BTP en Maine-et-Loire : la flambée du carburant étouffe les entreprises de Cholet
Entre hausse des prix du gazole et manque de chantiers, les professionnels du bâtiment du Choletais tirent la sonnette d'alarme.
Le gazole dépasse 2 euros le litre. Les chantiers se font rares. Dans le Maine-et-Loire, les entreprises du BTP décrivent une situation au bord de la rupture. Une mobilisation nationale a eu lieu le 16 avril 2026 à Angers.
À Cholet comme dans tout le Maine-et-Loire, les entrepreneurs du bâtiment accumulent les mauvaises nouvelles. La Fédération française du bâtiment de Maine-et-Loire (FFB 49), présidée par Charles Boisseau, a alerté dès le 11 mars 2026 sur la hausse brutale des prix du carburant. Le gazole a frôlé les 2 euros le litre ce printemps, soit une augmentation de 30 centimes en quelques jours, selon Ouest-France. Les engins de chantier et les camions de livraison absorbent de plein fouet cette inflation.
Un secteur déjà fragilisé avant la crise du carburant
La hausse du gazole s’ajoute à un contexte difficile. En 2025, les mises en chantier de logements ont chuté de 9 % en Maine-et-Loire, avec seulement 4 300 unités construites sur douze mois, selon le site Angers Villactu. Les marges des entreprises, déjà réduites par ce ralentissement, ne permettent plus d’absorber un surcoût énergétique de cette ampleur.
La CAPEB 49 et la CNATP 49 ont rejoint la FFB 49 dans cette alerte. Les trois organisations décrivent, selon Ouest-France, une saturation des entreprises : moins de commandes, des devis impossibles à tenir, des trésoreries à sec. Nationalement, 90 % des professionnels du BTP se disent pénalisés, avec des risques réels de faillites et de licenciements, selon Franceinfo.
Une mobilisation et des réponses encore incertaines
Le 16 avril 2026, un rassemblement s’est tenu à Angers, à l’appel des organisations professionnelles du département. Il s’inscrivait dans une journée de mobilisation nationale du secteur. La hausse du gazole atteint 23,5 % sur un an au niveau national, en partie liée à la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février 2026, selon La Dépêche.
Face à la pression, le gouvernement a esquissé des réponses. Le ministre du Travail a évoqué le 30 mars 2026 la possibilité de recourir au chômage partiel pour les entreprises touchées, selon CNews. Le Parisien rapporte par ailleurs qu’un plafonnement des marges des distributeurs à 1,71 euro le litre est à l’étude, alors que le diesel atteignait 2,31 euros en avril. Ces mesures restent à ce stade à l’état de pistes.
Un précédent : la crise ukrainienne de 2022
La situation rappelle la flambée de 2022, survenue après l’invasion de l’Ukraine. Mais les niveaux atteints en 2026 dépassent ceux d’alors, selon Vie-publique.fr. Le secteur avait alors résisté : les défaillances d’entreprises dans la construction ont même reculé de 3,2 % en 2025 au niveau national, d’après Monimmeuble. Cette résilience pourrait ne pas tenir si la pression dure.
Une audience à Bercy est évoquée par les représentants de la filière. Des aides à la trésorerie pourraient également être mises en place. Les détails et le calendrier n’ont pas encore été communiqués.
Sources
- Ouest-France : Hausse des prix du carburant : la Fédération du bâtiment de Maine-et-Loire alerte sur les conséquences
- Ouest-France : « La situation devient critique » : moins de chantiers, prix du carburant, ces entreprises saturent en Maine-et-Loire
- Franceinfo : Le secteur du BTP particulièrement impacté par la hausse du coût du carburant
- Le Parisien : Prix des carburants : le gouvernement prépare l'éventualité d'un plafonnement des tarifs à la pompe