Cahors : Lol, premier chien d’assistance judiciaire de France, passe le relais à Venom
Après sept ans de service au tribunal de Cahors, Lol, pionnier de l'accompagnement canin des victimes en France, cède sa place à Venom lors d'une cérémonie symbolique.
Le 8 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Cahors a organisé une passation de laisse entre Lol, premier chien d'assistance judiciaire de France, et Venom, un labrador de 2 ans. Après sept ans de service et plus de 300 victimes accompagnées, Lol prend une retraite méritée.
L’essentiel
- 7 ans de service : Lol a exercé au tribunal de Cahors de 2019 à 2026, premier chien d’assistance judiciaire en France.
- 300 victimes accompagnées : Lol a soutenu plus de 300 personnes lors de procédures judiciaires, dont certaines au tribunal de Paris.
- Passation en juillet 2026 : Venom, labrador de 2 ans, a officiellement pris le relais lors d’une cérémonie au tribunal judiciaire de Cahors.
- Retraite auprès de son bénévole : Jean-Marc Mir, bénévole et référent de Lol et Venom pour l’association France Victimes 46, adopte Lol et héberge temporairement Venom pour assurer la transition.
Un pionnier qui a humanisé la justice pénale
Lol a marqué l’histoire judiciaire française. Selon l’association Handichiens, il a été le premier chien d’assistance judiciaire du pays, ouvrant la voie à une approche innovante de l’accompagnement des victimes. Son rôle : apaiser les témoins et plaignants avant, pendant et après les audiences, notamment dans les affaires de violences sexuelles ou de crimes.
L’expérience cahorscine a prouvé son efficacité. Lol a transcendé son périmètre initial en accompagnant des victimes jusqu’au tribunal de Paris, comme l’a rapporté La Dépêche du Lot fin 2024. Sa présence a permis de réduire le stress des victimes lors de confrontations difficiles, humanisant une justice souvent perçue comme froide.
Sept ans d’usure physique et émotionnelle
Le travail de Lol a laissé des traces. Dès avril 2026, La Dépêche notait une perte de poils et des signes d’épuisement. Accompagner des centaines de victimes, absorber leur détresse, exige une résistance hors norme. Lol a tenu sept ans, un record pour ce type de mission.
Jean-Marc Mir, bénévole chez France Victimes 46, a géré la transition. Il a adopté Lol pour sa retraite et héberge temporairement Venom, assurant une passation progressive. Cette continuité garantit que les victimes bénéficient du même dispositif d’assistance sans rupture.
Venom prend la laisse
Venom, labrador de 2 ans, a officiellement succédé à Lol en juillet 2026 lors d’une cérémonie au tribunal judiciaire de Cahors. Formé par Handichiens, il reprend le flambeau d’un programme qui a fait ses preuves. Le jeune chien devra apprendre à décoder les émotions des victimes, à rester calme dans les salles d’audience, à offrir un réconfort silencieux mais tangible.
La passation a été relayée par les pompiers du Lot sur les réseaux sociaux, soulignant l’attachement local à ce dispositif. Venom débute sa carrière avec la pression d’un héritage : celle d’un prédécesseur qui a redéfini le rôle du chien dans l’institution judiciaire.
Contexte dans le Lot
Le Lot compte environ 176 473 habitants. Le tribunal judiciaire de Cahors, siège de la juridiction départementale, traite chaque année plusieurs centaines d’affaires pénales, dont une part significative implique des victimes de violences. L’introduction de Lol en 2019 a placé le département à l’avant-garde de la zoothérapie judiciaire en France.
Cahors, préfecture du Lot, concentre les services administratifs et judiciaires du département. L’initiative du chien d’assistance a bénéficié du soutien de l’association France Victimes 46, active dans l’accompagnement des plaignants. Le succès du programme lotois a inspiré d’autres tribunaux français à explorer des dispositifs similaires.
Un modèle qui essaime
Le départ de Lol marque un tournant. Son bilan - plus de 300 victimes accompagnées, une usure physique assumée, une reconnaissance nationale - valide le concept. D’autres juridictions observent le modèle cahorscin. La retraite de Lol coïncide avec une période où les dispositifs d’aide aux victimes sont renforcés, notamment après les débats sur la saisine du Conseil constitutionnel sur des lois sociétales.
Venom devra maintenir le standard établi par son prédécesseur. La transition en douceur, orchestrée par Jean-Marc Mir, vise à préserver la confiance des victimes dans ce dispositif. Lol, de son côté, coulera une retraite paisible après avoir écrit une page de l’histoire judiciaire française.