Bry-sur-Marne : 18 mois de prison pour menaces contre le maire et harcèlement d’un commissaire
Le tribunal correctionnel de Créteil a rendu son verdict le 21 mai 2026 contre un habitant récidiviste, déjà condamné en 2021
Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné jeudi un habitant de Bry-sur-Marne à 18 mois de prison pour menaces de mort contre le maire Charles Aslangul et son premier adjoint Rodolphe Cambresy, ainsi que pour harcèlement d'un commissaire de police du Val-de-Marne. L'homme avait déjà été condamné pour des faits similaires en 2021.
Le tribunal correctionnel de Créteil a condamné jeudi un habitant de Bry-sur-Marne à 18 mois de prison pour menaces de mort contre le maire Charles Aslangul et son premier adjoint Rodolphe Cambresy, ainsi que pour harcèlement d’un commissaire de police du Val-de-Marne. L’homme avait déjà été condamné pour des faits similaires en 2021.
L’essentiel
- Peine : 18 mois de prison, dont 6 mois ferme sous bracelet électronique et 12 mois avec sursis, prononcés le 21 mai 2026 par le tribunal de Créteil.
- Interdictions : contact et accès au domicile ou lieu de travail du maire, de l’adjoint et du commissaire, pendant 3 ans.
- Durée des faits : environ 3 ans de menaces, notamment pendant la campagne municipale 2026.
- Récidive : le prévenu avait déjà été condamné le 15 mars 2021 pour menaces contre Charles Aslangul et un adjoint.
- Protection : le maire avait bénéficié d’une escorte policière pendant la campagne électorale 2026.
Le verdict du 21 mai : peine ferme et mesures immédiates
Le jugement a été rendu en fin de matinée. Le prévenu écope de 6 mois de prison ferme, à exécuter sous bracelet électronique, et de 12 mois avec sursis. L’exécution provisoire des mesures a été ordonnée, selon Le Parisien.
En plus de la peine d’emprisonnement, le tribunal impose trois ans d’interdiction de tout contact avec les trois victimes : le maire Charles Aslangul, son premier adjoint Rodolphe Cambresy et le commissaire de police ciblé. L’accès à leurs domiciles et lieux de travail est également prohibé pour la même durée.
Le condamné est par ailleurs contraint de rechercher un emploi ou une formation, et de suivre des soins psychiatriques et psychologiques. Ces obligations ont été assorties d’une exécution provisoire, ce qui signifie qu’elles s’appliquent immédiatement, indépendamment d’un éventuel appel.
Trois ans de menaces, une campagne sous protection policière
Les faits reprochés s’étalent sur environ trois ans, selon Le Parisien. Ils ont culminé pendant la campagne pour les élections municipales 2026, au point que Charles Aslangul a bénéficié d’une protection policière durant cette période.
Rodolphe Cambresy, premier adjoint délégué aux Grands projets, à l’Urbanisme, à la Sécurité et à la Prévention des risques, figurait également parmi les cibles des menaces de mort. Un commissaire de police du Val-de-Marne a été visé de son côté par du harcèlement.
Malgré ce contexte, Charles Aslangul a été réélu dès le premier tour des municipales 2026, avec 88,3 % des voix, selon les résultats officiels publiés par le ministère de l’Intérieur.
Ce type de violence ciblant des élus locaux fait l’objet d’une attention croissante dans le Val-de-Marne. À Bry-sur-Marne, une autre affaire violente avait récemment mobilisé les forces de l’ordre dans la commune.
Un récidiviste déjà condamné en 2021
Ce n’est pas la première fois que cet homme comparaît pour des faits de ce type. En janvier 2021, il avait menacé Charles Aslangul et un adjoint au téléphone, depuis un numéro masqué, dans le cadre d’un différend sur une place en crèche. L’appel avait duré moins d’une minute.
Le 15 mars 2021, le tribunal correctionnel de Créteil l’avait condamné à 90 jours-amende, soit 720 euros, selon Le Parisien et Ouest-France. Le maire avait alors déclaré que ces actes étaient « intolérables ».
Cinq ans plus tard, les faits se sont répétés, aggravés et prolongés. La peine prononcée le 21 mai 2026 est sensiblement plus lourde, avec pour la première fois une part ferme et des obligations de suivi.
Contexte dans le Val-de-Marne
Le Val-de-Marne compte 1,4 million d’habitants répartis sur 47 communes. Bry-sur-Marne, avec environ 18 095 habitants selon le recensement INSEE 2022, est une commune de taille moyenne du département, enclavée entre la Marne et l’autoroute A4.
Les violences contre les élus locaux sont un phénomène national, mais le Val-de-Marne a connu plusieurs affaires marquantes ces dernières années. La préfecture du département, désormais dirigée par Stanislas Bourron, a fait de la sécurité locale une priorité à sa prise de fonctions. Le tribunal correctionnel de Créteil, compétent pour l’ensemble du département, traite régulièrement ce type de dossiers impliquant des personnalités publiques.
La protection des élus pendant les campagnes électorales mobilise également davantage de moyens policiers. La décision d’affecter une escorte à Charles Aslangul lors des municipales 2026 illustre le niveau de gravité retenu par les autorités dès la phase d’enquête.
Le Val-de-Marne avait déjà été le théâtre d’une affaire judiciaire à retentissement régional avec le dossier du tueur en série de Choisy-le-Roi, qui avait interrogé les limites de la responsabilité pénale.
Les obligations imposées au condamné
Le jugement détaille plusieurs obligations cumulatives. Sur le volet pénal : l’interdiction de contact et d’approche, pendant trois ans, avec les trois victimes. Sur le volet médico-social : un suivi psychiatrique et psychologique obligatoire, ainsi qu’une démarche active d’insertion professionnelle.
L’ensemble de ces mesures bénéficie de l’exécution provisoire. Elles s’appliquent donc dès le prononcé du jugement. Un éventuel appel ne suspendrait pas leur mise en œuvre immédiate.
Le prévenu dispose du droit de faire appel devant la cour d’appel de Paris. Aucune information n’était disponible à ce stade sur l’intention de son avocat.
Un dossier suivi par les associations d’élus
Les menaces contre les maires sont documentées chaque année par l’Association des maires de France (AMF). En 2024, l’AMF recensait plusieurs centaines de cas déclarés sur l’ensemble du territoire, une tendance à la hausse depuis 2020. La condamnation prononcée à Créteil s’inscrit dans un contexte où la justice durcit progressivement sa réponse à ces actes, notamment lorsque la récidive est établie.
La présence d’un commissaire de police parmi les victimes du harcèlement ajoute une dimension supplémentaire au dossier. Les forces de l’ordre ont été directement impliquées dans le suivi de l’affaire, ce qui a pu peser dans la décision du tribunal d’ordonner des mesures contraignantes à exécution immédiate.
Des affaires similaires de protection des agents de l’État et des élus mobilisent régulièrement les services de sécurité dans le département, comme en témoigne l’action de sensibilisation civique menée par la préfecture du Val-de-Marne.
La prochaine étape dépend de la position de la défense : si le condamné fait appel, l’affaire sera renvoyée devant la cour d’appel de Paris, sans suspension des mesures déjà en vigueur.
Sources
- Le Parisien : Bry-sur-Marne : 18 mois de prison pour avoir menacé le maire et son adjoint et harcelé un commissaire de police
- Le Parisien : « C'est intolérable » : dans le Val-de-Marne, l'auteur des menaces contre le maire de Bry condamné
- Ouest-France : Val-de-Marne. Un père de famille condamné pour avoir menacé le maire de Bry-sur-Marne
- INSEE : Bry-sur-Marne – Population en 2022