Sous tension à Bergerac, le Canon Français délocalise son banquet d’octobre à Périgueux
Le Canon Français annule son banquet prévu à Bergerac en raison de tensions avec la mairie. L'événement aura finalement lieu les 24 et 25 octobre 2026 à la Filature de l'Isle à Périgueux, provoquant une nouvelle polémique locale.
Le Canon Français, association organisatrice de banquets, a annoncé annuler son événement d'octobre à Bergerac. En cause, une 'succession de mesquineries' de la part de la mairie. Le banquet est donc délocalisé à Périgueux, suscitant réactions politiques et pétition.
L’essentiel
- Fait 1 : Le Canon Français annule son banquet à Bergerac et le délocalise à Périgueux les 24 et 25 octobre 2026. (source : communiqué officiel)
- Fait 2 : L’association invoque une « succession de mesquineries » avec la mairie de Bergerac comme motif du déménagement. (source : Sud Ouest)
- Fait 3 : La mairie de Périgueux a confirmé la location de la Filature de l’Isle, ce qui a déclenché une pétition et des réactions politiques. (source : ICI Nouvelle-Aquitaine)
Le Canon Français, association organisatrice de banquets souvent polémiques, a annoncé ce mois-ci le transfert de son événement d’octobre de Bergerac à Périgueux. Le communiqué officiel, publié sur la page X de l’association, évoque des tensions avec la mairie de Bergerac, qu’elle qualifie de « succession de mesquineries ». Les deux banquets, initialement prévus dans la ville de Dordogne, se dérouleront désormais les 24 et 25 octobre 2026 à la Filature de l’Isle, une salle municipale de Périgueux.
Ce qui s’est passé
Selon le communiqué du Canon Français, la décision de quitter Bergerac fait suite à « des difficultés récurrentes avec la municipalité ». L’association n’a pas détaillé publiquement les incidents, mais plusieurs sources locales, dont Sud Ouest, confirment que le climat était tendu depuis plusieurs mois. En mai déjà, des élus écologistes et communistes de Dordogne avaient demandé l’annulation du banquet, invoquant des allégations de propos homophobes et sexistes ainsi que des saluts nazis lors des 80 ans de l’AOC Pécharmant. L’Agglomération Bergeracoise s’était alors prononcée en mai contre l’interdiction, mais les critiques n’ont pas cessé.
Le transfert à Périgueux a été confirmé par le cabinet du maire, qui a accordé la location de la salle. « Nous avons été contactés pour une location classique, et nous avons accepté comme pour tout autre événement », a-t-on indiqué à ICI Nouvelle-Aquitaine. Cette décision a immédiatement suscité une polémique politique locale et le lancement d’une pétition intitulée « Être raciste, c’est pas canon », qui a déjà recueilli plusieurs centaines de signatures.
La réaction à Périgueux
La venue du Canon Français divise la ville. Des associations et des habitants ont exprimé leur opposition, tandis que certains élus préfèrent rester discrets. Le maire de Périgueux n’a pas fait de déclaration publique depuis la confirmation de la location. Interrogé par Dordogne Libre, un adjoint a précisé que la mairie « applique la loi et ne peut refuser une location sans motif légal ». Un argument contesté par les pétitionnaires, qui estiment que la commune aurait pu invoquer la clause d’ordre public.
Cette affaire s’inscrit dans une actualité locale déjà chargée. Pour rappel, à Nîmes, la mairie a récemment ordonné le retrait de climatiseurs installés par des parents d’élèves, soulevant des questions similaires sur le rôle des municipalités face à des initiatives controversées. Par ailleurs, le studio d’animation Nalu s’est installé à Angoulême, illustrant les dynamiques de délocalisation dans la région.
Contexte dans la Dordogne
La polémique autour du Canon Français n’est pas isolée en Dordogne. Le département, qui compte 416 000 habitants, est marqué par un clivage entre les zones urbaines, comme Périgueux et Bergerac, et le monde rural. Les banquets de l’association attirent généralement un public conservateur, ce qui cristallise les tensions politiques. En mai dernier, l’affaire des 80 ans de l’AOC Pécharmant avait déjà mis en lumière ces fractures : alors que les organisateurs avaient maintenu le Canon Français comme prestataire malgré les accusations, plusieurs élus et vignerons avaient publiquement protesté.
Selon France 3 Régions, la polémique a perturbé les festivités du Pécharmant, un vignoble emblématique de la région. Les vignerons, partagés entre la défense de leur image et la liberté d’association, n’ont pas souhaité s’exprimer. Ce nouvel épisode à Périgueux ravive le débat sur la place de ces événements dans l’espace public local.
Prochaine étape
Les deux banquets sont prévus pour les 24 et 25 octobre 2026. D’ici là, les opposants comptent intensifier leur mobilisation. Une nouvelle réunion publique est annoncée pour septembre. La mairie de Périgueux n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures de sécurité ou restrictions.