Charente : d’une mise sous tutelle à une co-présidence, deux ans de crise au département

Depuis 2025, le conseil départemental de la Charente traverse une crise institutionnelle inédite, entre rejets budgétaires et recomposition politique.

Charente : d'une mise sous tutelle à une co-présidence, deux ans de crise au département
Illustration Mathilde Delpech / info.fr

La Charente a vécu en 2025 une séquence politique sans précédent : trois rejets successifs du budget, une mise sous tutelle préfectorale, la démission du président. En 2026, une co-gouvernance tente de stabiliser un département de 350 000 habitants.

Tout a basculé à partir d’un canton. En juin 2021, Philippe Bouty (PS) est élu président du conseil départemental de la Charente avec 20 voix contre 18 - un seul canton d’écart. La majorité de gauche, fragile dès le départ, se fissurera rapidement.

Un budget rejeté trois fois, une tutelle inédite

Dès mars 2025, six élus de la majorité font défection, dont la sénatrice PS Nicole Bonnefoy. Le budget 2025 - 615 millions d’euros - est rejeté une première fois, puis une deuxième, puis une troisième. Le 15 avril 2025, l’échec répété entraîne une mise sous tutelle préfectorale, gérée par la préfecture d’Angoulême, selon Le Monde et TF1 Info. C’est une première dans l’histoire du département depuis sa création en 1790, selon Le Point.

« Nous rendons les clés », déclarent alors des élus dissidents, cités par France 24. La formule résume l’état du blocage. Le 16 mai 2025, les conseillers retirent à Bouty ses délégations de pouvoir, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. La présidence devient coquille vide.

Trois candidats, un président élu à la majorité relative

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Philippe Bouty démissionne en septembre 2025. Trois candidatures se déclarent : Jérôme Sourisseau (centriste), Nicole Bonnefoy et un troisième candidat. Après trois tours de scrutin, Sourisseau est élu à la majorité relative, selon Sud Ouest.

La situation reste instable. En décembre 2025, une charte de gouvernance est signée entre Sourisseau et Bonnefoy pour une co-présidence de fait. Le Charente Libre a détaillé les contours de cet arrangement inédit : deux élus partagent les responsabilités exécutives pour tenter d’éviter de nouveaux blocages au sein des 38 conseillers du département.

Un budget 2026 adopté, mais des tensions persistantes

En février 2026, le budget - d’un montant similaire à celui de 2025, environ 615 millions d’euros - est adopté sous la nouvelle gouvernance, selon le Charente Libre. Un soulagement relatif après une année de paralysie. Les débats restent tendus, mais le vote a eu lieu.

Le conseil départemental, dont le siège est à Angoulême, gère les compétences sociales, routières et éducatives d’un territoire qui comprend La Rochefoucauld et l’ensemble de la Charente, selon Wikipedia.

Prochaine étape : une session budgétaire d’ajustement est prévue en juin 2026, avec un accent mis sur la co-construction des projets, selon une publication LinkedIn liée au département. L’objectif affiché : consolider la nouvelle majorité avant que les tensions ne ressurgissent.

Sources

Mathilde Delpech

Mathilde Delpech

Basée à Angoulême, elle couvre le festival de la BD, les restructurations dans la papeterie, l'agriculture cognacaise et les débats sur la rocade nord. Formée à l'IUT info-com de Tours, elle a commencé en radio locale. Ligne éditoriale : multiplier les sources, vérifier les budgets culturels, ne jamais se contenter des dossiers de presse officiels.

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