Carcassonne : 300 personnes manifestent contre les politiques du maire RN malgré les menaces

Le collectif lycéen 'Nous Carcassonne' a défilé mercredi jusqu'à la cité médiévale pour dénoncer l'arrêté anti-mendicité et les pressions sur les associations.

Carcassonne : 300 personnes manifestent contre les politiques du maire RN malgré les menaces
Illustration Nicolas Serrano / info.fr

Environ 300 personnes ont manifesté le 29 avril 2026 à Carcassonne contre les politiques du maire RN Christophe Barthès. Le cortège, composé majoritairement de lycéens et d'étudiants, est parti du square Gambetta en direction de la cité médiévale. La veille, le maire avait menacé de couper les subventions aux associations participantes.

Environ 300 personnes ont manifesté le 29 avril 2026 à Carcassonne contre les politiques du maire RN Christophe Barthès. Le cortège, composé majoritairement de lycéens et d’étudiants, est parti du square Gambetta en direction de la cité médiévale. La veille, le maire avait menacé de couper les subventions aux associations participantes.

L’essentiel

  • 300 manifestants : lycéens, étudiants et jeunes actifs ont défilé le 29 avril 2026 à Carcassonne, selon France 3 Régions et L’Indépendant.
  • Élu le 22 mars 2026 : Christophe Barthès (RN) est devenu le premier maire RN de Carcassonne avec 40,4 % des voix au second tour des municipales.
  • Arrêté anti-mendicité : l’une des premières mesures du maire, contestée devant le tribunal administratif par la LDH, qui a perdu sa subvention annuelle de 300 euros et son local municipal en représailles.
  • Une vingtaine d’associations soutenaient la manifestation, dont la CGT, la FSU et SOS Racisme, organisée par le collectif ‘Nous Carcassonne’ créé post-élection.
  • 46 429 habitants à Carcassonne selon l’INSEE (données 2022), pour 30 134 électeurs inscrits aux municipales 2026.

Une marche organisée par des lycéens nés après la victoire RN

Le collectif ‘Nous Carcassonne’ a été fondé dans les semaines suivant l’élection de Christophe Barthès, en mars 2026. Ses initiateurs sont des lycéens et étudiants de la ville. C’est ce collectif qui a lancé l’appel à manifester le 29 avril à 14h30 depuis le square Gambetta, selon La Dépêche et L’Indépendant.

Yassine El Kdim, cofondateur du collectif, a déclaré selon France 24 et Boursorama : « Carcassonne a basculé aux mains de l’extrême droite mais notre cité doit être le bastion de la résistance. »

Le défilé s’est déroulé dans une ambiance décrite comme festive par France 3 Régions. Outre les lycéens et étudiants, des jeunes actifs et des représentants d’une vingtaine d’associations et syndicats étaient présents : CGT, FSU, LDH, SOS Racisme notamment.

Ce que dénonçait le cortège

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La manifestation visait plusieurs décisions prises depuis l’installation du nouveau maire. En premier lieu, un arrêté anti-mendicité en centre-ville, justifié par Christophe Barthès comme une réponse à des troubles à l’ordre public. La Ligue des droits de l’Homme a contesté cet arrêté devant le tribunal administratif. La mairie a répondu en supprimant la subvention annuelle de 300 euros versée à l’association et en lui retirant son local municipal, selon L’Indépendant.

Les manifestants dénonçaient également le retrait du drapeau européen du fronton de la mairie, l’une des premières décisions symboliques du maire après son investiture, selon L’Humanité et France 24.

La question du droit de manifester était elle-même au cœur du rassemblement. Le slogan « On a le droit de manifester » repris par France 3 résumait la tonalité du cortège, après les menaces proférées par la mairie la veille.

Les menaces de la mairie avant le défilé

Le 28 avril, soit la veille de la manifestation, Christophe Barthès avait publiquement menacé les associations qui y participeraient. Il évoquait la suppression immédiate de leurs subventions municipales, selon L’Indépendant. La LDH avait déjà subi ce type de représailles pour son recours juridique contre l’arrêté anti-mendicité.

Ces déclarations n’ont pas empêché le rassemblement. Les organisateurs du collectif ‘Nous Carcassonne’ ont maintenu l’appel, et la vingtaine d’associations soutenant la marche n’ont pas retiré leur soutien.

Qui est Christophe Barthès, premier maire RN de Carcassonne

Christophe Barthès, né en 1966 à Carcassonne, est agriculteur de formation. Il a été député RN de la 1re circonscription de l’Aude avant de se présenter aux municipales. Il a été élu le 22 mars 2026, au second tour d’une triangulaire, avec 40,4 % des voix, succédant à Gérard Larrat (ex-LR), selon Wikipedia et le site ici.fr. C’est le premier maire RN de la ville.

Parmi ses premières mesures figurent l’arrêté anti-mendicité, le retrait du drapeau européen et les avertissements financiers adressés aux associations contestataires. La dynamique politique en Occitanie se retrouve ainsi traversée par des tensions inédites au niveau municipal.

Contexte dans l’Aude

Carcassonne est la préfecture de l’Aude, département qui comptait 379 648 habitants en 2023 selon l’INSEE. La ville concentre 46 429 habitants (données 2022), soit environ 12 % de la population départementale.

La mobilisation du 29 avril est plus modeste que les précédents rassemblements enregistrés dans la ville. En septembre 2025, des manifestations contre l’austérité avaient réuni entre 1 400 et 1 600 personnes à Carcassonne, selon La Dépêche. Mais ce rassemblement de 2026 est décrit par les médias régionaux comme une première opposition directe et organisée aux politiques du nouveau maire RN, avec un profil de manifestants nettement plus jeune.

Dans l’Aude, la poussée du RN aux élections locales de 2026 s’est traduite par plusieurs victoires dans des communes du département. La conquête de la préfecture marque un seuil symbolique. Les tensions autour des associations subventionnées et de l’espace public posent une question qui dépasse Carcassonne : celle des marges de manœuvre des collectivités locales dirigées par l’extrême droite vis-à-vis des libertés associatives et de manifestation.

Dans ce contexte, les recours judiciaires engagés, notamment par la LDH contre l’arrêté anti-mendicité, constitueront un premier test devant le tribunal administratif. La vie locale en Occitanie s’en trouve durablement recomposée.

Un collectif qui prévoit de durer

Le collectif ‘Nous Carcassonne’ a indiqué vouloir poursuivre son action au-delà de cette première manifestation. Les organisateurs n’ont pas précisé de date pour un prochain rassemblement à ce stade. Un conseil municipal est attendu en mai, selon le résumé fourni par l’oracle, sans que l’ordre du jour n’ait été rendu public à ce stade.

La question des subventions aux associations contestataires devrait revenir sur la table lors de ce conseil. Les recours judiciaires contre l’arrêté anti-mendicité suivront leur cours devant le tribunal administratif.

Sources

Nicolas Serrano

Nicolas Serrano

Nicolas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Aude (11), avec Carcassonne pour chef-lieu. Spécialité du département : cite de Carcassonne et vignoble Corbieres. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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