Chine : tir de missile balistique depuis un sous-marin dans le Pacifique
Pékin a testé le 6 juillet 2026 un missile intercontinental depuis un sous-marin nucléaire, un tir inédit depuis 1982 qui inquiète Washington et ses voisins.
La Chine a annoncé le 6 juillet 2026 avoir tiré un missile balistique intercontinental depuis un sous-marin nucléaire dans le Pacifique. Premier essai de ce type depuis 1982, il a suscité des protestations de Taïwan, de l'Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande.
L’essentiel
- Le tir : la Chine a effectué le 6 juillet 2025 un essai de missile balistique intercontinental lancé depuis un sous-marin nucléaire, dans les eaux internationales du Pacifique, selon Le Monde.
- Le missile : équipé d’une tête inerte, il s’agirait selon Global Times du JL-3, dont la portée dépasse 10 000 kilomètres, capable en théorie d’atteindre le continent américain.
- Un précédent de 44 ans : c’est le premier essai public de ce type dans le Pacifique depuis le 12 octobre 1982, rapporte Zone Militaire.
- Les réactions : Washington, Canberra, Tokyo et Wellington ont dénoncé un geste déstabilisateur ; Taïwan a qualifié le tir de provocation via son Conseil de sécurité nationale.
- La version chinoise : Pékin évoque un entraînement annuel de routine, conforme au droit international, avec notification préalable des pays concernés.
Ce qui s’est passé le 6 juillet
La marine chinoise a procédé le 6 juillet 2026 à un tir d’essai d’un missile balistique intercontinental depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, dans les eaux internationales du Pacifique, selon Le Monde et Radio France. L’engin était équipé d’une tête inerte, sans charge nucléaire active, précise CNA. Il s’agissait, selon la même source, de démontrer la capacité de seconde frappe de Pékin, c’est-à-dire l’aptitude à riposter après une attaque nucléaire subie.
Des experts de la défense cités par Global Times estiment que le projectile testé est probablement le JL-3, le missile balistique mer-sol le plus moderne de l’arsenal chinois. Selon le Pentagone, sa portée est estimée à plus de 10 000 kilomètres, ce qui lui permettrait en théorie de viser le continent américain depuis les côtes chinoises.
Un tir qui n’avait pas eu lieu depuis 1982
Ce test constitue le premier essai public d’un missile à longue portée lancé depuis un sous-marin par Pékin dans le Pacifique depuis le 12 octobre 1982, selon Zone Militaire. Cette rareté explique en grande partie l’attention internationale suscitée par l’annonce. La Chine dispose depuis plusieurs années d’une flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, mais elle communiquait peu, jusqu’ici, sur des essais grandeur réelle dans cette zone maritime.
La version officielle chinoise
Le ministère chinois de la Défense a affirmé que le tir s’inscrivait dans le cadre d’un entraînement annuel de routine, conforme au droit international, selon Xinhua. Pékin indique avoir informé à l’avance les pays concernés. Cette communication vise à désamorcer les critiques sur le caractère surprise de l’opération, sans convaincre les capitales voisines.
Vives protestations dans la région
Le Premier ministre australien ainsi que les gouvernements du Japon et de la Nouvelle-Zélande ont protesté, qualifiant ce test d’action déstabilisatrice pour la région indo-pacifique, rapporte The Guardian. La Nouvelle-Zélande a souligné que le missile avait atterri dans la zone exempte d’armes nucléaires du Pacifique Sud, définie par le traité de Rarotonga, précise CBS News.
À Taïwan, le secrétaire général du Conseil de sécurité nationale, Joseph Wu, a diffusé le tracé présumé du missile et qualifié ce tir de provocation, selon The Guardian. Le Bureau présidentiel taïwanais et le ministère des Affaires étrangères ont également condamné l’essai, selon Radio Taiwan International.
Côté américain, le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a fait part d’une grande inquiétude face au renforcement nucléaire rapide et opaque de la Chine. Washington observe depuis plusieurs années l’accélération du programme d’armement nucléaire chinois, sans disposer d’une transparence comparable à celle des accords de vérification existant avec la Russie.
Contexte pour la France et l’Indo-Pacifique
La France dispose d’intérêts directs dans cette zone, avec des territoires en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, et une présence navale régulière dans l’Indo-Pacifique au titre de sa stratégie de défense. Un essai de ce type, mené à proximité d’espaces où plusieurs pays du Pacifique Sud sont liés par le traité de Rarotonga sur la dénucléarisation, concerne indirectement Paris, qui participe aux dialogues de sécurité régionaux avec l’Australie, le Japon et les États-Unis. La modernisation de la triade nucléaire chinoise, dont ce tir est une illustration, s’inscrit dans une compétition stratégique plus large avec les États-Unis, dans laquelle les alliés européens de Washington, y compris la France, suivent avec attention l’évolution des capacités de seconde frappe de Pékin.
Une modernisation nucléaire surveillée de près
Ce test s’ajoute à une série d’indices sur l’accélération du programme nucléaire chinois observés ces dernières années par les agences de renseignement occidentales, sans que Pékin ne fournisse le niveau de détail attendu par ses partenaires. L’absence de mécanisme de vérification comparable à ceux existant entre puissances nucléaires occidentales alimente la méfiance exprimée par Washington et ses alliés du Pacifique.
Les capitales concernées attendent désormais des clarifications supplémentaires de Pékin sur la fréquence et la portée de ce type d’essais.