Case-Pilote : des jardins communautaires pour cultiver l’autosuffisance

La commune martiniquaise porte un projet de jardins partagés pour réduire la dépendance alimentaire aux importations et renforcer le lien social.

Case-Pilote : des jardins communautaires pour cultiver l'autosuffisance
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

À Case-Pilote, un projet de jardins communautaires prend forme. L'initiative s'inscrit dans un contexte régional favorable, porté par des financements publics et européens. Objectif : relocaliser une partie de l'alimentation et renouer avec une pratique ancestrale.

La commune de Case-Pilote, sur la côte ouest de la Martinique, travaille à la création de jardins communautaires. Le projet vise à promouvoir l’autosuffisance alimentaire et à renforcer la cohésion sociale à l’échelle du quartier. Les contours précis - superficie, nombre de parcelles, calendrier - n’ont pas encore été communiqués publiquement.

Un terrain financier favorable

L’initiative bénéficie d’un contexte porteur. En 2025, l’Agence française de développement (AFD) a accordé 2,4 millions d’euros à Case-Pilote pour un plan d’investissements couvrant l’environnement, le lien social et une trajectoire bas-carbone, selon l’AFD. Des volets compatibles avec un projet de jardins partagés.

Au niveau régional, 120 000 euros ont été alloués en 2026 pour soutenir des projets de jardins partagés et d’agriculture urbaine en Martinique, selon Martinique La 1ère. Par ailleurs, la région a lancé en 2025 un appel à projets pour des Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) émergents, avec une priorité aux territoires non encore couverts - Case-Pilote figure dans cette catégorie, selon la DEETS Martinique.

À l’échelle de l’île, les fonds européens FEADER contribuent à hauteur de 81,6 millions d’euros à la transformation agricole martiniquaise, selon Antilla Martinique. Un levier non négligeable dans un territoire où les importations alimentaires dépassent le milliard d’euros par an.

Racines créoles, enjeux contemporains

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Le jardin communautaire ne part pas de rien en Martinique. Le jardin créole est une pratique ancienne, documentée dès le XVIIe siècle, issue des parcelles accordées aux esclaves dans le cadre du Code Noir de 1685, selon le site AAL James. Cette forme d’agriculture vivrière a perduré comme élément culturel et d’autosuffisance partielle.

Aujourd’hui, le programme Territoires Durables 2, porté par le CAEC Carib, accompagne les acteurs locaux martiniquais vers des systèmes alimentaires plus durables. Des initiatives comme celle de Case-Pilote s’inscrivent dans cette dynamique, sans que le lien formel entre les deux ait été officiellement confirmé.

Les prochaines étapes restent à préciser. La mairie de Case-Pilote n’a pas encore détaillé publiquement le programme, les partenaires associés ni les modalités d’accès aux parcelles.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Basé à Fort-de-France, traite les tensions sur le coût de la vie, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les projets de reconstruction après les séismes. Diplômé du CFJ, il a grandi en Martinique. Conviction : interroger les commerçants, les militants, les élus, vérifier les prix dans les supermarchés avant de conclure.

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