Affaire Mis et Thiennot : le maire de Châteauroux témoigne et réclame une « décision de justice ultime »
Gil Avérous a comparu le 11 juin 2026 devant la Cour de révision à Paris, évoquant le doute persistant qui entoure cette condamnation de 1950.
Le maire de Châteauroux Gil Avérous a témoigné le 11 juin 2026 devant la Cour de révision et de réexamen dans l'affaire Mis et Thiennot. Il a appelé à une « décision de justice ultime » pour clore 76 ans d'incertitude. La décision est attendue le 2 juillet 2026.
L’essentiel
- 11 juin 2026 : Gil Avérous, maire de Châteauroux, témoigne devant la Cour de révision et de réexamen à Paris.
- 2 juillet 2026 : date fixée pour le délibéré de la Cour de révision.
- 1950 : année de la condamnation de Raymond Mis et Gabriel Thiennot à 15 ans de travaux forcés pour le meurtre du garde-chasse Louis Boistard.
- 7e requête : déclarée recevable le 19 février 2026 par la commission d’instruction de la Cour de cassation, après six rejets depuis 1980.
- Une cinquantaine de membres du Comité de soutien sont venus de Châteauroux assister à l’audience.
Le maire à la barre
Gil Avérous, réélu maire de Châteauroux en 2026 pour un troisième mandat dès le premier tour, a été entendu comme témoin le 11 juin 2026 devant la Cour de révision et de réexamen, réunie à Paris. Sa présence était attendue : il a notamment témoigné sur les raisons qui ont conduit Châteauroux à baptiser un espace public aux noms de Mis et Thiennot, selon La Nouvelle République.
Sa déclaration a été directe. « Le doute persistant fait qu’aujourd’hui on a besoin de cette décision de justice ultime, quelle qu’elle soit », a-t-il affirmé, cité par Franceinfo.
Une affaire vieille de 76 ans
Les faits remontent à la fin de l’année 1946, près de Mézières-en-Brenne, dans l’Indre. Le garde-chasse Louis Boistard est retrouvé mort. Raymond Mis et Gabriel Thiennot sont arrêtés, jugés à trois reprises en cour d’assises, puis condamnés en 1950 à 15 ans de travaux forcés. Ils sont graciés en 1954, sans jamais être réhabilités.
Depuis 1980, six requêtes en révision ont été déposées. Toutes ont été rejetées. La septième, déposée en mai 2022, a franchi un seuil inédit : la commission d’instruction de la Cour de cassation l’a déclarée recevable le 19 février 2026, renvoyant l’affaire devant la Cour de révision. C’est cette audience qui s’est tenue le 11 juin 2026, selon Wikipedia et Ouest-France.
Châteauroux, ancrage local du dossier
Le Comité de soutien Mis et Thiennot est basé à Châteauroux, avenue du général Ruby. Il fédère depuis des décennies familles, militants et élus autour de la demande de révision. Le 6 juin 2015, la ville avait inauguré un espace public portant les noms des deux condamnés, en présence de membres de leurs familles, selon Le Berry Républicain. Au total, 31 communes françaises ont une rue, place ou espace à leur nom, d’après le site officiel du Comité.
Le 11 juin 2026, une cinquantaine de membres du Comité ont fait le déplacement depuis Châteauroux pour assister à l’audience parisienne, selon le compte X @ici_berry.
La ville est aussi au cœur d’autres enjeux de justice et de sécurité publique. La prison du Craquelin est actuellement en surtension, avec FO Justice réclamant une intervention préfectorale. Par ailleurs, une campagne de 175 affiches pour la sécurité des femmes dans les transports a été déployée récemment dans l’agglomération.
Contexte dans l’Indre
L’affaire Mis et Thiennot est l’une des plus connues de la justice française du XXe siècle. Elle est souvent présentée comme une possible erreur judiciaire majeure, comme le rappelle Le Monde dans son édition du 10 juin 2026. Pour l’Indre, département rural de 220 000 habitants environ, le dossier dépasse le cadre local : il est devenu un symbole national du combat pour la révision des condamnations contestées.
Mézières-en-Brenne, commune d’origine des faits, fait partie de Châteauroux Métropole, dont Gil Avérous est également président. Le Comité de soutien, ancré dans la préfecture de l’Indre, a structuré pendant des décennies la mobilisation citoyenne autour du dossier.
L’avocat général a requis le maintien de la condamnation lors de l’audience du 11 juin, selon Le Pays. La Cour rendra son délibéré le 2 juillet 2026.
Prochaine étape
La Cour de révision et de réexamen doit rendre sa décision le 2 juillet 2026. Ce délibéré est attendu comme l’épilogue judiciaire d’une affaire ouverte depuis 76 ans.
Sources
- Franceinfo : Réexamen de l'affaire Mis et Thiennot : "On a besoin de cette décision de justice ultime, quelle qu'elle soit"
- La Nouvelle République : Le maire de Châteauroux Gil Avérous témoin du procès en révision de l'affaire Mis et Thiennot
- Le Berry Républicain : Châteauroux rend hommage à Mis et Thiennot en inaugurant un espace à leur nom
- Ouest-France : Le procès en révision de Mis et Thiennot aura lieu le 11 juin

