Chants racistes dans une discothèque à Rodez : trois jeunes jugés en correctionnelle en février 2027
Le procureur de la République a annoncé la convocation de trois personnes pour provocation à la haine raciale après des chants dans une discothèque aveyronnaise
Trois jeunes identifiés après des chants racistes dans une discothèque de Rodez seront jugés le 17 février 2027. Le parquet a ouvert une enquête fin juin, et les suspects ont reconnu les faits en invoquant l'alcool.
L’essentiel
- Fait 1 : Trois personnes seront jugées le 17 février 2027 devant le tribunal correctionnel de Rodez pour provocation publique à la haine raciale.
- Fait 2 : Les faits se sont déroulés dans la nuit du 4 au 5 juin 2026 au fumoir de la discothèque Loft 89 à Rodez.
- Fait 3 : Les suspects ont été filmés en train de scander « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! », une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.
Le parquet de Rodez a annoncé ce vendredi 26 juin la convocation de trois personnes devant le tribunal correctionnel pour provocation publique à la haine raciale. L’audience est fixée au 17 février 2027. L’affaire avait été ouverte après la diffusion d’une vidéo montrant des jeunes scandant des slogans racistes dans le fumoir d’une discothèque de la ville.
Ce qui s’est passé
Dans la nuit du 4 au 5 juin 2026, plusieurs clients de la discothèque Loft 89, située à Rodez, ont été filmés en train de chanter « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ! ». La vidéo, tournée dans le fumoir de l’établissement, a été diffusée sur TikTok et Instagram à partir du 21 juin. Elle a rapidement suscité une vague d’indignation, tant localement qu’au niveau national.
Alerté par le député de l’Aveyron Laurent Alexandre, qui a officiellement signalé la séquence au procureur, le parquet de Rodez a ouvert une enquête préliminaire dès le samedi 20 juin pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine ». L’enquête a été confiée aux services de police de Rodez.
L’enquête et les aveux
Cinq personnes ont été identifiées et entendues dans le cadre de l’enquête. Trois d’entre elles ont été placées en garde à vue. Selon le procureur de la République, Nicolas Rigot-Muller, ces trois hommes ont reconnu les faits. Ils ont expliqué avoir agi sous l’influence de l’alcool et sans motivation politique. Les deux autres personnes identifiées n’ont pas été poursuivies, faute d’éléments suffisants.
La direction de la discothèque Loft 89 a condamné les faits et a pleinement coopéré avec les enquêteurs, a précisé le parquet.
Les réactions politiques
L’affaire a provoqué de vives réactions dans la classe politique. Le député LFI de l’Aveyron, Laurent Alexandre, a été l’un des premiers à réagir sur les réseaux sociaux, dénonçant des propos « d’une violence inouïe ». Il a saisi le parquet pour que la justice se saisisse de l’affaire.
À l’Assemblée nationale, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a qualifié ces chants de « honte pour la République ». De son côté, le maire de Rodez, Stéphane Mazars, a fermement condamné les slogans, rappelant que « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit ».
Contexte dans l’Aveyron
Ce dossier intervient dans un département rural de 280 000 habitants, où les affaires de discrimination raciale sont rarement portées devant les tribunaux. Selon les données de la préfecture, la procédure judiciaire enclenchée en moins de trois semaines illustre une volonté de ne pas laisser ce type de propos sans réponse. L’Aveyron, qui compte une population d’origine maghrébine modeste, connaît peu d’incidents racistes rapportés ces dernières années.
Le tribunal correctionnel de Rodez, qui jugera l’affaire début 2027, traite habituellement des délits routiers ou des violences ordinaires. La tenue d’un procès pour provocation à la haine raciale est rare dans le département.
Prochaine étape
Les trois mis en cause comparaîtront libres le 17 février 2027 devant le tribunal correctionnel de Rodez. Ils encourent une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Le parquet n’a pas précisé s’il requerrait un mandat de dépôt.
Cette affaire rappelle que d’autres faits divers marquent l’actualité en cette période de canicule : un jeune homme de 25 ans s’est noyé à Chelles en Seine-et-Marne, 12e victime de l’été, tandis qu’un incendie dans le Cher a mobilisé des renforts de l’Eure-et-Loir.