Castres : la mairie RN refuse une salle à l’Institut La Boétie, LFI crie à la censure
La salle Jeanne-Cabrol de la Maison des associations refusée au think tank de Mélenchon deux communiqués, deux lectures du règlement.
La mairie RN de Castres a refusé la location de la salle Jeanne-Cabrol à l'Institut La Boétie, think tank affilié à LFI, pour une formation prévue en mai-juin 2026. LFI dénonce une censure politique. La mairie invoque le règlement intérieur et accuse LFI de mensonges.
L’essentiel
- Refus : La mairie de Castres a refusé la location de la salle Jeanne-Cabrol (Maison des associations, place du 1er Mai) à l’Institut La Boétie pour une formation mai/juin 2026.
- Qui : L’Institut La Boétie est un think tank co-présidé par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté, siège social à Paris (18e arr.), affilié à LFI.
- Chronologie : La mairie a publié un communiqué le 27 mai 2026 intitulé « La France Insoumise à Castres : entre mensonges et manipulations » ; LFI Castres a répondu le 28 mai.
- Argument mairie : Le règlement réserve les locaux aux structures dont le siège ou l’activité est centrée sur Castres ; l’Institut a son siège à Paris.
- Argument LFI : Le règlement de 2017 a été amendé en conseil municipal le 13 décembre 2022, ce qui rendrait le refus illégal selon l’opposition.
Le refus et la demande initiale
L’Institut La Boétie souhaitait louer la salle Jeanne-Cabrol, à la Maison des associations de Castres, pour y organiser une formation dans le courant mai-juin 2026. La demande a été refusée par la municipalité dirigée par Florian Azéma, élu maire RN en mars 2026 à 29 ans - premier maire RN et plus jeune maire de l’histoire de la ville, selon La Dépêche du Midi.
L’Institut La Boétie organise régulièrement des formations militantes à la demande des boucles locales LFI. Il avait déjà tenu une rencontre à Castres en février 2026, sur le thème « Pour un nouveau communalisme », selon son propre site.
La position de LFI Castres : « censure politique déguisée »
LFI Castres qualifie le refus de « censure politique déguisée en prétexte administratif ». L’organisation insoumise fait valoir que le règlement intérieur de 2017, sur lequel s’appuie la mairie, a été amendé lors du conseil municipal du 13 décembre 2022. Selon LFI, cet amendement aurait modifié les conditions d’accès aux salles, rendant le refus illégal - d’autant que la salle Jeanne-Cabrol était disponible à la date demandée.
Le 28 mai 2026, LFI Castres a maintenu l’accusation de censure dans un communiqué et sur ses réseaux sociaux, appelant à la vigilance face à ce qu’elle décrit comme une « atteinte à la liberté d’expression ».
Le club USAP affronte Castres Olympique ce week-end dans un tout autre registre, mais la ville concentre décidément l’attention tarnaise en cette fin mai.
La réponse de la mairie : règlement et siège parisien
La municipalité, dans son communiqué du 27 mai 2026 publié sur la page Facebook officielle de la ville, expose deux arguments principaux.
Premier argument : la Maison des associations est réservée aux structures dont le siège social ou l’activité principale est centrée sur Castres. L’Institut La Boétie a son siège au 20 rue Doudeauville, à Paris (18e). Il ne remplit donc pas ce critère géographique.
Deuxième argument : l’Institut La Boétie n’est pas un organisme de formation au sens du règlement amendé en 2022. La mairie considère que la clarification de décembre 2022 visait précisément les organismes de formation certifiés, catégorie à laquelle l’Institut n’appartient pas.
La municipalité précise avoir proposé d’autres salles municipales à l’Institut. Elle accuse LFI de « mensonges, manipulations et mauvaise foi ».
Contexte dans le Tarn
Castres est la deuxième ville du Tarn avec environ 42 500 habitants (INSEE). La ville a basculé à droite extrême lors des municipales de mars 2026 : Florian Azéma a été élu au second tour avec 29,85 % des suffrages exprimés, selon France 3 Occitanie et La Dépêche du Midi. C’est une première dans l’histoire communale.
Le Tarn compte plusieurs autres communes où la gestion des équipements municipaux fait débat entre majorités et oppositions. À Valdurenque, commune voisine, l’actualité récente a aussi mis en lumière des tensions locales. À l’échelle du département, ce type de litige sur l’accès aux salles publiques est rare mais pas inédit : les règlements intérieurs des maisons des associations font l’objet de lectures divergentes selon les majorités en place.
La Maison des associations de Castres (place du 1er Mai) est gérée directement par la mairie. Son règlement, voté en 2017 puis amendé en conseil municipal le 13 décembre 2022, est le texte de référence au cœur du litige. Les délibérations de ce conseil sont accessibles sur le site des actes officiels de la ville.
Un litige juridique potentiel
La question centrale est d’interprétation : l’amendement du 13 décembre 2022 ouvrait-il l’accès aux formations d’organismes extérieurs à Castres, ou se limitait-il aux structures locales disposant d’un agrément de formation ? LFI et la mairie lisent ce texte de façon opposée.
Aucune saisine d’un tribunal administratif n’a été annoncée à ce stade par LFI Castres, selon les informations disponibles. La mairie n’a pas précisé non plus si elle entendait soumettre l’interprétation du règlement à un avis juridique externe.
La polémique s’inscrit dans les premières semaines d’exercice de la nouvelle équipe municipale. La prochaine séance du conseil municipal de Castres sera l’occasion d’observer si l’opposition formule une question orale sur ce dossier.
Sources
- La Dépêche du Midi : "Censure" ou "mensonges" ? : polémique sur le refus de la mairie RN de Castres de louer une salle à un "institut" proche de LFI
- France 3 Occitanie : Résultats municipales 2026 à Castres
- La Dépêche du Midi : Municipales 2026 à Castres : Florian Azéma (RN) élu largement
- Institut La Boétie : Les formations à la demande – Institut La Boétie