Procès à Reims : deux chirurgiens jugés pour la mort de Corentin, 11 ans, opéré en 2014

Le Dr Benlahrir et le Dr Chipponi comparaissent pour homicide involontaire, douze ans après le décès de l'enfant lors d'une opération à Metz.

Procès à Reims : deux chirurgiens jugés pour la mort de Corentin, 11 ans, opéré en 2014
Illustration Nathalie Roussel / info.fr

Le tribunal correctionnel de Reims ouvre ce 28 avril 2026 le procès de deux chirurgiens poursuivis pour homicide involontaire. Corentin Jeras, 11 ans, est décédé le 2 novembre 2014 au CHRU de Nancy, le lendemain d'une opération de l'appendicite à la clinique Claude-Bernard de Metz. Les prévenus risquent trois ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Le tribunal correctionnel de Reims ouvre ce 28 avril 2026 le procès de deux chirurgiens poursuivis pour homicide involontaire. Corentin Jeras, 11 ans, est décédé le 2 novembre 2014 au CHRU de Nancy, le lendemain d’une opération de l’appendicite à la clinique Claude-Bernard de Metz. Les prévenus risquent trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

L’essentiel

  • Décès : Corentin Jeras, 11 ans, mort le 2 novembre 2014 au CHRU de Nancy d’une perforation de l’aorte, le lendemain d’une appendicectomie à la clinique Claude-Bernard de Metz.
  • Prévenus : Dr Salah Benlahrir et Dr Pierre-Noël Chipponi, tous deux âgés de 72 ans, renvoyés en correctionnelle par le parquet de Reims en 2020.
  • Audience : Procès ouvert le 28 avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Reims ; peines encourues : 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.
  • Procédure : Affaire dépaysée de Metz à Reims après annulation d’un premier procès pour vice de forme ; quatre juges d’instruction ont été saisis au total.
  • Cassation : Le pourvoi des parents contre la limitation du procès aux deux seuls chirurgiens rejeté par la Cour de cassation le 20 août 2025.

Ce qui s’est passé le 1er novembre 2014

Corentin Jeras est admis à la clinique Claude-Bernard de Metz pour une appendicite. L’opération est réalisée le 1er novembre 2014 par le Dr Salah Benlahrir et le Dr Pierre-Noël Chipponi. Dans les heures qui suivent, l’état de l’enfant se dégrade. Une perforation de l’aorte n’est pas détectée à temps, selon les éléments du dossier judiciaire rapportés par France 3. Corentin est transféré au CHRU de Nancy, où il décède le lendemain, le 2 novembre 2014.

Sept praticiens sont intervenus au total dans cette prise en charge, selon France 3. La plainte des parents pour homicide involontaire est déposée dès le 3 novembre 2014, déclenchant une information judiciaire ouverte par le parquet de Metz.

Douze ans de procédure

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L’affaire a connu une chronologie judiciaire particulièrement longue. Quatre juges d’instruction se sont succédé. Un premier procès a été annulé pour vice de forme. L’affaire a ensuite été dépaysée de Metz à Reims, selon Le Républicain Lorrain et France 3.

En 2020, le parquet de Reims renvoie finalement les deux chirurgiens en correctionnelle pour homicide involontaire. Les parents, Pierre Jeras et Fatiha Chami, tentent d’élargir le périmètre du procès, mais leur pourvoi en cassation est rejeté le 20 août 2025 par la Cour de cassation, selon le site ICI. Le procès reste donc limité aux deux chirurgiens.

La parole des parents

Pierre Jeras n’a pas dissimulé sa colère avant l’audience. « On a laissé crever mon fils pour de l’argent et de l’orgueil », déclare-t-il à France 3 et Ouest-France. « J’ai la hargne, j’espère qu’ils vont s’expliquer », ajoute-t-il.

La mère de Corentin, Fatiha Chami, exprime une attente différente. Elle déclare au site ICI vouloir « que la vérité soit faite et qu’il n’y ait plus de zones d’ombre ». Les deux parents sont constitués partie civile.

Les prévenus et les peines encourues

Le Dr Salah Benlahrir et le Dr Pierre-Noël Chipponi, tous deux âgés de 72 ans, comparaissent libres. Ils sont poursuivis pour homicide involontaire. En correctionnelle, les peines maximales encourues sont de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, selon France 3 et 20 Minutes. La position des deux médecins à la barre n’a pas été communiquée à ce stade par leurs défenseurs.

Contexte dans la Marne

Le tribunal correctionnel de Reims est la juridiction de renvoi dans cette affaire, après le dépaysement décidé depuis Metz. La Marne n’est pas directement le département où le drame s’est produit - les faits remontent à une clinique messine - mais c’est bien devant la justice rémoise que se jouera le verdict.

Ce procès s’inscrit dans une série d’affaires pénales pour homicide involontaire en milieu hospitalier. Un précédent comparable avait été jugé en 2016 : un chirurgien et un anesthésiste avaient comparu pour la mort d’une fillette de 6 ans, Camille, après une opération à Créteil. En 2024, selon What’s Up Doc, trois médecins ont été condamnés à un an d’interdiction d’exercice pour le décès d’une fillette de 3 ans à Lille. Ces affaires soulèvent des questions récurrentes sur la responsabilité pénale individuelle dans les erreurs médicales collectives. Sur ce plan, la condamnation d’une entreprise cinq ans après la mort d’un ouvrier à Herbignac illustre une tendance similaire à la judiciarisation tardive des responsabilités en matière de sécurité. De même, le procès à Lorient d’un ex-inspecteur de l’ASE du Morbihan témoigne d’une montée en charge des affaires mettant en cause des professionnels dans le cadre de leur mission.

Prochaine étape

Les audiences doivent se poursuivre cette semaine devant le tribunal correctionnel de Reims. Le délibéré n’a pas encore été annoncé publiquement à l’heure de la publication de cet article.

Sources

Nathalie Roussel

Nathalie Roussel

Nathalie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Marne (51), avec Châlons-en-Champagne pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC champagne (5 milliards CA) et Reims UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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