Mana : la CTG subventionne la modernisation des équipements rizicoles
La Collectivité Territoriale de Guyane mobilise fonds européens et aides directes pour relancer une filière en déclin depuis vingt ans.
À Mana, premier bassin rizicole de Guyane, la CTG déploie un dispositif de subventions pour moderniser les équipements agricoles. L'objectif : redresser une production effondrée depuis les années 2000. Les aides s'appuient sur le SRDEII 2022-2028 et les fonds FEDER.
La riziculture de Mana traverse une longue période de difficultés. Lancée en 1982 sur le littoral guyanais, la filière a connu son apogée avant de s’effondrer sous l’effet des incursions d’eau de mer. Selon les données de l’IEDOM, la production guyanaise est passée de 31 544 tonnes en 2006 à 8 968 tonnes en 2008. Le déclin s’est poursuivi depuis.
Pour inverser la tendance, la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) a intégré le soutien à la riziculture dans son Schéma Régional de Développement Économique d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII) 2022-2028. Le document prévoit des aides à l’investissement agricole via les fonds FEADER et FEDER, avec un suivi annuel de leur impact sur la productivité, d’ici 2027.
Des fonds européens mobilisés
Le programme FEDER 2021-2027, géré par la CTG, finance déjà des projets agricoles innovants à Mana. La ferme verticale MOGARDEN a ainsi perçu 247 700 euros dans ce cadre, selon la liste des bénéficiaires publiée par Europe Guyane en novembre 2025. L’objectif affiché : réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Le budget de la CTG bénéficie par ailleurs d’un soutien de l’État de 30 millions d’euros annuels, renouvelable dans le cadre de l’accord structurel 2024-2026, qui finance en partie ces initiatives agricoles, selon un rapport de la CTG publié en février 2025.
Foncier et investissements : un chantier parallèle
La modernisation des équipements ne peut se faire sans régler la question foncière. L’Établissement Public Foncier et d’Aménagement de la Guyane (EPFAG) conduit une étude sur la structure de propriété agricole à Mana, dans le cadre de son Plan Stratégique 2021-2026. Budget prévisionnel : 700 000 euros. L’étude doit faciliter les investissements en équipements rizicoles en clarifiant qui possède quoi sur ces terres littorales complexes.
La Safer Guyane intervient également via son Programme Pluriannuel d’Activités 2024-2028, centré sur la régulation foncière et la modernisation des exploitations, dont celles de Mana.
Un précédent européen
Ce n’est pas la première fois que des financements extérieurs tentent de sauver la riziculture guyanaise. Entre 2000 et 2006, le Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (FEOGA) avait déjà versé près de 4 millions d’euros aux producteurs, selon Géoconfluences. Ces aides n’ont pas suffi à enrayer le déclin. La CTG mise aujourd’hui sur une approche combinant subventions directes, fonds européens et restructuration foncière pour obtenir des résultats durables.
L’impact réel sur la productivité rizicole à Mana sera évalué dans le cadre du suivi annuel des aides FEADER/FEDER, prévu d’ici 2027, selon le SRDEII de la CTG.
Sources
- Géoconfluences : Agriculture et milieux littoraux en Guyane : l'expérience de la riziculture à Mana
- IEDOM : Rapport Annuel Économique et Monétaire - Guyane 2008
- CTG : Schéma Régional de Développement Économique d'Innovation et d'Internationalisation 2022-2028
- Europe Guyane : Liste des bénéficiaires FEDER - novembre 2025