Châteaudun : Philippe Vigier exige des excuses du curé, le diocèse refuse
Le maire et rapporteur général de la loi sur l'aide à mourir s'estime visé par un prêche. L'évêque de Chartres soutient le prêtre.
Une controverse éclate à Châteaudun après le prêche du 5 juillet du curé François Yambressinga, qui a critiqué le projet de loi sur l'aide à mourir. Philippe Vigier, maire de la ville et rapporteur général du texte, exige des excuses publiques. Le diocèse refuse et l'évêque apporte son soutien au prêtre.
L’essentiel
- 5 juillet 2026 : le curé François Yambressinga critique le projet de loi sur l’aide à mourir lors de son prêche à l’église de la Madeleine de Châteaudun
- Philippe Vigier : maire de Châteaudun et rapporteur général du projet de loi, exige des excuses publiques après s’être dit « injurié »
- Diocèse de Chartres : refuse toute excuse, Mgr Philippe Christory soutient totalement le curé
- 15 juillet 2026 : vote solennel prévu à l’Assemblée nationale sur la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir
Un prêche qui fait réagir
Le 5 juillet, lors de la messe à l’église de la Madeleine de Châteaudun, le père François Yambressinga a abordé le projet de loi sur l’aide à mourir dans son homélie. « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort », a déclaré le prêtre, selon Tribune Chrétienne. Il a appelé les fidèles à prier pour la vie et les parlementaires.
Philippe Vigier, maire de Châteaudun et rapporteur général de la proposition de loi, assistait à la messe. Il s’est dit « injurié » et « profondément blessé » par ces propos, selon Le Salon Beige. L’élu a reproché au curé d’avoir choisi ce moment, notamment lors d’une messe médiévale, estimant que ce n’était « ni le lieu ni le moment ».
Le maire a publiquement demandé des excuses au prêtre, comme le rapporte Boulevard Voltaire.
Le diocèse refuse et soutient le curé
La porte-parole du diocèse de Chartres a confirmé qu’aucune excuse publique ne serait présentée. Monseigneur Philippe Christory, évêque de Chartres, a apporté son soutien total au père Yambressinga. « Il a simplement fait son job, comme tous les prêtres de France », a affirmé l’évêque selon Tribune Chrétienne.
Le diocèse a précisé que le curé ignorait la présence et la fonction de Philippe Vigier dans l’assemblée. Le prêtre n’a pas visé l’élu personnellement, mais a rappelé la doctrine de l’Église sur les questions de fin de vie.
L’évêque de Chartres est ensuite intervenu directement auprès de Philippe Vigier pour lui rappeler la position constante de l’Église catholique sur le sujet.
Un projet de loi au cœur du débat
Le projet de loi sur l’aide à mourir, dont Philippe Vigier est le rapporteur général, a été adopté en deuxième lecture par la Commission des affaires sociales le 10 juin 2026, selon l’Assemblée nationale. Un vote solennel était programmé ce 15 juillet à l’Assemblée nationale.
La controverse survient donc à un moment charnière du processus législatif. Philippe Vigier, député MoDem de l’Eure-et-Loir, porte ce texte sociétal majeur qui divise l’opinion publique et les institutions religieuses.
Contexte dans l’Eure-et-Loir
Châteaudun, sous-préfecture d’Eure-et-Loir de 12 830 habitants, se retrouve au centre d’un débat national. Philippe Vigier, figure politique locale depuis des décennies, cumule les mandats de maire de Châteaudun et de député depuis mars 2026.
L’affaire illustre les tensions entre autorités religieuses et politiques sur les sujets de société. L’Église catholique maintient sa doctrine historique sur la fin de vie, tandis que le législateur avance vers une évolution du cadre légal.
Liberté d’expression religieuse en question
L’affaire soulève la question de la liberté d’expression des ministres du culte dans l’exercice de leur fonction. Un prêtre peut-il rappeler la doctrine de son Église sur un sujet d’actualité législative sans qu’un élu ne l’interprète comme une attaque personnelle ?
Le diocèse de Chartres défend fermement le droit du père Yambressinga à prêcher l’enseignement de l’Église. De son côté, Philippe Vigier estime que le lieu de culte n’était pas approprié pour aborder ce débat législatif.
La fermeté de la réponse de l’évêque face à la demande d’excuses marque une ligne claire sur l’indépendance de l’Église face aux demandes d’élus. L’issue du vote législatif ce 15 juillet apportera une conclusion au débat parlementaire, mais pas nécessairement à la controverse locale.
Sources
- Tribune Chrétienne : Un curé rappelle la vérité de l'Évangile, le rapporteur de la loi sur l'euthanasie se dit injurié
- Réinformation TV : Philippe Vigier exige des excuses du curé
- Boulevard Voltaire : Le maire sermonne le curé pour son sermon anti-euthanasie
- Rassemblement National 53 : Philippe Vigier exige des excuses publiques du curé