Corrèze : 5 interdictions de paraître, 5 expulsions et 2 fermetures contre le narcotrafic
Le préfet Vincent Berton applique pour la première fois la loi du 13 juin 2025 dans le département, avec douze mesures coercitives annoncées.
Le préfet de la Corrèze a prononcé 5 interdictions de paraître, 5 expulsions locatives et 2 fermetures administratives contre des personnes liées au trafic de stupéfiants. Ces mesures, annoncées le 13 juin 2026, s'appuient sur la loi n° 2025-532 entrée en vigueur il y a exactement un an.
L’essentiel
- 12 mesures : 5 interdictions de paraître, 5 expulsions locatives et 2 fermetures administratives prononcées par le préfet de la Corrèze.
- Fondement légal : loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, publiée au Journal officiel le 14 juin 2025.
- Précédents locaux : deux fermetures déjà prononcées à Brive-la-Gaillarde (avril et mai 2026) avant ce bilan global.
- Contexte chiffré : 289 amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants délivrées en Corrèze en 2025, selon La Montagne, avec une hausse de 91 % des personnes mises en cause pour narcotrafic.
Douze mesures en un an d’application
Le préfet de la Corrèze Vincent Berton a annoncé le 13 juin 2026 un premier bilan chiffré des mesures prises sous l’empire de la loi du 13 juin 2025. Sur son compte X officiel (@Prefet19), la préfecture fait état de cinq interdictions administratives de paraître, cinq expulsions locatives et deux fermetures administratives d’établissements, toutes liées au trafic de stupéfiants.
L’annonce coïncide avec le premier anniversaire de la loi. Aucune commune ni quartier précis n’est mentionné dans la communication préfectorale pour ces douze mesures. Les noms des personnes visées ne sont pas rendus publics.
Ce que permet la loi du 13 juin 2025
La loi n° 2025-532 a créé plusieurs outils administratifs inédits. Elle autorise le préfet à prononcer une interdiction de paraître dans un périmètre déterminé - typiquement un point de deal identifié - à l’encontre de toute personne dont l’activité contribue au trafic de stupéfiants. Cette mesure est administrative : elle ne nécessite pas de condamnation pénale préalable.
La loi permet également au préfet d’enjoindre un bailleur - public ou privé - de résilier le bail d’un locataire impliqué dans le trafic, selon les modalités précisées sur le site de l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil). Enfin, les fermetures administratives de commerces utilisés pour blanchir ou faciliter le trafic peuvent être ordonnées pour une durée déterminée.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait transmis une circulaire aux préfets pour préciser les conditions d’application de ces dispositions, selon Public Sénat.
Brive-la-Gaillarde, déjà dans le viseur
Avant ce bilan global, deux établissements brivistes avaient déjà fait l’objet de fermetures administratives. En avril 2026, le commerce « Kannathera » avait été fermé pour un mois à la suite de constats liés à des infractions à la législation sur les stupéfiants.
En mai 2026, c’est « L’Estaminet Farro », également à Brive-la-Gaillarde, qui avait écopé d’une fermeture de deux semaines pour les mêmes motifs.
Ces deux fermetures semblent comptabilisées dans le bilan des deux fermetures administratives annoncées le 13 juin 2026. La préfecture n’a pas précisé si d’autres établissements ou communes sont concernés par les interdictions de paraître et expulsions locatives.
Contexte dans la Corrèze
Le département reste globalement peu touché par la grande criminalité. Le bilan délinquance 2025 fait état d’une baisse de 2 % des faits délictuels enregistrés, selon ici.fr. Mais les trafics de stupéfiants constituent l’un des rares secteurs en progression. Selon La Montagne, 289 amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants ont été délivrées en 2025 dans le département, avec une hausse de 91 % des personnes mises en cause pour narcotrafic - chiffre à prendre avec prudence, issu d’une source unique.
Cette progression alimente la mobilisation préfectorale. La Corrèze n’est pas un département de grande métropole, mais les réseaux de revente s’y sont structurés, notamment à Brive-la-Gaillarde, première ville du département avec environ 47 000 habitants. La vie publique briviste est d’ailleurs régulièrement traversée par des affaires judiciaires de nature diverse.
À l’échelle nationale, l’installation de nouveaux préfets s’accompagne souvent d’une montée en puissance des outils administratifs de sécurité. Dans d’autres départements, les préfets nouvellement nommés ont également affiché des bilans chiffrés en matière d’ordre public dans leurs premières semaines.
Des mesures sans adresse connue du public
La communication préfectorale reste volontairement générale. Ni les adresses précises des interdictions de paraître, ni les quartiers concernés par les expulsions locatives ne sont rendus publics. Cette discrétion est conforme à la pratique administrative : les mesures individuelles ne sont notifiées qu’aux personnes visées et, le cas échéant, aux bailleurs concernés.
Vincent Berton, nommé préfet de la Corrèze par décret du 15 janvier 2025, n’a pas accordé d’entretien à la presse locale sur ce bilan à la date de publication de cet article. La préfecture n’a pas précisé si d’autres mesures sont en cours d’instruction.
Un prochain bilan intermédiaire pourrait être communiqué à l’automne, calendrier habituel des bilans préfectoraux de sécurité dans le département.
Sources
- Préfecture de la Corrèze (@Prefet19) : Bilan narcotrafic — 5 interdictions de paraître, 5 expulsions, 2 fermetures
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- La Montagne : Narcotrafic, accidents, violences, cambriolages... quel bilan de la délinquance en Corrèze ?
- Public Sénat : Interdiction de paraître sur des points de deal, expulsion locative : Bruno Retailleau transmet une nouvelle circulaire aux préfets
