Comment mettre un tampon : guide pratique
En bref
Pour mettre un tampon, lavez-vous les mains, adoptez une position confortable (debout jambes écartées ou assise), insérez le tampon dans le vagin en orientant vers le bas du dos jusqu'à ce qu'il soit confortablement placé. Changez-le toutes les 4 à 6 heures maximum et ne le portez jamais plus de 6 heures pour éviter le syndrome de choc toxique.
Plus de 2,8 milliards de produits de protection intime sont vendus chaque année en France, dont une part importante de tampons. Bien que 19% des femmes françaises utilisent régulièrement des tampons en 2021, contre 33% en 2003, cette protection interne reste populaire pour sa discrétion et sa praticité. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) rappellent l'importance de respecter les règles d'hygiène pour éviter les risques, notamment le syndrome de choc toxique qui touche une centaine de cas par an en France.
Les étapes à suivre
Étape 1 : Se laver les mains soigneusement
Avant toute manipulation d'un tampon hygiénique, il est essentiel de se laver les mains avec de l'eau et du savon. Cette étape cruciale permet d'éviter d'introduire des bactéries dans le vagin. L'Anses insiste sur cette règle d'hygiène fondamentale dans ses recommandations officielles. Le vagin n'est pas un espace stérile, mais cela ne signifie pas qu'on peut y introduire des germes supplémentaires via le tampon. Si vous tenez le tampon avec des mains porteuses de bactéries, celles-ci se déposent sur le tampon et seront ensuite introduites dans le vagin, augmentant les risques d'infection. Séchez-vous bien les mains après le lavage pour faciliter la manipulation du tampon.
Étape 2 : Choisir le bon niveau d'absorption
Les tampons existent en différentes tailles avec des niveaux d'absorption variés : mini, regular (normal) et super. L'Anses recommande de choisir un tampon avec une absorption adaptée à votre flux menstruel pour pouvoir le changer régulièrement. Les tampons mini conviennent aux flux légers et aux jeunes filles débutantes. Le niveau super est destiné aux flux abondants. Utiliser un tampon trop absorbant et le garder trop longtemps augmente le risque de syndrome de choc toxique. Il est également important de savoir qu'il existe deux types de tampons : avec applicateur (en carton ou plastique) qui facilite l'insertion sans mettre le doigt dans le vagin, et sans applicateur, à insérer directement avec l'index.
Étape 3 : Adopter une position confortable
Pour faciliter l'insertion du tampon, trouvez une position qui vous convient. Les positions les plus courantes sont : debout avec les jambes légèrement fléchies et écartées, assise sur les toilettes, ou avec une jambe surélevée sur le rebord de la baignoire ou des toilettes. Quelques essais seront nécessaires pour trouver la position qui vous convient le mieux. Il est recommandé d'être détendue car si vous êtes stressée, les muscles du périnée peuvent se contracter et empêcher le tampon d'entrer correctement. Pour les premiers essais, privilégiez le 2e jour des règles lorsque le flux est plus abondant, ce qui facilite l'insertion.
Étape 4 : Insérer le tampon correctement
Retirez l'emballage protecteur du tampon juste avant l'insertion. Pour un tampon sans applicateur, introduisez-le dans le vagin directement avec l'index. Pour un tampon avec applicateur, placez l'applicateur à l'entrée du vagin et poussez. L'orientation est cruciale : visez approximativement le bas du dos, en suivant l'angle naturel du vagin. Enfoncez le tampon assez profondément pour qu'il ne vous gêne pas. S'il n'est pas bien placé, il risque de provoquer une sensation désagréable de frottement. Quand le tampon est correctement positionné au centre du vagin, vous ne devez absolument pas le sentir car cette zone contient peu de nerfs sensoriels. Seule la ficelle doit rester à l'extérieur.
Étape 5 : Respecter le temps de port maximal
Selon les recommandations officielles de l'Anses et du Ministère de l'Économie, le temps de port maximal d'un tampon est de 6 heures. Une étude de l'INSERM menée auprès de 180 femmes a montré que le port de tampon pendant plus de 6 heures ou au cours de la nuit est associé à un risque multiplié par 2 de syndrome de choc toxique. Il est conseillé de changer de protection toutes les 4 heures maximum durant la journée pour ne prendre aucun risque. L'INSERM estime qu'il se produit une centaine de cas de syndrome de choc toxique menstruel chaque année en France, principalement chez les adolescentes. Pour la nuit, privilégiez une serviette hygiénique ou une culotte menstruelle qui ne présentent aucun risque de choc toxique.
Étape 6 : Retirer le tampon en toute sécurité
Pour retirer le tampon, lavez-vous d'abord soigneusement les mains. Trouvez une position confortable comme accroupie ou debout avec une jambe légèrement surélevée. Utilisez la ficelle attachée au tampon pour le retirer en tirant doucement vers le bas et vers l'avant. Le tampon dispose d'une ficelle assez longue spécialement conçue pour le retrait. Si la ficelle se détache, pas de panique : un tampon peut sortir naturellement du vagin. Si vous ne réussissez pas à l'expulser naturellement, consultez votre gynécologue. Une fois retiré, enveloppez le tampon dans du papier toilette avant de le jeter à la poubelle. Ne le jetez jamais dans les toilettes car il gonfle avec l'eau et risque d'obstruer les canalisations. Lavez-vous à nouveau les mains après le retrait.
💡 Conseils et astuces
- Utilisez des tampons uniquement pendant vos règles, jamais avant ou après pour absorber des pertes vaginales
- Alternez entre tampon et serviette hygiénique au cours de la journée pour réduire les risques
- N'utilisez jamais deux tampons en même temps, même en cas de flux abondant
- Si vous vous baignez avec un tampon, changez-le immédiatement après car le chlore ou l'eau salée peuvent provoquer des irritations
- Environ 1% des femmes portent dans leur vagin la bactérie staphylocoque doré : si vous avez déjà eu un syndrome de choc toxique, n'utilisez plus de tampons
- Conservez vos tampons dans leur emballage jusqu'à utilisation pour les protéger de la saleté et des bactéries
❓ Questions fréquentes
Combien de temps peut-on garder un tampon ?
Le temps de port maximal recommandé par l'Anses est de 6 heures. Il est conseillé de changer votre tampon toutes les 4 heures durant la journée. Le risque de syndrome de choc toxique est multiplié par 2 lorsqu'on garde un tampon plus de 6 heures.
Peut-on dormir avec un tampon ?
Il est déconseillé de porter un tampon la nuit. Le port de tampon au cours de la nuit est associé à un risque plus élevé de syndrome de choc toxique selon une étude de l'INSERM. Privilégiez une serviette hygiénique spéciale nuit ou une culotte menstruelle.
Qu'est-ce que le syndrome de choc toxique ?
Le syndrome de choc toxique menstruel est une maladie infectieuse grave causée par la bactérie staphylocoque doré qui produit une toxine. L'INSERM estime qu'il se produit une centaine de cas par an en France. Les symptômes incluent une fièvre supérieure à 39°C, des vomissements, des éruptions cutanées et des vertiges. C'est une urgence médicale.
Combien de tampons utilise-t-on dans une vie ?
Une femme utilise environ 11 400 tampons au cours de sa vie selon les estimations, soit entre 10 000 et 15 000 produits menstruels au total. En France, plus de 2,8 milliards de produits de protection intime sont vendus chaque année.
Les tampons contiennent-ils des substances dangereuses ?
L'Anses a réalisé des tests qui ont révélé la présence de substances chimiques dans les tampons, mais sans dépassement des seuils sanitaires. L'Agence n'a pas mis en évidence de risque lié à leur présence, mais recommande aux fabricants d'améliorer la qualité des matières premières pour éliminer les perturbateurs endocriniens et substances cancérogènes.
📚 Sources
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