Le Dauphiné Libéré : Aurore Bergé à Briançon : « Les violences faites aux femmes ne sont pas des affaires privées »
- Le Dauphiné Libéré : Réseau Sentinelle : l'hôpital permet le dépôt de plainte sur place pour les femmes victimes de violences
- La Marseillaise : La ministre Aurore Bergé s'est rendue à Briançon pour échanger
- Préfecture des Hautes-Alpes (@Prefet05) : Communiqué de la préfecture des Hautes-Alpes sur la visite d'Aurore Bergé

