Carcassonne : le maire Christophe Barthès arrose des syndicalistes depuis le balcon de la mairie
Le maire RN de Carcassonne a aspergé d'eau des manifestants syndicaux lors du conseil municipal du 25 juin, provoquant une vive polémique. Il a diffusé la scène sur Facebook.
Lors du conseil municipal de Carcassonne le 25 juin 2026, le maire Christophe Barthès (RN) a arrosé avec un tuyau d'eau des syndicalistes qui manifestaient sous les fenêtres de l'ancienne mairie. L'élu a posté la vidéo sur Facebook avec le commentaire "La canicule, c'est terminé". Les syndicats protestaient contre l'expulsion de la Bourse du travail.
L’essentiel
- Fait 1 : Le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, a arrosé des syndicalistes avec un tuyau d’eau depuis le balcon de l’ancienne mairie le 25 juin 2026.
- Fait 2 : Il a diffusé la vidéo de son geste sur Facebook avec la mention « La canicule, c’est terminé ! ».
- Fait 3 : Les manifestants protestaient contre l’expulsion des syndicats de la Bourse du travail, occupée gratuitement par la CGT depuis 89 ans.
- Fait 4 : Le Conseil départemental de l’Aude a voté le même jour une motion de soutien aux syndicats.
Un geste filmé et revendiqué
Le conseil municipal de Carcassonne du 25 juin 2026 a pris une tournure inattendue. Alors que des syndicalistes manifestaient sous les fenêtres de l’ancienne mairie, le maire Christophe Barthès (RN) est apparu au balcon, un tuyau d’arrosage à la main, et les a aspergés d’eau. L’élu a lui-même filmé la scène et l’a mise en ligne sur sa page Facebook officielle, accompagnée du commentaire : « La canicule, c’est terminé ! ».
Selon l’AFP, le maire assume totalement son geste. Il y voit une réponse humoristique à la chaleur qui régnait ce soir-là. Mais pour les syndicats, c’est une provocation de plus dans un conflit qui les oppose à la nouvelle municipalité.
L’origine du conflit : l’expulsion de la Bourse du travail
Les manifestants, membres de la CGT et d’autres organisations, contestaient la décision de la ville d’expulser les syndicats de la Bourse du travail, située rue Voltaire. Ce bâtiment historique est occupé gratuitement par la CGT depuis 89 ans, comme le rapporte L’Indépendant.
La municipalité RN justifie sa décision par le coût des fluides (eau, électricité, chauffage) supporté par les contribuables, estimé entre 28 000 et 33 000 euros par an. La ville a proposé à la CGT de racheter le local pour un montant d’environ 300 000 euros.
Sophie Trochet, secrétaire générale de la CGT de l’Aude, a réagi dans les colonnes de France 3 Occitanie : « Nous demandons au maire de saisir la justice pour qu’un juge statue sur la légalité de cette expulsion. Ce n’est pas à lui de décider unilatéralement. »
Réactions politiques et motion du Département
L’incident a suscité de vives réactions. Le même jour, le Conseil départemental de l’Aude, présidé par la socialiste Hélène Sandragné, a voté une motion de soutien aux syndicats visés par l’expulsion. La motion condamne « l’attitude méprisante du maire de Carcassonne » et appelle au maintien de la Bourse du travail dans le giron syndical.
Contactée par info.fr, la mairie de Carcassonne n’a pas souhaité commenter au-delà de la vidéo postée par le maire. Christophe Barthès, élu le 29 mars 2026 avec 40,4 % des voix lors d’une triangulaire, poursuit sa politique de rupture annoncée pendant la campagne. Ce conflit avec les syndicats locaux s’ajoute à d’autres épisodes tendus depuis son arrivée, comme l’ont montré récemment des mouvements sociaux dans d’autres villes.
Contexte dans l’Aude
Carcassonne, préfecture de l’Aude, compte environ 46 000 habitants. La ville a basculé à l’extrême droite en mars 2026, un tournant politique dans un département historiquement ancré à gauche ou au centre. Le conflit autour de la Bourse du travail illustre les tensions entre la nouvelle majorité RN et les corps intermédiaires. Le Conseil départemental, présidé par Hélène Sandragné (PS), constitue un contre-poids politique majeur. La motion votée le 25 juin n’a pas de valeur contraignante, mais elle alourdit le climat.
Le geste du maire, largement relayé sur les réseaux sociaux, dépasse le cadre local. Plusieurs élus de l’opposition ont dénoncé « une humiliation » et « un abus d’autorité ». La préfecture de l’Aude, interrogée, n’a pas indiqué si elle envisageait une saisine du tribunal administratif.
Prochaine étape
La CGT de l’Aude a annoncé qu’elle saisirait la justice pour contester l’arrêté d’expulsion. L’audience pourrait se tenir dans les prochaines semaines. En attendant, les syndicats maintiennent leur présence symbolique devant la Bourse du travail. De son côté, le maire Christophe Barthès a prévenu qu’il ne reviendrait pas sur sa décision.