Carburants à La Réunion : trois pétroliers sur quatre prêts à lâcher 5 centimes
Après une semaine de réunions sans résultat, une percée se dessine avant la hausse du 1er mai.
Les négociations sur les prix des carburants à La Réunion ont failli tourner court. Mais selon Imaz Press, trois des quatre pétroliers acceptent désormais de céder 5 centimes par litre. Le quatrième n'a pas encore tranché.
Les discussions ont débuté le 21 avril 2026 en préfecture de Saint-Denis. Au premier rang : le préfet, des élus, des acteurs économiques et les représentants des quatre pétroliers opérant sur l’île - TotalEnergies, Ola, Engen et la SRPP (filiale de Rubis). Une semaine de réunions sans engagement ferme. Puis, lundi, une première ouverture.
Selon Imaz Press, trois des quatre compagnies se disent prêtes à absorber 5 centimes par litre, pour l’ensemble de la population. La quatrième hésite encore. Aucun nom n’a été officiellement communiqué à ce stade.
Une hausse de 42 à 52 centimes au 1er mai
L’urgence est réelle. Au 1er mai 2026, les prix réglementés doivent bondir : le super sans-plomb passerait de 1,54 € à 1,96 €/L (+42 centimes), le gazole de 1,25 € à 1,77 €/L (+52 centimes). Ces hausses sont la conséquence directe de la flambée mondiale du pétrole depuis le 1er avril 2026, selon Imaz Press.
Pour limiter le choc, la Région Réunion s’est engagée à ajouter 5 centimes d’aide par litre, à condition que les pétroliers fassent un geste. Si les quatre sociétés s’alignent, la combinaison des deux mesures permettrait d’absorber une partie de la hausse. La question du pouvoir d’achat face à l’énergie est identique dans d’autres territoires français, mais la dépendance de La Réunion aux importations la rend particulièrement exposée.
Le mécanisme de lissage proposé par l’UIDER
C’est l’UIDER - qui fédère 17 organisations professionnelles et représente 31 500 emplois - qui a fourni la base technique des discussions. Sa proposition : utiliser les stocks de carburant achetés avant le 1er avril 2026, à prix inférieur, et les redistribuer sur deux à trois mois. Résultat attendu : une baisse immédiate sans rogner les marges des pétroliers. Cette piste a été retenue comme base de négociation lors des échanges du 24 avril, selon Imaz Press et Zinfos974.
Jean-Éric M’Doihoma, président de l’UIDER, n’a pas commenté publiquement l’état des discussions depuis la réunion du 24 avril. Les enjeux d’emploi liés aux décisions économiques pèsent aussi dans ce dossier : les professionnels réunionnais qui dépendent du transport et de la logistique surveillent de près l’issue.
Prochaine étape : le quatrième pétrolier doit se positionner avant le 1er mai 2026. Sans accord complet, la hausse s’appliquera dans sa totalité à la pompe.