Macron pose la première pierre de l’usine Geotex en Ariège : 200 emplois pour relancer le textile
Le chef de l'État a inauguré le chantier à Laroque-d'Olmes le 27 avril, aux côtés du ministre Laurent Panifous, pour un investissement de 30 millions d'euros.
Emmanuel Macron s'est rendu à Laroque-d'Olmes (Ariège) le 27 avril 2026 pour poser la première pierre de l'usine Occitanie Geotex. Le projet, financé à hauteur de 30 millions d'euros, prévoit la production de géotextiles à base de chanvre sur une ancienne friche industrielle et la création de 200 emplois à terme.
Emmanuel Macron s’est rendu à Laroque-d’Olmes (Ariège) le 27 avril 2026 pour poser la première pierre de l’usine Occitanie Geotex. Le projet, financé à hauteur de 30 millions d’euros, prévoit la production de géotextiles à base de chanvre sur une ancienne friche industrielle et la création de 200 emplois à terme.
L’essentiel
- 27 avril 2026 : Emmanuel Macron pose la première pierre de l’usine Occitanie Geotex à Laroque-d’Olmes, en présence du ministre délégué Laurent Panifous.
- 30 millions d’euros : investissement total du projet, dont 6 millions apportés par l’État via France 2030 et 4,2 millions par la Région Occitanie (capital, prêt et garantie).
- 200 emplois à terme : 40 directs et plus de 120 indirects, sur une ancienne friche textile du Pays d’Olmes.
- Septembre 2026 : date prévue pour le lancement de la production ; objectif de 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028.
- 400 agriculteurs mobilisés dans un rayon de 150 km pour cultiver 4 000 hectares de chanvre d’ici 2028.
Une visite présidentielle sur une friche symbolique
Le déplacement n’avait pas été annoncé publiquement plusieurs jours à l’avance. Le 27 avril, Emmanuel Macron a rejoint le chantier de Laroque-d’Olmes pour marquer le coup d’envoi officiel des travaux de l’usine Occitanie Geotex. Le site choisi est une ancienne friche textile, vestige direct de l’histoire industrielle du Pays d’Olmes, selon La Dépêche du Midi.
Le chef de l’État était accompagné de Laurent Panifous, ministre délégué, lui-même élu ariégeois. Le ministre a relayé l’événement sur X :
Devant les acteurs du projet, Macron a déclaré : « Le textile n’est pas un métier du passé et l’industrie est bien un des défis du monde contemporain », selon France 3 Occitanie. Il a qualifié le projet de « vitrine nationale », selon La Dépêche.
Chanvre, laine et géotextiles biosourcés : le cœur du projet
L’usine Occitanie Geotex produira des géotextiles - des matériaux utilisés dans le bâtiment, les travaux publics et l’agriculture - à partir de fibres naturelles : principalement du chanvre, et de la laine. Le projet est porté par Victor Lamego et bénéficie du soutien opérationnel de l’agence régionale AD’OCC pour la levée de fonds et les partenariats, selon l’agence elle-même.
La matière première sera cultivée localement. Quelque 400 agriculteurs situés dans un rayon de 150 km autour de Laroque-d’Olmes sont associés au projet, pour un objectif de 4 000 hectares de chanvre d’ici 2028, d’après des données croisées entre La Dépêche et L’Usine Nouvelle.
Les travaux de construction ont démarré en juillet 2025. Le lancement de la production est prévu pour septembre 2026. L’objectif commercial affiché : 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028.
Ce positionnement sur les matériaux biosourcés et décarbonés s’inscrit dans un contexte de transition industrielle plus large, où la France cherche à réduire sa dépendance aux filières à forte empreinte carbone.
Un financement public-privé de 30 millions d’euros
L’investissement total atteint 30 millions d’euros. L’État y contribue à hauteur de 6 millions d’euros via le programme France 2030, selon Le Journal des Entreprises, corroboré par le site de la diplomatie française.
La Région Occitanie est, selon ses propres termes, « le premier soutien public » du projet. Elle intervient via l’ARIS (Agence Régionale pour l’Investissement et la Souveraineté) avec une prise de capital de 2 millions d’euros, un prêt souverain de 1 million d’euros et une garantie d’emprunts de 1,2 million d’euros.
Le reste du financement est d’origine privée. La répartition précise entre fonds propres et dette bancaire n’a pas été détaillée publiquement à ce stade.
200 emplois : le détail des chiffres
Le projet prévoit 40 emplois directs au sein de l’usine, et plus de 120 emplois indirects, selon des données concordantes entre Usine de France et le site officiel de la diplomatie française. Le total de 200 emplois mis en avant lors de la visite présidentielle intègre l’ensemble de ces effets, directs et indirects.
Pour un territoire ariégeois touché par un chômage structurel et le vieillissement de la population active, ces créations de postes sont significatives. Le recrutement et la formation des futurs salariés n’ont pas encore été détaillés publiquement. Des dispositifs similaires dans d’autres territoires - comme les formations en tension suivies par les préfets dans le Cantal - montrent l’importance d’anticiper l’accompagnement RH dans ces projets industriels de relocalisation.
Contexte dans l’Ariège
Le Pays d’Olmes, dont fait partie Laroque-d’Olmes, a été l’un des premiers centres français de filature cardée. Dans les années 1930, l’Ariège était la première région française pour cette activité, selon des travaux de l’université de Toulouse II corroborés par Wikipedia. La désindustrialisation a frappé durement le territoire à partir des années 1980, laissant derrière elle des friches et une économie locale fragilisée.
L’Ariège (environ 155 000 habitants) reste l’un des départements les moins denses et les plus ruraux d’Occitanie. L’industrie manufacturière y pèse encore, mais les fermetures d’usines ont érodé le tissu économique local depuis quatre décennies. Le projet Geotex est présenté comme une tentative de reconversion sur une filière d’avenir - les géotextiles biosourcés - en s’appuyant sur un savoir-faire historique et une ressource agricole locale.
C’est aussi un signal politique : la présence du président de la République dans ce département rural, aux côtés d’un ministre issu du territoire, marque une attention particulière aux zones périphériques dans le cadre du programme France 2030. Le département n’avait pas accueilli de visite présidentielle sur un thème industriel depuis plusieurs années.
Un modèle à dupliquer ?
Macron a lui-même évoqué une ambition de « vitrine nationale » pour ce projet, selon La Dépêche. L’idée : démontrer qu’une reconversion industrielle sur des matériaux biosourcés est viable économiquement dans un territoire rural. La question de la qualité des conditions de travail dans ces nouveaux emplois industriels reste posée, comme dans tout projet de relocalisation.
AD’OCC, l’agence régionale de développement économique, accompagne plusieurs projets similaires en Occitanie. Geotex est présenté comme l’un des plus avancés en matière de géotextiles biosourcés à l’échelle nationale.
La production doit démarrer en septembre 2026. Le chiffre d’affaires cible de 25 millions d’euros en 2028 constituera le premier test concret de la viabilité du modèle.
Sources
- La Dépêche du Midi : Emmanuel Macron en Ariège : 'Il y a une mobilisation générale pour que ce projet puisse être une vitrine nationale'
- France 3 Occitanie : 'Le textile n'est pas un métier du passé' : Emmanuel Macron souligne une renaissance industrielle de cette filière
- La Dépêche du Midi : C'est un projet vertueux, souverain et industriel : quelle est cette future usine qu'Emmanuel Macron vient visiter en Ariège ?
- L'Usine Nouvelle : Made in France : dans l'Ariège, sur une ancienne friche textile, une production de géotextile à base de chanvre doit débuter