Canal Seine-Nord : tirs de mortiers et feu de champ à Oisy-le-Verger

Entre 2 000 et 3 500 manifestants selon les sources, un feu de chaume de 4,4 hectares et 900 gendarmes mobilisés samedi dans le Pas-de-Calais

Canal Seine-Nord : tirs de mortiers et feu de champ à Oisy-le-Verger
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Une manifestation contre le canal Seine-Nord Europe a réuni samedi 11 juillet 2026 entre 2 000 et plus de 3 500 personnes à Oisy-le-Verger. Des tirs de mortiers d'artifice ont provoqué un départ de feu dans un champ, face à un dispositif de 900 gendarmes mobiles.

L’essentiel

  • Fait 1 : environ 2 000 personnes (services de l’État) ont manifesté samedi 11 juillet 2026 à Oisy-le-Verger contre le canal Seine-Nord Europe.
  • Fait 2 : des tirs de mortiers d’artifice visant les gendarmes mobiles ont provoqué un feu de chaume ayant parcouru 4,4 hectares, selon la préfecture du Pas-de-Calais.
  • Fait 3 : 900 membres des forces de l’ordre ont été déployés, avec usage de gaz lacrymogènes ; neuf personnes ont été interpellées, selon ici Nord.
  • Fait 4 : la manifestation, menacée d’interdiction, avait finalement été autorisée par la préfecture la veille, vendredi 10 juillet.
  • Fait 5 : le chantier d’une écluse géante du futur canal a démarré en juin 2026 à Oisy-le-Verger, pour un projet global estimé à 8 milliards d’euros.

Une mobilisation qui dépasse les attentes

Samedi 11 juillet 2026, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Oisy-le-Verger, petite commune du Pas-de-Calais, pour protester contre le chantier du canal Seine-Nord Europe. La préfecture a évalué la participation à 2 000 personnes. Les organisateurs, eux, revendiquent plus de 3 500 manifestants.

Sur X, le collectif Les Soulèvements de la Terre a affirmé que des routes barrées et des gares fermées n’avaient pas empêché les manifestants de rejoindre le village, évoquant une foule deux fois plus nombreuse que lors d’une précédente mobilisation en octobre dernier.

Tirs de mortiers et départ de feu dans un champ

La journée a basculé dans l’après-midi. Selon la préfecture du Pas-de-Calais, des manifestants ont tiré des mortiers d’artifice et lancé des projectiles en direction des gendarmes mobiles. Ces tirs ont déclenché un incendie dans un champ voisin.

Le site d’information Marine & Oceans, présent sur place, rapporte que le feu s’est propagé dans un champ de chaume avant d’être rapidement pris en charge par les sapeurs-pompiers. La préfecture a précisé par la suite l’ampleur du sinistre : 4,4 hectares brûlés avant que l’incendie ne soit maîtrisé.

900 gendarmes mobiles et neuf interpellations

Face à ces incidents, un dispositif de sécurité de 900 membres des forces de l’ordre avait été déployé autour d’Oisy-le-Verger, selon les chiffres communiqués par la préfecture du Nord. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour contenir les heurts entre manifestants et gendarmes mobiles.

Selon le média ici Nord, neuf personnes ont été interpellées au cours de la journée. Ni leur identité ni les suites judiciaires n’ont été précisées à ce stade.

Une autorisation arrachée à la dernière minute

Le rassemblement n’était pas acquis d’avance. Comme l’a rapporté BFMTV, la manifestation avait d’abord été menacée d’interdiction avant d’être finalement autorisée par la préfecture le vendredi 10 juillet, à la veille du rassemblement. Le Marin évoquait des opposants dénonçant à la fois le coût et l’impact environnemental du projet de canal.

France 3 Hauts-de-France, qui avait suivi les préparatifs de la mobilisation, relayait dans les jours précédents l’appel des opposants à « revenir à la raison » sur ce chantier.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Le canal Seine-Nord Europe est le plus gros chantier d’infrastructure fluviale en cours dans le nord de la France, avec un coût estimé à 8 milliards d’euros selon les chiffres relayés par La Voix du Nord. Oisy-le-Verger, petite commune rurale du Pas-de-Calais située dans le Cambrésis, est concernée au premier chef : le chantier d’une écluse géante y a démarré en juin 2026.

Le projet, censé relier l’Oise à l’Escaut pour permettre le passage de convois fluviaux de grand gabarit, est contesté depuis plusieurs années par des collectifs écologistes et des agriculteurs, qui dénoncent l’artificialisation des terres agricoles et le financement public du chantier. La mobilisation de samedi succède à une précédente manifestation organisée en octobre dernier dans le même secteur, avec une participation revendiquée deux fois moindre selon les organisateurs.

Le département du Pas-de-Calais, traversé par le tracé du futur canal sur plusieurs communes rurales, reste l’un des territoires les plus exposés aux tensions autour de ce chantier d’ampleur nationale.

La préfecture n’a pas communiqué, à ce stade, sur d’éventuelles suites judiciaires visant les personnes interpellées.

Thomas
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Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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