Canicule dans le Gers : la préfecture anticipe un protocole d’urgence pour les volailles
Face à la vigilance rouge canicule, le préfet Alain Castanier autorise l'enfouissement exceptionnel des volailles mortes. Le dispositif, préventif, est encadré par la DDETSPP.
Le département du Gers, placé en vigilance rouge canicule extrême depuis le 21 juin, se prépare à une possible hausse de la mortalité dans les élevages de volailles. Le préfet a activé un protocole d'urgence autorisant l'enfouissement sur site, une mesure d'anticipation alors que l'équarrissage fonctionne encore normalement.
L’essentiel
- Fait 1 : Le Gers est en vigilance rouge canicule extrême depuis le 21 juin 2026, avec des températures dépassant les 40 °C.
- Fait 2 : Le préfet Alain Castanier a activé le 25 juin un protocole d’urgence autorisant l’enfouissement exceptionnel des volailles mortes sur le site des élevages.
- Fait 3 : Au 25 juin, l’équarrisseur local Atemax fonctionnait normalement ; le protocole est une mesure d’anticipation.
- Fait 4 : Les restrictions d’eau ont été renforcées à partir du 27 juin, et des dérogations horaires pour le BTP ont été accordées.
- Fait 5 : La Confédération paysanne du Gers réclame une transition structurelle des élevages pour faire face au réchauffement climatique.
Ce qui s’est passé
Depuis le 21 juin 2026, le département du Gers est placé en vigilance rouge canicule extrême par Météo-France. Les températures atteignent régulièrement les 40 °C, mettant en péril les élevages de volailles, particulièrement sensibles aux fortes chaleurs. Face à ce risque, le préfet Alain Castanier a pris une série de mesures préventives, dont la principale concerne la gestion des mortalités avicoles.
Le 25 juin, la préfecture a communiqué sur la mise en place d’un protocole d’urgence autorisant, en cas de besoin, l’enfouissement exceptionnel des cadavres de volailles directement sur les sites d’élevage. Selon le communiqué officiel, « cette mesure vise à anticiper une éventuelle saturation du service d’équarrissage local, géré par la société Atemax ». À ce stade, le service fonctionne normalement et aucune surmortalité massive n’a été constatée dans le département.
Le protocole d’urgence pour les élevages
Ce dispositif exceptionnel n’est pas automatique. Les éleveurs confrontés à une mortalité inhabituelle doivent obligatoirement déclarer leur situation à la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP 32). C’est elle qui délivre une autorisation individuelle d’enfouissement, après vérification des critères sanitaires et environnementaux. La mesure est strictement encadrée : l’enfouissement doit se faire dans des conditions précises (profondeur, isolement des nappes phréatiques) pour éviter tout risque de pollution.
Ce type de protocole rappelle les dispositifs d’urgence déployés lors de crises sanitaires ou climatiques. Comme pour la gestion d’une fuite de monoxyde de carbone sur un site Seveso, la préfecture anticipe les défaillances des filières classiques.
Restrictions d’eau et dérogations BTP
Parallèlement, le préfet a renforcé les restrictions d’usage de l’eau à compter du 27 juin. Les arrêtés préfectoraux interdisent désormais l’arrosage des jardins, des espaces verts et le remplissage des piscines privées. Les agriculteurs, déjà soumis à des tours d’eau, voient leurs contraintes accrues.
Le 24 juin, un arrêté préfectoral a également autorisé des dérogations horaires pour le secteur du BTP, afin de protéger les salariés des températures extrêmes. Ces dérogations permettent de décaler les horaires de travail en début de matinée ou en soirée, comme le prévoit le code du travail modifié pour circonstances exceptionnelles. Dans la même logique, d’autres préfectures déploient des actions estivales, à l’image de l’opération anti-noyades menée dans le Grand Parc Miribel-Jonage.
La réaction de la Confédération paysanne
Le syndicat agricole Confédération paysanne du Gers a réagi le 27 juin en publiant une tribune dans Le Journal du Gers. Il y dénonce une gestion purement conjoncturelle de la crise et appelle à repenser le modèle d’élevage. « L’urgence n’est pas seulement de gérer la crise, mais de changer enfin de cap », écrit le syndicat, qui réclame une transition vers des bâtiments mieux isolés, des races plus rustiques et des pratiques d’élevage moins intensives.
Cette prise de position intervient alors que les épisodes caniculaires se multiplient : en 2023 et 2024, le Gers avait déjà connu des surmortalités importantes dans les élevages de volailles, entraînant des coûts élevés pour les exploitants.
Contexte dans le Gers
Avec environ 800 élevages de volailles (poulets, canards, pintades), le Gers est le premier département avicole d’Occitanie et l’un des plus importants de France. La filière représente près de 3000 emplois directs et indirects. Mais la concentration des élevages et le modèle standardisé les rendent vulnérables aux fortes chaleurs. Selon la Chambre d’agriculture du Gers, les pertes lors des précédentes canicules ont parfois atteint 10 à 15 % du cheptel dans certaines exploitations non climatisées.
Le protocole d’enfouissement, s’il est activé, allégera la pression sur les éleveurs mais ne résout pas la question structurelle du stress thermique. Le syndicat majoritaire, la FDSEA, n’a pas encore pris position publiquement, mais des échanges avec la préfecture sont en cours pour évaluer les besoins d’indemnisation.
Le dispositif exceptionnel restera en vigueur tant que dure l’épisode caniculaire. La préfecture précise que les éleveurs peuvent contacter la DDETSPP pour toute question. La prochaine étape sera le retour à la normale des températures, attendu par les services météorologiques pour le milieu de la semaine prochaine.