Carburant dans les Landes : Vallaud dénonce les surprofits des distributeurs et réclame une loi
Le député PS des Landes interpelle le gouvernement sur la flambée des prix à la pompe et les marges jugées excessives des grandes enseignes.
Boris Vallaud, député PS des Landes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a publié le 30 avril 2026 un message dénonçant les surprofits des distributeurs de carburant. Il réclame une action législative urgente pour encadrer leurs marges, alors que le gazole dépasse 2 euros le litre dans plusieurs stations landaises.
Boris Vallaud, député PS des Landes et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a publié le 30 avril 2026 un message dénonçant les surprofits des distributeurs de carburant. Il réclame une action législative urgente pour encadrer leurs marges, alors que le gazole dépasse 2 euros le litre dans plusieurs stations landaises.
L’essentiel
- Prix à la pompe : le litre de gazole oscillait entre 1,999 € et 2,459 € dans les Landes le 22 avril 2026, selon Sud Ouest.
- Flambée du pétrole : les prix du pétrole en euros ont bondi de 45,9 % sur un mois en mars 2026, selon l’INSEE, en lien avec la guerre au Proche-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz.
- Inflation accélérée : l’INSEE enregistre une hausse de l’inflation à 1,7 % en mars 2026 sur un an, contre 0,9 % en février, avec une prévision dépassant 2 % au printemps.
- Opposition des distributeurs : Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Système U ont qualifié le projet gouvernemental d’encadrement des marges d’« injuste, inapplicable et illégal » dans une lettre au Premier ministre datée du 15 avril 2026 (Le Monde).
- Décret en préparation : le gouvernement envisage de plafonner les marges des distributeurs aux niveaux moyens de janvier-février 2026, soit environ 27 centimes par litre (BFMTV).
« Le sujet numéro 1 » dans les Landes
Boris Vallaud est direct sur X ce 30 avril. Le carburant, dit-il, est la première préoccupation des habitants qui l’interpellent dans sa circonscription. Il lie explicitement la hausse des prix à un comportement opportuniste des enseignes de distribution.
Cette sortie n’est pas isolée. Depuis plusieurs semaines, le député landais porte ce dossier à l’Assemblée nationale. Interrogé sur LCP, il avait déjà alerté : « Celles et ceux qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler n’arrivent plus à faire le plein d’essence. » Il ajoutait avoir saisi le gouvernement il y a près d’un mois sur la nécessité d’agir.
Des documents de Bercy qui alimentent la controverse
La dénonciation de Vallaud s’appuie sur des éléments concrets. Des documents issus de Bercy, révélés et relayés par France Info, montrent que les marges brutes des distributeurs de carburant sont désormais supérieures à ce qu’elles étaient avant le déclenchement de la crise géopolitique au Moyen-Orient, début mars 2026.
Le Parisien a également enquêté sur ces marges, confirmant leur progression. En janvier 2026, rappelle l’INSEE, les prix des produits pétroliers avaient encore baissé de 3,9 % sur un an. Le retournement a été brutal à partir de mars, avec une hausse de 45,9 % du prix du pétrole en euros sur un seul mois.
Une proposition législative du groupe PS
Boris Vallaud ne se limite pas à la dénonciation. Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, qu’il préside, pousse une proposition législative pour encadrer les prix du carburant et plafonner les marges des distributeurs. Selon Challenges, il juge les mesures gouvernementales actuelles « insuffisantes et trop lentes ».
Cette initiative parlementaire intervient alors que la gauche cherche à affirmer son positionnement sur les questions de pouvoir d’achat à moins d’un an de l’échéance présidentielle. Pour Vallaud, l’urgence est sociale autant que politique : dans un département rural comme les Landes, la voiture n’est pas un luxe, c’est une nécessité quotidienne pour rejoindre le travail ou accéder aux services.
Le gouvernement entre décret et résistance des enseignes
L’exécutif n’est pas inactif, mais avance prudemment. Selon BFMTV, il prépare un décret qui limiterait les marges des distributeurs à leur niveau moyen de janvier-février 2026, soit environ 27 centimes par litre. Ce mécanisme, souvent qualifié de « radar carburant », constituerait un plafonnement administratif inédit en temps de paix.
Face à cette perspective, les cinq grandes enseignes de la distribution ont réagi fermement. Dans une lettre adressée au Premier ministre le 15 avril 2026, Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Système U ont dénoncé un projet « injuste, inapplicable et illégal », selon Le Monde. Ils font valoir que leurs stations-service opèrent dans un contexte de coûts logistiques eux aussi en hausse.
Le dossier doit faire l’objet d’un avis du Conseil d’État sur le projet de décret, et une réunion entre le gouvernement et les distributeurs est prévue dans les prochains jours.
Contexte dans les Landes
Le département des Landes présente une configuration qui amplifie l’impact de la hausse des prix à la pompe. Territoire rural de 430 000 habitants environ, faiblement dense, il dispose d’un réseau de transports en commun limité hors des axes Mont-de-Marsan - Dax - Bayonne. La voiture individuelle y reste le principal mode de déplacement pour la très grande majorité de la population active.
Cette réalité de terrain explique la forte mobilisation locale. Selon Sud Ouest, les Landais se montraient « plutôt résignés » fin avril face aux prix, mais les ruptures de stock dans certaines stations Total - constatées jusqu’au 7 avril - ont accentué le sentiment d’insécurité d’approvisionnement. Le prix moyen du gazole atteignait 1,999 € le 22 avril dans les stations les moins chères du département, et jusqu’à 2,459 € dans certaines enseignes.
La préfecture des Landes a de son côté communiqué sur des « mesures exceptionnelles » face à la hausse des prix des carburants, sans en détailler le contenu à ce stade dans les documents disponibles.
Un positionnement ancré dans la durée
La mobilisation de Boris Vallaud sur ce dossier n’est pas nouvelle. En 2018, lors du mouvement des Gilets Jaunes, il avait déjà réclamé un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants, selon France Info. La thématique du pouvoir d’achat lié à l’énergie est l’un des marqueurs récurrents de son mandat landais.
Cette constance lui permet de s’appuyer sur une légitimité locale construite dans la durée, à l’heure où les équilibres à gauche se recomposent en vue de 2027. La question du carburant, transpartisane dans ses effets sur les ménages ruraux, offre un terrain d’unité rare dans un paysage politique fragmenté.
L’INSEE prévoit que l’inflation pourrait dépasser 2 % au printemps si la crise persiste, ce qui renforcerait la pression sur le gouvernement pour agir rapidement. La prochaine étape reste l’avis du Conseil d’État sur le décret d’encadrement des marges, dont le calendrier n’a pas été précisé à ce jour.
Sources
- X / Boris Vallaud : Tweet de Boris Vallaud sur les prix du carburant dans les Landes
- Sud Ouest : Hausse des prix du carburant : les Landais se montrent plutôt résignés
- Le Monde : Carburants : les grands distributeurs s'opposent au projet du gouvernement
- INSEE : Inflation et prix du pétrole, mars 2026
- BFMTV : Le radar carburant : les patrons de la grande distribution contre l'encadrement des marges
- Challenges : Carburants : Vallaud juge les mesures insuffisantes et trop lentes