Casquettes interdites au lycée Bertran de Born à Périgueux : les élèves réagissent
Depuis le 11 mai, la proviseure d'un lycée périgourdin a banni les couvre-chefs dans les espaces communs. Une expérimentation qui divise les 1 500 élèves.
Depuis le 11 mai 2026, les casquettes et couvre-chefs sont interdits dans les couloirs et espaces communs du collège-lycée Bertran de Born à Périgueux. La proviseure Emmanuelle Gentelet, arrivée en septembre 2025, présente la mesure comme un acte de politesse. Les élèves, eux, ne partagent pas tous ce point de vue.
L’essentiel
- Date d’entrée en vigueur : 11 mai 2026, annoncée via Pronote la semaine précédente.
- Établissement concerné : Collège-lycée Bertran de Born à Périgueux, environ 1 500 élèves.
- Décision : La proviseure Emmanuelle Gentelet, nommée en septembre 2025, a étendu l’interdiction des casquettes aux couloirs et espaces communs.
- Sans sanction : Aucune punition prévue ; le personnel demande simplement le retrait du couvre-chef.
- Prochaine étape : Bilan à la rentrée de septembre 2026, avec possible vote en conseil d’administration pour inscription au règlement intérieur.
Une règle étendue à tous les espaces communs
Avant le 11 mai, les casquettes étaient déjà interdites en classe. Elles restaient tolérées dans les couloirs. Cette distinction n’existe plus. Selon France Info (ICI), la décision résulte d’une réflexion menée avec la vie scolaire. L’objectif affiché : marquer symboliquement la transition entre la rue et l’espace scolaire.
La proviseure Emmanuelle Gentelet, arrivée en poste à la rentrée 2025, a présenté la mesure comme un levier pour renforcer le respect et la politesse dans les espaces communs, selon le reportage d’ICI France. La direction n’a pas précisé si d’autres établissements du secteur avaient été consultés.
La règle s’applique à l’ensemble du bâtiment, collège et lycée confondus. Aucune liste d’exceptions (religieuses, médicales) n’a été rendue publique à ce stade.
« C’est ridicule » : les élèves ne décolèrent pas
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Mathis, en terminale STMG, qualifie la mesure de ridicule, la comparant à une dictature. Rayana, également en terminale, y voit une atteinte à l’expression personnelle. « Ça fait partie du style », résume-t-elle, selon ICI.
D’autres élèves pointent une incohérence : l’établissement se concentrerait sur les casquettes plutôt que sur d’autres tenues jugées plus problématiques. Ces témoignages restent ceux recueillis par un seul média ; l’ampleur réelle du mécontentement n’a pas été mesurée.
Pas de sanction, mais une pression symbolique
La direction a précisé qu’aucune punition n’est prévue. Le personnel se contente de demander le retrait du couvre-chef. La mesure se veut éducative, pas disciplinaire. Elle a été communiquée via Pronote la semaine du 4 mai 2026.
Il s’agit d’une expérimentation. Un bilan est prévu à la rentrée de septembre 2026. Si les résultats sont jugés concluants, la règle pourrait être soumise au vote du conseil d’administration pour intégration au règlement intérieur, selon ICI France. Pour l’heure, elle repose sur la bonne volonté des élèves.
Ce type de démarche s’inscrit dans un débat plus large sur la rentrée 2026 et l’évolution des règles de vie scolaire dans les établissements publics français.
Contexte dans la Dordogne
Le collège-lycée Bertran de Born est l’un des trois plus anciens établissements de Nouvelle-Aquitaine. Nommé d’après le troubadour médiéval Bertran de Born, il accueille environ 1 500 élèves, selon ICI France.
En Dordogne, la question de la tenue scolaire n’est pas nouvelle. Un collège privé du département a adopté un demi-uniforme dès 2023, imposant des hauts de couleur unifiée pour promouvoir l’égalité entre élèves. Une démarche plus structurée que celle de Bertran de Born, qui ne vise qu’un accessoire.
Sur le plan juridique, la loi du 15 mars 2004 interdit les signes religieux ostensibles dans les établissements publics, mais autorise les accessoires neutres comme les casquettes sans signification religieuse. L’interdiction à Bertran de Born ne s’appuie donc pas sur ce texte : elle relève du pouvoir réglementaire interne de la direction, confirmé par Dordogne Libre dans sa couverture de l’établissement.
Des débats similaires sur l’expression vestimentaire ont traversé d’autres communes en 2026. Les tensions autour des règles de vie commune dans les établissements scolaires restent régulières dans tout le territoire national, comme l’illustrait récemment un incident de discipline dans les transports en commun à Trignac.
Un précédent dans les années 1960
La blouse était obligatoire dans de nombreux lycées français des années 1960. Les jeans et cols roulés y étaient proscrits, notamment dans le privé. La « tenue correcte exigée » avait alors une portée bien plus large qu’une simple casquette, selon des archives historiques croisées par plusieurs médias régionaux. Ce retour à des formes de prescription vestimentaire, même limitées, s’inscrit dans une longue oscillation de l’institution scolaire française sur ce sujet.
Le conseil d’administration de Bertran de Born devra se prononcer à l’automne. D’ici là, la mesure reste à l’état d’expérimentation - et les casquettes, dans les sacs.
Sources
- ICI France (France Bleu / France 3) : C'est abusé, ça fait partie du style : les casquettes interdites dans cet établissement de Dordogne
- Dordogne Libre : Excellence et bienveillance pour la cité scolaire Bertran de Born à Périgueux
- Dailymotion / médias régionaux : Dordogne : un collège privé a fait le choix de l'uniforme