Lourdes : les enseignants du collège Sarsan en grève contre la surveillance du brevet
La majorité des professeurs du collège La Serre de Sarsan refuse de surveiller le brevet vendredi 26 juin, après l’agression d’une collègue et l’échec des négociations avec la directrice académique.
Vendredi 26 juin, la majorité des enseignants du collège La Serre de Sarsan, à Lourdes, ont voté la grève et refusent de surveiller les épreuves du brevet. Ils dénoncent la suppression d’un demi-poste de CPE et réclament des renforts, après l’agression d’une professeure d’EPS par un élève le 16 juin.
L’essentiel
- Fait 1 : Une majorité d’enseignants du collège La Serre de Sarsan a voté la grève le 25 juin et refuse de surveiller les épreuves du brevet le 26 juin 2026.
- Fait 2 : La mobilisation fait suite à l’agression physique d’une professeure d’EPS par un élève le 16 juin 2026. L’enseignante a déposé plainte.
- Fait 3 : La réunion du 25 juin avec la directrice académique des Hautes-Pyrénées, Anne Miquel-Val, a duré une heure sans aboutir à un accord.
- Fait 4 : Les grévistes demandent le maintien d’un demi-poste de CPE, un demi-poste d’AED, le maintien de deux services civiques et un proviseur adjoint expérimenté.
- Fait 5 : Un rassemblement est prévu à 7h45 devant le collège, mais les enseignants ne bloqueront pas l’entrée des candidats.
Un mouvement social à la veille du brevet
Ce vendredi 26 juin 2026, les épreuves du Diplôme national du brevet (DNB) débutent dans toute la France. Au collège La Serre de Sarsan, à Lourdes (Hautes-Pyrénées), la situation est tendue. La majorité des enseignants a voté la grève et refuse d’assurer la surveillance des épreuves. Leur décision a été prise jeudi 25 juin, au lendemain d’une réunion infructueuse avec la directrice académique des Hautes-Pyrénées, Anne Miquel-Val.
Les professeurs se sont réunis dans l’établissement en début d’après-midi. Selon nos confrères de Lourdes-Actu, le vote a été clair : les enseignants ne surveilleront pas le brevet tant que leurs revendications ne seront pas entendues. Un rassemblement est prévu dès 7h45 devant les grilles du collège. Les grévistes ont toutefois précisé qu’ils ne bloqueraient pas l’entrée des élèves de troisième, afin de ne pas pénaliser les candidats.
Les raisons de la colère : violence et moyens
Le déclencheur de cette mobilisation est l’agression d’une enseignante d’Éducation physique et sportive (EPS), survenue mardi 16 juin 2026. Selon Tarbes-Infos, un élève de troisième l’a frappée pendant un cours. L’enseignante a déposé plainte au commissariat de police. L’élève a été exclu à titre conservatoire. Cet incident a profondément choqué l’équipe éducative, déjà éprouvée par un climat scolaire dégradé.
Mais les revendications des grévistes dépassent ce seul fait. Ils dénoncent la suppression annoncée d’un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) à la rentrée prochaine. Ils réclament également l’attribution d’un demi-poste d’assistant d’éducation (AED), le maintien de deux contrats de service civique, ainsi que la nomination d’un proviseur adjoint expérimenté. Selon le syndicat SE-UNSA, qui a apporté son soutien aux personnels, ces suppressions de postes aggravent un climat scolaire déjà tendu dans l’établissement.
Ce type de tension n’est pas isolé dans la région. Dans le même temps, un incendie a ravagé 15 hectares à Carlencas-et-Levas, et l’affaire des concerts à Aubusson a vu l’ancien maire condamné. Plus près de nous, la peine de l’ancien chef des pompiers de Commercy a été confirmée en appel.
La réunion infructueuse avec la directrice académique
Jeudi 25 juin, la directrice académique des Hautes-Pyrénées, Anne Miquel-Val, s’est rendue au collège pour tenter de désamorcer le conflit. La réunion a duré une heure. Selon les enseignants, elle n’a pas abouti. Aucune avancée n’a été enregistrée sur les demandes de postes supplémentaires. La rupture du dialogue a scellé la décision de grève.
Contactée par Info.fr, la direction académique n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Les grévistes espèrent que la médiatisation du mouvement fera pression sur le rectorat.
Contexte dans les Hautes-Pyrénées
Le collège La Serre de Sarsan est l’un des établissements de Lourdes, commune de 14 000 habitants située au pied des Pyrénées. Lourdes compte trois collèges publics et deux lycées. Selon les données de l’Éducation nationale, le département des Hautes-Pyrénées comptait environ 12 000 collégiens à la rentrée 2025. Les établissements du département sont confrontés à une baisse démographique, avec des fermetures de classes programmées. La question des moyens et des violences scolaires est récurrente dans les réunions syndicales.
En 2025, une agression similaire avait eu lieu au collège de Vic-en-Bigorre, où un enseignant avait été blessé par un élève. Cette affaire avait donné lieu à une plainte et à une manifestation locale. Le contexte actuel ravive le sentiment d’insécurité des personnels.
Prochaine étape
Pour ce vendredi, les enseignants ont prévu de rester mobilisés devant le collège. Ils n’ont pas annoncé de nouvelle date de rencontre avec l’administration. La directrice académique, de son côté, n’a pas communiqué sur la suite des discussions. L’organisation des épreuves du brevet dans l’établissement reste incertaine : des surveillants de remplacement pourraient être envoyés par le rectorat, mais cette information n’a pas été confirmée.
Les parents d’élèves, informés par un courriel de la direction, sont invités à contacter le collège pour connaître les modalités de passage des épreuves. La priorité, selon les grévistes, reste la sécurité des élèves et des personnels.