Loup et chiens divagants : la Chambre d’Agriculture 49 réclame des tirs de défense élargis
Adoptée à l'unanimité le 4 juin, une motion demande à l'État des autorisations sans restriction pour protéger le bétail des éleveurs du 49.
La Chambre d'Agriculture de Maine-et-Loire a voté à l'unanimité, le 4 juin 2026, une motion demandant à l'État des tirs de défense sans restriction contre le loup et les chiens divagants. La décision fait suite à plusieurs attaques récentes, dont la prédation d'une ponette près de Cholet.
L’essentiel
- Motion unanime : adoptée le 4 juin 2026 par la Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire, réclamant des tirs de défense élargis sans restriction.
- Déclencheur immédiat : prédation d’une ponette à La Romagne (près de Cholet), environ deux semaines avant la session.
- Trois attaques en 2025 : présence du loup confirmée officiellement dans le 49 depuis janvier 2025, première fois depuis environ 150 ans.
- Classement cercle 3 : arrêté préfectoral du 21 janvier 2026, avec certaines communes en cercle 2 après attaques avérées.
- Aides 2026 : dépôts de dossiers via SAFRAN ouverts jusqu’au 31 juillet 2026 pour chiens de protection et équipements.
Une motion votée à l’unanimité le 4 juin
Lors de sa session du jeudi 4 juin 2026, la Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire a adopté à l’unanimité une motion adressée à l’État. Elle réclame des autorisations élargies de tirs de défense, sans restriction, contre le loup et les chiens divagants. Elle demande également des mesures de prévention adaptées aux territoires de plaine, caractéristiques d’une grande partie du département, selon Ouest-France.
Le vote est intervenu dans un contexte tendu. Deux semaines plus tôt, une ponette avait été tuée à La Romagne, commune située à proximité de Cholet. L’incident avait relancé les inquiétudes des éleveurs du sud du département. La session a aussi abordé les vols d’animaux et les dégâts liés aux chiens errants, qui constituent une menace distincte mais tout aussi concrète pour les exploitations.
Trois attaques répertoriées depuis l’arrivée du loup
La présence du loup en Maine-et-Loire a été confirmée officiellement en janvier 2025, pour la première fois depuis environ 150 ans dans le département. Dans la foulée, trois attaques ont été répertoriées en 2025, pour lesquelles la responsabilité du loup a été jugée avérée ou « ne peut pas être exclue », selon Ouest-France et le site Oxygène Radio.
L’arrivée du prédateur dans un territoire de plaine, habituellement peu concerné par ce type de risque, pose des questions spécifiques. Les dispositifs de protection traditionnellement déployés en zone montagnarde - clôtures électrifiées, chiens de troupeau - s’adaptent moins facilement aux exploitations ouvertes de l’Anjou. La Chambre d’Agriculture a d’ailleurs insisté sur la nécessité de mesures de prévention pensées pour ces configurations géographiques.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Par arrêté préfectoral du 21 janvier 2026, le Maine-et-Loire a été intégralement classé en cercle 3 du Plan national d’action Loup, qui correspond à un risque de prédation possible à moyen terme. Certaines communes du département ont été placées en cercle 2 à la suite d’attaques avérées ou non exclues, ouvrant droit à des aides renforcées.
Concrètement, les éleveurs concernés peuvent déposer des demandes d’aides à la protection des troupeaux jusqu’au 31 juillet 2026 via le téléservice SAFRAN, géré par la DDT. Les dépenses éligibles - chiens de protection, formations, matériels en cercle 2 - peuvent être finalisées jusqu’au 31 décembre 2026, selon les sources officielles de la préfecture et de la Chambre régionale des agricultures Pays de la Loire.
Le Maine-et-Loire compte environ 800 000 habitants et reste l’un des premiers départements agricoles de la région, avec un élevage bovin et équin significatif. La montée du risque loup y est donc perçue comme un enjeu économique direct pour des centaines d’exploitations.
Un mouvement national qui dépasse le 49
La motion de la Chambre 49 s’inscrit dans un contexte législatif en évolution. Des amendements adoptés en 2025-2026 dans le cadre de la loi d’orientation agricole ont facilité les tirs de défense, en introduisant notamment une présomption de légitimité pour les éleveurs confrontés à une attaque, selon Maires de France et le site Paysans de la Loire. Plusieurs chambres départementales ont formulé des demandes similaires ces derniers mois.
La différence avec les territoires alpins ou pyrénéens, historiquement touchés, réside dans la nouveauté de la présence lupine en Anjou. Les éleveurs locaux ne disposent pas encore des réflexes, ni de toute l’infrastructure de protection rodée dans d’autres régions. La Chambre départementale argue que les outils réglementaires actuels, calibrés pour des zones à forte densité de loups, sont inadaptés à une phase d’installation comme celle que connaît le 49.
Les demandes d’aides à la protection restent par ailleurs ouvertes : les éleveurs du département ont jusqu’au 31 juillet pour déposer leurs dossiers via SAFRAN.
Sources
- Ouest-France : Loup et chiens divagants : la Chambre d'Agriculture de Maine-et-Loire sollicite des tirs de défense sans restriction
- Préfecture de Maine-et-Loire : Prédation du loup – Aide à la protection des exploitations
- Chambre régionale d'Agriculture Pays de la Loire : Prédation du loup : aide à la protection des exploitations et des troupeaux
- Paysans de la Loire : Loup : les députés facilitent encore les tirs