CHU de Rennes : un protocole Santé-Sécurité-Justice signé face à la hausse des violences
Le préfet, la maire, le procureur et la direction du CHU ont formalisé le 29 mai 2026 une coopération élargie pour protéger soignants et patients.
Le 29 mai 2026, quatre autorités rennaises ont signé un nouveau protocole Santé-Sécurité-Justice au CHU de Rennes. Contexte les violences déclarées ont bondi de 12,5 % entre 2024 et 2025. Le texte intègre pour la première fois la police municipale.
L’essentiel
- Signature le 29 mai 2026 : protocole conclu entre le préfet Franck Robine, la maire Nathalie Appéré, le procureur Frédéric Teillet et la directrice générale du CHU Virginie Valentin.
- +12,5 % de violences : les actes de violence au CHU de Rennes ont augmenté de 12,5 % entre 2024 et 2025, selon Ouest-France et Le Télégramme.
- ~600 signalements en 2025 : l’Observatoire national des violences en santé (ONVS) a recensé environ 600 signalements en 2025, contre 477 en 2024, soit une hausse d’environ 28 %.
- 36 plaintes depuis début 2025 : chiffre rapporté par Ouest-France, en lien avec l’accélération du protocole de dépôt de plainte.
- Premier texte à intégrer la police municipale comme partenaire à part entière du dispositif.
Ce qui s’est passé le 29 mai
La cérémonie de signature s’est tenue dans les locaux du CHU de Rennes. Autour de la table : le préfet de Bretagne Franck Robine, la maire de Rennes Nathalie Appéré, le procureur de la République Frédéric Teillet et la directrice générale de l’établissement Virginie Valentin. Le directeur interdépartemental de la police nationale Yannick Blouin, le Pr Renaud Bouvet et le colonel Nicolas Benevent, commandant le groupement de gendarmerie d’Ille-et-Vilaine, figuraient également parmi les intervenants, selon Rennes Infos Autrement.
La préfecture de Bretagne a publié le 1er juin un post officiel avec quatre photos de la cérémonie.
Un texte actualisé, pas créé ex nihilo
Ce protocole 2026 n’est pas une première. Une coopération formalisée existait déjà depuis 2018 entre le CHU, les forces de l’ordre et le parquet de Rennes, elle-même ancrée dans des conventions nationales santé-sécurité-justice datant de 2005 et 2010, selon Rennes Infos Autrement. Le texte signé en mai actualise et élargit ce cadre.
Principale nouveauté : l’intégration de la police municipale de Rennes comme partenaire officiel, ce qui constitue une première pour ce type de protocole local. En parallèle, dans le département, le préfet d’Ille-et-Vilaine mène d’autres actions de coordination territoriale, comme l’appel à candidatures pour commissaires enquêteurs lancé récemment.
Ce que prévoit concrètement le protocole
Quatre axes structurent le texte, d’après les informations recoupées entre Le Télégramme, Ouest-France et la préfecture :
Dépôt de plainte simplifié. Le CHU peut désormais porter plainte en lieu et place du soignant agressé, sous réserve de son autorisation écrite. L’objectif est de réduire la charge pesant sur un agent déjà traumatisé et d’accélérer les procédures.
Échanges opérationnels renforcés. Des points de rendez-vous sécurisés sont définis pour SAMU, police et pompiers. Des patrouilles de police municipale sont prévues sur la passerelle Anatole-France et aux abords de la fourrière. Les forces de l’ordre blessées en service bénéficieront d’un accueil discret aux urgences.
Gestion des détenus hospitalisés. Une disposition inédite autorise les médecins à retirer le bracelet électronique d’un détenu lorsqu’un soin urgent l’exige.
Risque attentat. La gestion des situations sanitaires exceptionnelles et le scénario attentat sont formellement intégrés au protocole, coordonnant les rôles respectifs de chaque institution.
Le procureur Frédéric Teillet a résumé l’enjeu dans une formule reprise par Le Télégramme : « Porter atteinte à un soignant affecte en réalité tout le service ».
Des chiffres qui justifient l’urgence
La hausse est documentée sur deux exercices consécutifs. Selon Ouest-France et Le Télégramme, les actes de violences déclarés au CHU de Rennes ont progressé de 12,5 % entre 2024 et 2025. Les signalements transmis à l’ONVS sont passés de 477 en 2024 à environ 600 en 2025, soit une hausse d’environ 28 %. Depuis le début de l’année 2025, 36 plaintes ont été déposées.
Ces chiffres restent locaux. À titre de comparaison, la ville de Rennes renforce également sa présence sécuritaire dans l’espace public : jusqu’à quatre drones de police sont déployés en centre-ville tout le mois de juin dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic.
Contexte dans le département (Ille-et-Vilaine)
Le CHU de Rennes est le principal établissement de santé d’Ille-et-Vilaine et le centre de référence régional pour la Bretagne. Sa taille et son activité - urgences, SAMU, services psychiatriques - en font un lieu particulièrement exposé aux tensions. La ville de Rennes concentre une part significative des interventions des forces de l’ordre du département.
Les violences en milieu hospitalier constituent un phénomène national : l’ONVS publie chaque année un rapport agrégé montrant une tendance à la hausse dans la majorité des CHU. Le protocole rennais s’inscrit dans ce cadre mais va plus loin sur plusieurs points - l’intégration municipale et la clause bracelet électronique notamment - selon Le Télégramme.
Du côté sécuritaire départemental, des opérations coordonnées police-justice se multiplient en 2026 dans plusieurs territoires, comme en Ariège avec une vaste opération contre la drogue et la contrebande.
Les signataires en quelques mots
Le préfet Franck Robine a précisé le sens du texte : « La parfaite articulation des forces de sécurité intérieure, de la police municipale, du parquet, du CHU de Rennes est indispensable. C’est ce souci de coordination et de complémentarité entre la sécurité, la justice et la santé qui a guidé la rédaction de ce protocole », selon le post officiel de la préfecture de Bretagne.
Virginie Valentin, directrice générale du CHU, a déclaré : « Tout le monde se tient à nos côtés pour que l’hôpital reste ce qu’il doit être : un espace de droit, un espace de soins et surtout un espace d’humanité », rapporte Rennes Infos Autrement. La maire Nathalie Appéré a souligné que le protocole « permet à chacun d’être plus réactif et plus efficace ».
Les modalités de suivi et d’évaluation du protocole n’ont pas été précisées dans les sources disponibles à ce stade.
Sources
- Préfecture de Bretagne (@bretagnegouv) : Post officiel préfecture de Bretagne – signature protocole Santé-Sécurité-Justice
- Ouest-France : Face aux violences, le CHU de Rennes, la justice et les forces de sécurité renforcent leur coopération
- Le Télégramme : « Porter atteinte à un soignant affecte tout le service » : ce que va changer cet accord inédit entre le CHU de Rennes et la police
- Rennes Infos Autrement : Au CHU de Rennes, un protocole renforcé pour mieux protéger soignants et patients