Chine : Xi Jinping durcit la chasse à la corruption dans l’armée

Lors d'une session du Politburo le 31 juillet 2026, le président chinois a réclamé une purge plus poussée au sein de l'armée populaire de libération.

Chine : Xi Jinping durcit la chasse à la corruption dans l'armée
Illustration Camille Perrin / info.fr
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Xi Jinping a appelé le 31 juillet à intensifier la lutte contre la corruption dans l'armée chinoise, rappelant que « le canon du fusil doit toujours obéir au commandement du Parti ». Une déclaration qui s'inscrit dans une purge de grande ampleur entamée fin 2023.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le 31 juillet 2026, lors d'une session du Politburo, Xi Jinping a appelé à approfondir la lutte anti-corruption dans l'armée et à moderniser la défense nationale (Reuters/Xinhua).
  • Le président chinois a déclaré que « le canon du fusil doit toujours obéir au commandement du Parti » (Reuters).
  • En juin 2024, les anciens ministres de la Défense Li Shangfu et Wei Fenghe ont été exclus du Parti communiste pour corruption (Le Monde).
  • Fin 2023, au moins neuf généraux de haut rang avaient déjà été exclus du Parlement chinois (Les Echos).
  • Pékin vise l'achèvement de ses objectifs de modernisation militaire pour 2027, année du centenaire de l'APL (Le Figaro).
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 31 juillet à 14:14

Le message a été délivré depuis Pékin, lors d’une session du Politburo tenue le 30 juillet 2024. Xi Jinping a demandé aux dirigeants du Parti communiste chinois d’approfondir la lutte contre la corruption au sein de l’armée et d’accélérer la modernisation de la défense nationale, selon les agences Reuters et Xinhua. Une phrase, en particulier, a été relayée par de nombreux médias internationaux : « le canon du fusil doit toujours obéir au commandement du Parti ».

Vu de France, la formule peut surprendre par sa froideur martiale. Elle résume pourtant une obsession constante du pouvoir chinois depuis plus de deux ans : s’assurer que l’armée populaire de libération (APL), forte de plus de deux millions de soldats, reste sous contrôle politique absolu, sans faille ni fraude interne.

Ce qu’a dit Xi Jinping au Politburo

Selon Xinhua, cité par Reuters, le président chinois a lié explicitement deux chantiers lors de cette session : la discipline anti-corruption et la modernisation militaire. Le média singapourien The Straits Times a résumé l’annonce en une phrase sobre.

Le média officiel chinois CGTN Français a de son côté insisté sur l’articulation entre orientation politique et innovation technologique dans les propos présidentiels, rappelant l’échéance fixée par Pékin pour le centenaire de l’APL.

Une purge entamée fin 2023

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Cette sortie du 31 juillet ne surgit pas de nulle part. Elle prolonge une campagne de purification interne lancée il y a près de trois ans. Fin 2023, au moins neuf généraux de haut rang ainsi que plusieurs dirigeants d’entreprises liées à la défense avaient été exclus du Parlement chinois, selon Les Echos.

En juin 2024, l’affaire a franchi un nouveau seuil symbolique : les deux anciens ministres de la Défense Li Shangfu et Wei Fenghe ont été officiellement exclus du Parti communiste pour corruption, rapportait Le Monde. Deux poids lourds de l’appareil militaire, tombés en quelques mois d’intervalle, ce qui a marqué à l’époque les observateurs de la vie politique chinoise.

La Force des fusées, maillon particulièrement visé

Parmi les unités les plus touchées par ces enquêtes figure la Force des fusées de l’APL, chargée de la dissuasion nucléaire et des missiles stratégiques du pays, selon le South China Morning Post. C’est un point sensible : cette force conditionne la crédibilité de la dissuasion chinoise, au moment où Pékin cherche à moderniser l’ensemble de son arsenal.

Face à ces révélations, Xi Jinping avait convoqué en juin 2024 une réunion extraordinaire de la Commission militaire centrale à Yan’an, ville symbole de l’histoire du Parti, pour aborder frontalement ce qu’il qualifiait de faiblesses idéologiques dans les rangs de l’armée, selon Xinhua.

Contexte : ce que cible réellement cette chasse à la corruption

Les enquêtes et audits en cours se concentrent en priorité sur les pots-de-vin et les fraudes dans le système d’acquisition et d’approvisionnement des équipements militaires, précise Bloomberg. Concrètement, ce sont les marchés d’armement, les contrats avec les industriels de défense et les circuits de financement de la modernisation qui sont passés au crible.

Le chercheur en géopolitique connu sous le nom @observatoiregeo a résumé sur X la portée de la déclaration présidentielle du 31 juillet, en la reliant directement à cet objectif de fiabilisation de l’armée.

Pour Pékin, l’enjeu dépasse la seule discipline interne. Selon Le Figaro, cette campagne de purification vise à garantir la loyauté absolue des troupes et à sécuriser l’atteinte des objectifs de modernisation militaire fixés pour 2027, année du centenaire de la fondation de l’APL. Un calendrier que la direction chinoise ne souhaite visiblement pas voir compromis par des scandales de corruption ou des défaillances d’équipement liées à des malversations.

Ce que cela change, vu de l’extérieur

Pour les diplomaties occidentales, ces purges répétées sont scrutées comme un indicateur de la solidité réelle de l’appareil militaire chinois. Une armée qui multiplie les enquêtes internes sur ses propres généraux et ses circuits d’approvisionnement envoie un signal ambivalent : celui d’un pouvoir qui reprend fermement la main, mais aussi celui de failles bien réelles dans la chaîne de commandement et d’achat d’armement, révélées au fil des dernières années.

Aucune nouvelle exclusion nominative n’a été annoncée lors de cette session du Politburo du 31 juillet. Xi Jinping a formulé une orientation politique, pas un bilan chiffré de la campagne en cours. Les prochaines étapes de cette purge, comme les précédentes, devraient se mesurer aux annonces à venir de la Commission militaire centrale et aux communiqués du Parlement chinois sur d’éventuelles nouvelles exclusions.

Camille
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Sources

Camille Perrin

Camille Perrin

Camille Perrin est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Pekin. basée sur place, Elle couvre l'actualité de la Chine pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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