À Caen, un collectif occupe un bâtiment vide pour héberger 13 enfants sans abri

Le collectif AGLE a investi le 7 mai un immeuble rue des Bénédictins pour loger 20 personnes, dont 13 enfants scolarisés, dénonçant 10 219 logements vides non réquisitionnés à Caen-la-Mer.

À Caen, un collectif occupe un bâtiment vide pour héberger 13 enfants sans abri
Illustration Julie Leroy / info.fr

Un bâtiment vacant du quartier La Folie-Couvrechef, rue des Bénédictins à Caen, est occupé depuis le 7 mai 2026 par le collectif AGLE. Vingt personnes sans abri y ont été hébergées, dont 13 enfants issus de 7 familles monoparentales. L'action vise à dénoncer l'absence de réquisition de logements vides dans l'agglomération.

Un bâtiment vacant du quartier La Folie-Couvrechef, rue des Bénédictins à Caen, est occupé depuis le 7 mai 2026 par le collectif AGLE. Vingt personnes sans abri y ont été hébergées, dont 13 enfants issus de 7 familles monoparentales. L’action vise à dénoncer l’absence de réquisition de logements vides dans l’agglomération.

L’essentiel

  • 7 mai 2026 : le collectif AGLE investit un bâtiment vacant rue des Bénédictins, dans le quartier La Folie-Couvrechef à Caen.
  • 20 personnes hébergées : 7 adultes et 13 enfants issus de 7 familles monoparentales, tous les enfants scolarisés à Caen.
  • 10 219 logements vacants recensés dans l’agglomération Caen-la-Mer par l’INSEE en 2022, dont 1 300 structurels selon la préfecture du Calvados.
  • Pas d’intervention policière : la police s’est rendue sur place le 7 mai, a constaté l’occupation et est repartie sans procéder à une expulsion.
  • 10 mai 2026 : France 3 Normandie médiatise l’action, relayée sur X par le compte @f3normandie.

Une occupation revendiquée, pas clandestine

Le collectif AGLE - Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, fondé en 2013 - ne s’est pas caché. L’investissement du bâtiment vacant a été assumé et rendu public dès le 7 mai, selon France 3 Normandie. La police s’est déplacée rue des Bénédictins ce même jour, a acté la présence des occupants et est repartie sans intervenir. Aucune procédure d’expulsion immédiate n’a été engagée à ce stade, du moins selon les informations disponibles.

L’action a ensuite été médiatisée le 10 mai par France 3 Normandie, qui a relayé la démarche du collectif :

Vingt personnes, dont treize enfants scolarisés

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Les occupants sont 20 au total : 7 adultes et 13 enfants, répartis en 7 familles monoparentales. Tous les enfants sont scolarisés dans des établissements caennais, selon France 3 Normandie. Le collectif indique que ces familles se trouvent dans une impasse après être sorties de centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). Le 115, numéro d’urgence sociale, est décrit par l’AGLE comme saturé et incapable de répondre à leurs situations.

La crise du mal-logement touche des profils très divers en France. En 2025, près de 600 000 personnes étaient contraintes de vivre chez un tiers faute de logement, selon les données compilées par le site Ici France à partir du 30e rapport de la Fondation Abbé Pierre - soit une hausse de 15 % en sept ans par rapport à 513 000 en 2013.

Le paradoxe des logements vides

L’argument central du collectif repose sur un chiffre : 10 219 logements étaient vacants dans l’agglomération Caen-la-Mer en 2022, soit 6,6 % du parc, d’après l’INSEE. La préfecture du Calvados évalue à 1 300 le nombre de logements dits structurels - inoccupés depuis plus de deux ans - dont 200 dans le parc social et 1 100 dans le privé, une partie nécessitant des travaux de rénovation énergétique.

Le collectif dénonce l’absence de réquisition de ces biens par les pouvoirs publics, un mécanisme légal rarement activé en France. Ni la mairie de Caen ni la préfecture du Calvados n’ont, à ce stade, rendu publique leur position sur cette occupation spécifique.

Contexte dans le Calvados

Caen est classée en zone immobilière tendue, comme le rappelle Ouest-France dans le cadre de la couverture des municipales 2026. Le logement constitue l’un des enjeux centraux du scrutin local à venir.

La situation des sans-abri dans la ville n’est pas nouvelle. Un campement persiste sur la Presqu’île de Caen depuis 2023, selon Ouest-France, malgré une décision de justice ordonnant son démantèlement en 2026. Les associations qui interviennent auprès de ces populations décrivent un dispositif d’hébergement d’urgence sous tension permanente.

La part des logements vacants dans l’agglomération (6,6 % en 2022, en légère baisse par rapport à 7,0 % en 2017 selon l’INSEE) alimente un débat récurrent sur l’opportunité de mobiliser ce parc pour l’hébergement d’urgence, sans que des décisions publiques concrètes n’aient été annoncées à ce jour.

Une crise nationale qui se lit localement

Le rapport 2025 de la Fondation Abbé Pierre chiffre à 350 000 le nombre de personnes sans domicile fixe en France, contre 143 000 en 2012 - soit plus du double en dix ans. Les expulsions locatives ont progressé de 50 % entre 2022 et 2024 à l’échelle nationale.

Dans ce contexte, les occupations militantes de bâtiments vacants se multiplient dans plusieurs villes françaises. Celle de Caen, portée par un collectif structuré depuis 2013, s’inscrit dans cette dynamique tout en ciblant un angle précis : la non-réquisition de logements vacants identifiés par les services de l’État.

Le collectif AGLE, qui n’est pas sans rappeler d’autres formes de mobilisation sur les urgences sociales observées ailleurs, mise sur la médiatisation pour peser sur les décisions locales. La question de la réquisition, juridiquement encadrée mais politiquement sensible, reste sans réponse publique des autorités calvadosiennes.

La suite dépendra de la réaction du propriétaire du bâtiment - dont l’identité n’a pas été précisée dans les sources disponibles - et d’une éventuelle saisine du tribunal. La mairie de Caen et la préfecture du Calvados n’ont pas communiqué sur le dossier à la date de publication.

Sources

Julie Leroy

Julie Leroy

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Calvados (14), avec Caen pour chef-lieu. Spécialité du département : Plages du Débarquement (memoire mondiale) et Caen-la-Mer. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Normandie.

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