Canicule à Montreuil : le « streetpooling » persiste malgré les risques et les interdictions

Entre 7 et 10 bouches d'incendie sont ouvertes chaque jour à Montreuil malgré l'alerte rouge canicule. La préfecture rappelle les sanctions pénales.

Canicule à Montreuil : le « streetpooling » persiste malgré les risques et les interdictions
Illustration Fatima Benali / info.fr

Alors que la Seine-Saint-Denis est en vigilance rouge canicule depuis le 21 juin, la pratique illégale du « streetpooling » se poursuit à Montreuil. Les agents municipaux font face à des agressions verbales en refermant les vannes. La préfecture rappelle que ce délit est passible de 5 ans de prison.

L’essentiel

  • 7 à 10 bouches d’incendie ouvertes illégalement chaque jour de canicule à Montreuil.
  • Délit passible de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende selon la préfecture.
  • 60 000 litres d’eau par heure peuvent être projetés sous une pression de 6 à 10 bars.
  • Un enfant grièvement blessé à Saint-Denis en 2019 rappelle les dangers.

Ce qui se passe à Montreuil

Depuis le passage en vigilance rouge canicule le 21 juin 2026 en Seine-Saint-Denis, la pratique du « streetpooling » - l’ouverture sauvage des bouches d’incendie pour se rafraîchir - se poursuit à Montreuil. Selon France Info, entre 7 et 10 bouches d’incendie sont vandalisées et ouvertes chaque jour de forte chaleur dans la commune. Les agents municipaux, comme Francis interrogé par le média, rapportent des jets d’eau violents et des agressions verbales lorsqu’ils tentent de refermer les vannes.

La mairie de Montreuil a officialisé l’interdiction de cette pratique et communiqué sur l’activation du plan canicule depuis le 1er juin, rappelant les risques sécuritaires et le gaspillage d’eau potable.

Les risques pour la sécurité

Les conséquences de ces ouvertures illégales sont multiples. Une bouche d’incendie forcée peut projeter jusqu’à 60 000 litres d’eau par heure sous une pression de 6 à 10 bars, selon la Ville de Montreuil. Ce débit peut inonder les caves, faire baisser la pression dans le réseau - compromettant l’extinction des incendies par les pompiers - et blesser gravement les piétons. Les autorités citent en rappel l’accident survenu en 2019 à Saint-Denis, où un enfant de 6 ans avait été grièvement blessé par un geyser d’eau sous pression.

La Police nationale a enregistré 17 ouvertures illégales de bornes d’incendie en petite couronne parisienne pendant cet épisode caniculaire de juin 2026. Un chiffre qui ne reflète probablement qu’une partie des faits, les interventions étant souvent traitées par les agents municipaux sans dépôt de plainte systématique.

L’appel de la préfecture

La préfecture de la Seine-Saint-Denis rappelle que l’ouverture non autorisée d’une bouche d’incendie est un délit passible de 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Dans un communiqué diffusé le 21 juin, elle appelle les habitants à utiliser les solutions de rafraîchissement mises à disposition par la municipalité : piscines municipales, parcs arborés et centres de loisirs climatisés. La Ville de Montreuil a également activé des points d’eau potable publics et des « îlots de fraîcheur » dans les quartiers.

Contexte dans la Seine-Saint-Denis

Montreuil, commune la plus peuplée du département avec environ 110 000 habitants, est particulièrement exposée aux îlots de chaleur urbains en raison de sa densité et de son bâti minéral. Le département de la Seine-Saint-Denis a été placé en vigilance rouge canicule extrême par Météo-France le 21 juin à midi, avec des températures dépassant les 38 °C. Ce phénomène de « streetpooling » n’est pas nouveau : il se reproduit chaque été, mais l’intensité des épisodes caniculaires - comme ceux ayant touché le pays ces dernières années - amplifie les comportements à risque. La hausse des passages aux urgences liée à la canicule est également observée dans d’autres départements, renforçant la nécessité de prévention.

Témoignages et réactions

« C’est super dangereux », témoigne un habitant sur X, Bazouza Bou, qui relaie les images des geysers dans les rues. Les agents municipaux, en première ligne, subissent parfois des insultes. « Ils veulent juste se rafraîchir, mais ils ne réalisent pas que cela peut tuer », confie un agent municipal sous couvert d’anonymat. La mairie appelle au civisme et rappelle que des alternatives existent, comme les brumisateurs installés place de la République.

L’épisode caniculaire a aussi provoqué un incendie à Touchay, rappelant l’importance de préserver la pression d’eau pour les secours. Dans le Puy-de-Dôme, la vigilance rouge est maintenue jusqu’au 28 juin, signe que la canicule continue de s’étendre.

Prochaine étape : la préfecture annonce une surveillance renforcée des bornes d’incendie avec des patrouilles de police municipale et nationale. Les contrevenants s’exposent à des poursuites systématiques.

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Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Fatima est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Saint-Denis (93), avec Bobigny pour chef-lieu. Spécialité du département : Stade de France et basilique cathédrale Saint-Denis. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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