Châteaubriant : La Croisette ferme après un conflit sur la préemption du bail
La municipalité avait racheté le bail commercial à 200 000 € en septembre 2025 pour maintenir un restaurant place de la Motte.
Le restaurant La Croisette, installé au 16 place de la Motte à Châteaubriant, a fermé ses portes en juin 2026 après un conflit entre la municipalité et le propriétaire du bail commercial. La mairie avait exercé son droit de préemption renforcé en septembre 2025. Le local sera repris par Optic 2000 d'ici fin juin.
L’essentiel
- Fermeture : Le restaurant La Croisette (16 place de la Motte) a cessé son activité en juin 2026.
- Préemption : La mairie a exercé son droit de préemption renforcé sur le bail commercial à 200 000 €, validé en conseil municipal le 25 septembre 2025.
- Reconversion : Le local sera occupé par Optic 2000 (déménagement prévu fin juin 2026).
- Conflit : La fermeture fait suite à un différend entre la municipalité et le propriétaire du bail ; le maire déclare « On n’est pas heureux de cette situation ».
Un bail préempté, un restaurant fermé
Le 5 août 2025, la mairie de Châteaubriant reçoit une déclaration de vente : le bail commercial du restaurant La Croisette est mis sur le marché à 200 000 €. La municipalité avait anticipé ce type de situation : dès le 8 juillet 2025, le conseil municipal avait instauré un droit de préemption urbain renforcé sur les baux commerciaux du centre-ville, selon le site officiel de la mairie.
Le 25 septembre 2025, le conseil municipal délibère et valide la préemption, confirmée par Ouest-France et actu.fr. Objectif affiché : maintenir un commerce de restauration place de la Motte et préserver la dynamique commerciale du centre-ville.
Mais la suite n’a pas correspondu aux intentions initiales. Un conflit s’est noué entre la ville et le propriétaire du bail. Les gérants Eric Malgogne et Christelle Chazé, qui avaient repris la société CEM en 2015, ont mis fin à l’activité. Le restaurant a baissé le rideau.
La mairie « regrette amèrement »
La municipalité n’a pas tardé à communiquer. Sur son site officiel, elle indique « regretter amèrement la situation ». Le maire a été plus direct, cité par actu.fr : « On n’est pas heureux de cette situation. » La mairie reconnaît que l’issue n’était pas celle escomptée lors de la décision de préemption.
Le communiqué municipal ne détaille pas la nature précise du conflit avec le propriétaire. Les raisons exactes ayant conduit à la fermeture plutôt qu’à une transmission n’ont pas été précisées publiquement à ce stade.
Optic 2000 reprend le local fin juin 2026
Le 16 place de la Motte ne restera pas vacant. Selon actu.fr, la boutique Optic 2000 - actuellement installée au 27 rue Aristide Briand et gérée par Marie-Laure Dumont - doit déménager dans ce local d’ici fin juin 2026. Des travaux sont en cours. Ouest-France confirme la même information.
Ce reconversion vers un commerce d’optique tranche avec l’ambition initiale de la mairie, qui souhaitait explicitement conserver un usage de restauration sur cette place centrale. La mairie s’est dite « remontée » face à cette évolution, selon Ouest-France.
Contexte dans la Loire-Atlantique
Châteaubriant compte 12 231 habitants au 1er janvier 2025, selon l’INSEE - chiffre en légère hausse sur six ans, dans un département qui surveille de près l’offre de services publics et commerciaux dans ses villes moyennes. Ville-centre du pays de Châteaubriant-Derval, elle concentre l’essentiel des commerces d’un bassin de vie plus étendu.
Le recours au droit de préemption sur les baux commerciaux reste une procédure relativement rare en France. Il permet à une collectivité d’acquérir un fonds ou un bail pour éviter la disparition d’une activité jugée utile. Plusieurs communes de Loire-Atlantique ont activé cet outil ces dernières années pour lutter contre la vacance commerciale en centre-bourg. À Châteaubriant, la délibération de juillet 2025 s’inscrit dans cette logique de protection du tissu commercial de la place de la Motte et des rues adjacentes.
Un outil de protection qui n’a pas suffi
L’affaire La Croisette illustre les limites pratiques du droit de préemption commercial. Acquérir un bail ne garantit pas la continuité d’exploitation : encore faut-il trouver un repreneur acceptant les conditions, ou que le gérant en place maintienne son activité. La mécanique juridique a fonctionné ; le résultat économique, lui, ne correspond pas à l’objectif.
La mairie n’a pas précisé si elle entend rechercher un nouveau restaurateur pour un autre local, ni quelles suites elle envisage pour l’usage futur du bail désormais en sa possession. D’autres villes françaises cherchent également à attirer des enseignes en centre-ville, avec des résultats variables.
Optic 2000 devrait ouvrir dans ses nouveaux locaux d’ici la fin du mois. La question de l’avenir du bail commercial reste, pour l’heure, sans réponse publique de la municipalité.
Sources
- Mairie de Châteaubriant : Restaurant La Croisette : la municipalité regrette amèrement la situation
- Ouest-France : La mairie de Châteaubriant préempte pour acquérir le bail commercial d'un restaurant du centre-ville
- actu.fr : Déménagement : le magasin Optic 2000 remplace un restaurant à Châteaubriant
- actu.fr : « On n'est pas heureux de cette situation » : le maire de Châteaubriant réagit à la fermeture du restaurant La Croisette

