Château de Lézignac (Graulhet) : vendu neuf ans après l’incendie provoqué par des collégiens

Partiellement inscrit aux Monuments historiques, le château tarnais a trouvé acquéreur mi-mai 2026, six mois après sa mise en vente à 200 000 euros.

Château de Lézignac (Graulhet) : vendu neuf ans après l'incendie provoqué par des collégiens
Illustration Virginie Cazenave / info.fr

Le château de Lézignac, à Graulhet (Tarn), a été vendu mi-mai 2026, neuf ans après l'incendie du 7 août 2017 qui l'avait ravagé. Quatre collégiens de 13 ans en étaient responsables. Un projet de restauration est annoncé, sans calendrier précisé à ce stade.

L’essentiel

  • Incendie : le 7 août 2017, quatre collégiens de 13 ans provoquent un incendie qui ravage le château de Lézignac à Graulhet (Tarn).
  • Aveux : les quatre adolescents avouent en octobre 2017, après trois mois d’enquête.
  • Mise en vente : le château est proposé en novembre 2025 à 200 000 € (700 m², 7,4 ha).
  • Vente conclue : l’agence Century 21 Graulhet annonce la transaction mi-mai 2026 ; les acquéreurs n’ont pas été nommés publiquement.
  • Protection : façades, toitures, grand escalier et cheminées sont partiellement inscrits aux Monuments historiques depuis le 1er mars 1977.

Un incendie, quatre adolescents, une nuit d’août 2017

Le 7 août 2017, un incendie embrase le château de Lézignac, à l’écart du centre de Graulhet. Entre 40 et 56 pompiers des centres de Graulhet, Albi, Gaillac et de communes alentour sont mobilisés, selon La Dépêche du Midi. Aucun blessé n’est à déplorer, mais le bâtiment est très largement détruit.

Trois mois plus tard, en octobre 2017, quatre collégiens de 13 ans avouent être à l’origine du sinistre. Un jeu qui a mal tourné, indique France 3 Occitanie, qui avait couvert les aveux à l’époque. Le château était alors la propriété de François de Martrin-Donos, élu d’opposition à Graulhet.

Le bâtiment n’était pas vierge de désordres avant l’incendie. Déjà abandonné depuis plusieurs années, il était régulièrement squatté, ce qui avait conduit à sa dégradation progressive.

Un monument aux racines médiévales

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La première mention du domaine de Lézignac remonte à 1159 : Sicard V de Lautrec, vicomte de Lautrec, en fait don à l’abbaye cistercienne de Candeil, selon Wikipedia et la base Mérimée du ministère de la Culture. Le château tel qu’il subsistait avant l’incendie date principalement des XVe et XVIe siècles, avec des vestiges des XIIe et XIIIe siècles.

Vendu comme bien national à la Révolution, il a depuis changé plusieurs fois de mains. En 1985, il accueillait encore les trois premières représentations du spectacle historique de la Société Culturelle du Pays Graulhétois, avant d’être laissé à l’abandon.

Ses façades, toitures, grand escalier et cheminées sont partiellement inscrits aux Monuments historiques depuis le 1er mars 1977, selon la notice officielle du ministère de la Culture (base Mérimée, réf. PA00095566).

Mis en vente à 200 000 euros, vendu en six mois

Le bien est mis sur le marché en novembre 2025, à 200 000 euros, pour environ 700 m² de bâti et 7,4 hectares de terrain, comme le rapporte Le Journal d’Ici. Le prix, inhabituellement bas pour un tel ensemble, reflète l’ampleur des travaux à prévoir sur un bâtiment sinistré et partiellement protégé.

Mi-mai 2026, l’agence Century 21 de Graulhet annonce la conclusion de la vente. Les nouveaux propriétaires n’ont pas été identifiés publiquement. L’agence évoque un « beau projet porteur d’avenir pour le patrimoine local », selon La Dépêche du Midi. Le contenu précis du projet et son calendrier n’ont pas été communiqués à ce stade.

Contexte dans le Tarn

Graulhet est une commune de 13 129 habitants (INSEE, population municipale 2023), située dans le Tarn (81), à une trentaine de kilomètres d’Albi. La ville est connue pour son passé mégissier, aujourd’hui largement révolu. Le château de Lézignac constitue l’un des rares éléments de patrimoine bâti inscrit aux Monuments historiques sur le territoire communal.

Le Tarn compte plusieurs châteaux en état de péril ou d’abandon. Les rachats par des particuliers avec projet de restauration restent rares et souvent longs à concrétiser, en raison des coûts que représente la remise en état d’un édifice partiellement protégé. À Albi, la question du patrimoine bâti a déjà mobilisé les services de l’État récemment - un incendie à la clinique Saint-Salvadou près d’Albi avait nécessité l’évacuation de 47 personnes en mai 2026. Plus au sud, les tensions autour des projets d’aménagement à Castres illustrent les enjeux territoriaux du département.

Prochaine étape

Aucune date d’ouverture de chantier ni d’information sur les acquéreurs n’a été rendue publique. La nature exacte du projet - résidence privée, lieu culturel, hébergement touristique - reste à préciser.

Sources

Virginie Cazenave

Virginie Cazenave

Virginie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Tarn (81), avec Albi pour chef-lieu. Spécialité du département : cite episcopale Albi UNESCO et Toulouse-Lautrec. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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