Sidérurgie à Longwy : des contrats internationaux pour relancer la machine

Après une année 2025 marquée par des fermetures et des suppressions d'emplois, le bassin de Longwy mise sur des partenariats transfrontaliers pour redresser la filière.

Sidérurgie à Longwy : des contrats internationaux pour relancer la machine
Illustration Christophe Weber / info.fr

Le contrat signé entre Saarstahl Rail à Hayange et la Deutsche Bahn illustre une tentative de rebond pour la sidérurgie lorraine. Le secteur reste fragilisé après une année 2025 difficile, mais les signaux européens s'orientent vers davantage de protection.

En novembre 2025, l’usine Saarstahl Rail d’Hayange, en Moselle, a signé un contrat avec Deutsche Bahn pour la fourniture de 1 000 tonnes de rails, soit l’équivalent de 22 kilomètres de voies ferrées. Selon le Journal des Entreprises, l’objectif de production du site est fixé à 400 000 tonnes pour 2025, en hausse de 21 % par rapport aux 330 000 tonnes produites en 2024. Cinq millions d’euros d’investissements ont été engagés pour moderniser les installations.

Une année 2025 marquée par les pertes d’emplois

Ce signal positif contraste avec un bilan social lourd. France 3 Grand Est a qualifié 2025 d’« année noire » pour la sidérurgie lorraine. L’aciérie NovAsco à Hagondange a fermé, entraînant la suppression de 500 emplois - la plus importante saignée depuis l’arrêt des hauts-fourneaux d’Hayange en 2011. ArcelorMittal a de son côté annoncé en avril 2025 la suppression de 608 postes en France, dont 78 à Florange, malgré 800 millions d’euros d’aides publiques reçues depuis 2020. Sur le site d’Hayange, la démolition de l’ancienne aciérie du groupe a débuté en avril 2025 et doit s’achever d’ici 2030, selon le Républicain Lorrain.

Au niveau national, la production d’acier a reculé de 26 % depuis 2019, selon les données de l’Assemblée nationale. La vallée de l’Orne et la vallée de la Fensch, aux portes de Longwy, sont parmi les territoires les plus touchés.

La protection européenne, nouvelle bouée de sauvetage ?

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Sur le plan réglementaire, l’Union européenne accélère. La Commission a proposé en octobre 2025 un plan destiné à limiter les importations sidérurgiques, en remplacement de la mesure de sauvegarde qui expire en juin 2026. Le 15 avril 2026, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a annoncé un accord en ce sens :

Dès juillet 2026, les quantités de produits sidérurgiques entrant sans taxe dans l’UE seront fortement réduites, avec des droits de douane appliqués au-delà de certains quotas. Le mécanisme de correction carbone aux frontières (CBAM) est par ailleurs entré en vigueur le 1er janvier 2026, selon Vie Publique, pour rééquilibrer la concurrence avec les producteurs hors UE.

Entre 2014 et 2023, la production sidérurgique européenne a chuté de 20 % et l’emploi de 8 %, rappelle le Sénat. Dans ce contexte, les acteurs du bassin de Longwy attendent de voir si ces protections se traduiront concrètement par des carnets de commandes remplis.

Sources

Christophe Weber

Christophe Weber

Basé à Nancy, traite la métropole, les tensions sur l'université, les restructurations industrielles et les débats sur le patrimoine Art nouveau. Diplômé de l'ESJ Lille, il a travaillé en agence avant de s'ancrer en Meurthe-et-Moselle. Posture : interroger les étudiants, les syndicalistes, les élus, vérifier les budgets universitaires avant de publier.

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