Cayenne : une marche contre la vie chère stoppée par la police en centre-ville

Le collectif Stop Vie Chère Guyane a mobilisé une centaine de manifestants le 13 mai, avant d'être bloqué pour défaut de déclaration.

Cayenne : une marche contre la vie chère stoppée par la police en centre-ville
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Environ 100 personnes ont défilé à Cayenne le 13 mai 2026 contre la hausse des prix, à l'appel du collectif Stop Vie Chère Guyane. Le cortège a été stoppé par la police en centre-ville, faute de déclaration préalable. Un cahier de revendications a néanmoins été déposé à la préfecture.

Environ 100 personnes ont défilé à Cayenne le 13 mai 2026 contre la hausse des prix, à l’appel du collectif Stop Vie Chère Guyane. Le cortège a été stoppé par la police en centre-ville, faute de déclaration préalable. Un cahier de revendications a néanmoins été déposé à la préfecture.

L’essentiel

  • 13 mai 2026 : marche du collectif Stop Vie Chère Guyane à Cayenne, départ à 16h30 depuis la caserne des pompiers vers la préfecture.
  • ~100 manifestants ont participé à la marche, selon La 1ère et France Guyane.
  • Cortège bloqué par la police en centre-ville pour défaut de déclaration préalable, selon le compte X @WAntillaise.
  • 1,2 % : taux d’inflation en Guyane sur un an en février 2026, contre 0,9 % au niveau national (INSEE).
  • Revendication principale : révision du calcul des prix du carburant et meilleure prise en compte des spécificités guyanaises.

Départ de la caserne des pompiers, cap sur la préfecture

Le cortège s’est élancé à 16h30 depuis la caserne des pompiers de Cayenne. L’objectif affiché : remettre en main propre un cahier de revendications à la préfecture de Guyane. Selon France Guyane et La 1ère, une centaine de personnes ont répondu à l’appel.

Yvane Goua, porte-parole du collectif, résumait les motivations avant la marche : « Il était important pour nous d’appeler la population à nous renforcer, à aller déposer ce cahier de revendication auprès de la préfecture. J’entends des ministres dire qu’ils sont à l’écoute de la Guyane, nous avons des propositions donc travaillons ! » (La 1ère).

Ce mouvement prend sa source dans une réunion publique tenue le 30 avril 2026 à L’Accordeur, à Cayenne, où le collectif avait alerté pour la première fois sur la hausse des prix, selon France Guyane.

Le blocage : tension en centre-ville

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C’est en centre-ville que les forces de l’ordre ont stoppé la progression du cortège. Motif invoqué : la manifestation n’avait pas été déclarée préalablement aux autorités. Selon le compte X @WAntillaise, témoin de la scène, l’échange entre manifestants et policiers a été tendu.

Un porte-parole des manifestants a alors rappelé le droit fondamental : « le principe, c’est la liberté ; l’exception, c’est l’interdiction », selon le même témoignage. Il a refusé d’être traité comme un « sauvage » et revendiqué le droit de marcher jusqu’à la préfecture. Note de rédaction : ce blocage repose à ce stade sur une source unique (X/@WAntillaise) ; la préfecture n’a pas communiqué de version officielle.

Le cahier de revendications aurait malgré tout été déposé à la préfecture, selon La 1ère et France Guyane.

Les revendications : carburant et approvisionnement

Yvane Goua a centré le discours du collectif sur deux points concrets. D’abord, la révision du mode de calcul des prix du carburant, jugé défavorable à la Guyane. Ensuite, une meilleure prise en compte des spécificités du territoire pour l’approvisionnement en produits de base, selon La 1ère et France Guyane.

La porte-parole a résumé le sentiment général : « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase » (France Guyane). Elle a appelé à mobiliser les quartiers et les communes de l’intérieur pour peser sur les prix.

La crise des carburants touche également La Réunion, autre territoire ultramarin confronté à des problématiques similaires d’éloignement et de coût d’approvisionnement.

Contexte dans la Guyane (973)

L’inflation guyanaise s’établit à 1,2 % sur un an en février 2026, contre 0,9 % au niveau national, avec une hausse notable des produits frais et de l’énergie, selon les données INSEE. Un écart qui pèse d’autant plus dans un territoire où les revenus médians restent inférieurs à la moyenne hexagonale et où l’éloignement renchérit structurellement les coûts logistiques.

La Guyane compte une population d’environ 300 000 habitants, concentrée en grande partie sur le littoral atlantique. Cayenne, préfecture du département, rassemble le principal bassin de population et d’activité économique. L’économie locale reste fortement dépendante des importations, ce qui amplifie les effets de toute hausse des prix mondiaux ou des coûts de transport.

Les mouvements sociaux contre la vie chère ont une histoire longue dans ce territoire. La grève générale de novembre 2008 avait été déclenchée par la hausse des carburants. En mars 2017, la mobilisation « Pou Lagwiyane Dékolé » avait rassemblé jusqu’à 50 000 personnes, selon La 1ère et Wikipédia - un chiffre exceptionnel pour ce territoire. Ces précédents pèsent dans la mémoire collective et expliquent la vigilance des pouvoirs publics face à toute tentative de rassemblement non encadré.

La tension sociale en Outre-mer autour du coût de la vie n’est pas propre à la Guyane. D’autres territoires ultramarins traversent des turbulences économiques liées à des facteurs internationaux qui se répercutent localement avec une intensité amplifiée.

Première réunion publique : le 30 avril, un collectif naissant

Le collectif Stop Vie Chère Guyane est récent. Sa première réunion publique s’est tenue le 30 avril 2026 à L’Accordeur, à Cayenne, selon France Guyane. Moins de deux semaines plus tard, il organisait une marche vers la préfecture.

La vitesse de montée en puissance du collectif rappelle les dynamiques observées en 2017. Le format reste cependant sans commune mesure : 100 personnes le 13 mai, contre des dizaines de milliers neuf ans plus tôt.

Prochaines étapes : élargir la mobilisation

Selon La 1ère, le collectif envisage d’autres marches si la mobilisation persiste. Une seconde manifestation vers d’autres sites est envisagée à partir de 50 participants, avec pour objectif de maintenir la pression sur l’État et la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG).

Yvane Goua a indiqué vouloir mobiliser les quartiers et les communes de l’intérieur. La réponse de la préfecture au cahier de revendications, dont le contenu détaillé n’a pas été rendu public, conditionnera sans doute la suite du mouvement.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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