Cap Ferret : des bénévoles plantent des dunes pour freiner l’érosion

Face à un trait de côte qui recule, associations et riverains s'organisent pour protéger les dunes du Bassin d'Arcachon.

Cap Ferret : des bénévoles plantent des dunes pour freiner l'érosion
Illustration Nathalie Rousselin / info.fr

Au Cap Ferret, les tempêtes de début 2026 ont accéléré l'érosion d'un littoral déjà fragilisé. Des bénévoles plantent des dunes et documentent les reculs. Mais les outils juridiques et financiers manquent.

À l’Horizon, secteur nord du Cap Ferret, les photos parlent d’elles-mêmes. L’Association de Sauvegarde de la Presqu’île de Lège Cap-Ferret (ASPLCF) a mis côte à côte deux clichés : 2012 et février 2026. Entre les deux, la plage a reculé. Les tempêtes de cet hiver ont accentué un phénomène que les riverains observent depuis des années.

Des travaux de protection avaient pourtant été engagés dès 2023 sur ce secteur, selon le GIP Littoral, et terminés avant la saison 2025. Cela n’a pas suffi à absorber les intempéries de 2026. Sur le terrain, des bénévoles continuent de planter des oyats et de stabiliser les cordons dunaires à la main, geste par geste, pour retenir ce que la mer grignote.

Des associations sous pression

L’autre association active sur la pointe, l’ADPCF, a perdu son agrément préfectoral en novembre 2025. Elle avait pourtant obtenu une autorisation temporaire pour prélever du sable - 17 850 m² - en coordination avec le SIBA, dans le cadre d’une stratégie dite de lutte douce. Sans agrément, ce type d’action devient impossible, selon actu.fr.

La situation révèle une tension de fond : le Conservatoire du littoral, qui gère plus de 250 hectares de dunes au Cap Ferret, applique une doctrine de non-défense active du trait de côte, selon Le Figaro. Les associations privées, elles, veulent agir. Les deux approches coexistent difficilement.

L’argent public tarde

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À l’échelle du Bassin, le SIBA pilote un plan de réensablement au Pyla : 170 000 m³ de sédiments mobilisés en 2026, pour un coût de 690 000 euros. Sur dix ans (2016-2026), le budget total dépasse 1,9 million d’euros hors taxes, selon les documents du syndicat. Un effort réel, mais concentré sur le Pyla.

En février 2026, le Comité national du trait de côte, présidé par la députée Sophie Panonacle - élue du Bassin d’Arcachon - , a adopté une motion pour créer un fonds de solidarité national. L’argument, rapporté par Sud Ouest : les communes littorales n’ont pas les moyens de faire face seules. Le vote de ce fonds reste à venir.

L’automne 2025 avait déjà donné le ton : 85 % des plages de Lège-Cap-Ferret étaient évaluées en état faible, accentué par la tempête Benjamin en octobre, selon l’étude de l’association PALCF. L’ONF assure un suivi annuel des entailles d’érosion. Les chiffres progressent. Les bénévoles, eux, continuent de planter.

Prochaine étape : Le suivi annuel des entailles d’érosion par l’ONF et le vote éventuel d’un fonds national de solidarité côtière sont attendus dans les prochains mois, dans un calendrier qui coïncide avec les municipales 2026.

Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Correspondant Gironde d'info.fr, Hugo Castaing connaît les tramways de Bordeaux et les vignobles du Médoc mieux que son téléphone. Formé en presse quotidienne régionale, il couvre depuis cinq ans les dossiers qui font bouger le 33 : urbanisme bordelais, viticulture sous climat instable, port autonome de Bassens, tensions politiques autour de Pierre Hurmic. De Bordeaux à Libourne, d'Arcachon à Lesparre, il fait le tour du département sans jamais dépendre des communiqués.

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