Caluire : le procès de la mère accusée d’avoir tué son fils renvoyé pour vice de procédure
La cour d'assises du Rhône a renvoyé l'affaire le 29 avril 2026, une expertise psychiatrique jugeant l'accusée inapte à comparaître.
Le procès de Marta M., accusée d'avoir poignardé son fils de 17 ans à Caluire-et-Cuire en novembre 2023, n'aura pas lieu ce mercredi. La cour d'assises du Rhône a prononcé un renvoi in extremis, invoquant un vice de procédure lié à l'état mental de l'accusée. Aucune nouvelle date n'est fixée.
Le procès de Marta M., accusée du meurtre de son fils adolescent à Caluire-et-Cuire, a été renvoyé le 29 avril 2026 par la cour d’assises du Rhône, à la dernière minute. En cause : une expertise psychiatrique actualisée attestant de l’inaptitude de l’accusée à comparaître. La famille attend toujours un procès, deux ans et demi après les faits.
L’essentiel
- 12 novembre 2023 : un adolescent de 17 ans est tué de deux coups de couteau au cœur dans un logement de la Grande rue de Saint-Clair à Caluire-et-Cuire (Rhône).
- 15 novembre 2023 : la mère de la victime, Marta M., est mise en examen pour meurtre et placée en détention provisoire par le parquet de Lyon.
- 29 avril 2026 : le procès prévu aux assises du Rhône est renvoyé pour vice de procédure lié à une expertise psychiatrique jugeant l’accusée inapte à comparaître.
- Déclaration du président : « Vous juger aujourd’hui serait une folie », selon Le Progrès.
- Aucune date de renvoi n’a été annoncée publiquement à ce stade.
Un drame au cœur du quartier Saint-Clair
Le 12 novembre 2023, les secours sont appelés dans un appartement de la Grande rue de Saint-Clair, à Caluire-et-Cuire, commune de la première couronne lyonnaise. Un adolescent de 17 ans y est retrouvé blessé par arme blanche. Il décède. Selon Le Progrès et Ouest-France, il a reçu deux coups de couteau directement au cœur.
Sa mère, Marta M., est rapidement identifiée comme suspecte. Le parquet de Lyon ouvre une information judiciaire. Le 15 novembre 2023, elle est mise en examen pour meurtre et écrouée, selon Le Dauphiné Libéré et Le Parisien. Elle est maintenue en détention provisoire dans l’attente du procès.
29 avril 2026 : le renvoi de dernière minute
L’audience aux assises du Rhône était programmée ce mercredi 29 avril 2026. Marta M. devait y répondre du chef de meurtre. Mais le procès ne s’est pas tenu.
Selon Le Progrès, une expertise psychiatrique actualisée a été produite, concluant à l’inaptitude de l’accusée à comparaître en raison de troubles graves. Le président de la cour a prononcé le renvoi en retenant un vice de procédure. Sa formule, rapportée par Le Progrès, est directe : « Vous juger aujourd’hui serait une folie. »
De son côté, Marta M. conteste les conclusions psychiatriques. Elle a répété lors de l’audience : « Je ne suis pas malade », selon la même source. Cette contradiction entre l’évaluation médicale et la position de l’accusée complique la suite de la procédure.
Ce que signifie un renvoi pour vice de procédure
En droit français, un accusé déclaré inapte à comparaître en raison de son état mental ne peut pas être jugé au fond. Le tribunal doit constater l’impossibilité de tenir l’audience et renvoyer l’affaire à une date ultérieure, après réévaluation médicale. Ce mécanisme vise à garantir le respect des droits de la défense, mais il peut prolonger indéfiniment l’attente pour les parties civiles.
Des affaires similaires ont déjà traversé les juridictions du Rhône. En 2025, dans l’affaire du corps démembré à Saint-Priest, une expertise psychiatrique avait conclu à une possible irresponsabilité pénale de l’accusé, entraînant un nouveau renvoi, selon BFMTV Lyon. Dans ce type de dossier, un report de plusieurs mois est fréquent avant qu’une nouvelle audience puisse être fixée. Ce type de situation judiciaire n’est pas sans rappeler d’autres procès en attente où les délais épuisent les familles de victimes.
La famille dans l’attente
Pour les proches de la victime, ce nouveau report représente une épreuve supplémentaire. Deux ans et demi se sont écoulés depuis la mort de l’adolescent. Le procès, censé apporter une réponse judiciaire, est de nouveau suspendu à une évaluation médicale dont les conclusions restent contestées par l’accusée elle-même.
Aucune date précise de prochaine audience n’a été communiquée publiquement à l’issue de l’audience du 29 avril 2026, selon les informations disponibles. La procédure implique désormais la réalisation d’une ou plusieurs nouvelles expertises psychiatriques avant toute reprogrammation. Ce type de délai judiciaire nourrit une tension que l’on retrouve dans d’autres affaires de violence, comme les agressions à l’arme blanche qui mobilisent régulièrement les juridictions françaises.
Contexte dans le Rhône
Le Rhône est le deuxième département le plus peuplé de France, avec près de 1,9 million d’habitants selon l’INSEE. La métropole de Lyon concentre la grande majorité de l’activité judiciaire du département, avec une cour d’assises qui traite chaque année plusieurs dizaines de dossiers criminels.
À l’échelle nationale, la France a enregistré 823 homicides en 2023, soit une hausse de 5 % par rapport à 2022, selon les statistiques INSEE. Les violences intrafamiliales non conjugales ont concerné environ 90 000 victimes en 2024, selon l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE). Le Rhône affiche un taux de violences intrafamiliales sur mineurs inférieur à 3‰, en dessous de la moyenne nationale de 3,5‰ sur la période 2022-2024, selon les données ONPE et INSEE.
Caluire-et-Cuire, commune de 45 000 habitants bordant Lyon au nord, n’est pas connue pour un taux de criminalité élevé. Le drame de novembre 2023 dans le quartier Saint-Clair avait frappé par son caractère intrafamilial. Sur le plan judiciaire, le vice de procédure invoqué le 29 avril 2026 s’inscrit dans une tendance plus large : les expertises psychiatriques sont de plus en plus fréquemment au cœur des renvois d’audience aux assises du Rhône, comme l’illustre aussi le débat national sur les conditions de détention des personnes souffrant de troubles mentaux.
Prochaine étape
Une nouvelle expertise psychiatrique devra être diligentée avant toute reprogrammation de l’audience. La cour d’assises du Rhône n’a pas communiqué de calendrier précis. La défense et les parties civiles seront convoquées dès qu’une date sera arrêtée, sans que l’on sache à ce stade si ce délai se comptera en semaines ou en mois. Les observateurs judiciaires locaux, comme ceux qui suivent d’autres grandes affaires en cours, attendent de voir si l’état de santé de Marta M. évoluera suffisamment pour permettre la tenue d’un procès dans des conditions conformes au droit.
Sources
- Le Progrès : Vous juger aujourd'hui serait une folie : accusée d'avoir tué son fils en 2023, son procès est renvoyé
- Le Dauphiné Libéré : Une mère soupçonnée d'avoir tué son fils près de Lyon écrouée
- Ouest-France : Un ado de 17 ans tué par arme blanche près de Lyon, sa mère mise en examen pour meurtre
- BFMTV Lyon : Corps démembré à Saint-Priest : une nouvelle expertise psychiatrique estime le suspect irresponsable pénalement