Corruption autour des stands de tir : deux gendarmes de l’Essonne jugés à Évry

Un adjudant-chef, un major et un homme d'affaires comparaissent le 26 mai 2026 pour un pacte impliquant 140 000 €, une maison et des promesses d'emploi.

Corruption autour des stands de tir : deux gendarmes de l'Essonne jugés à Évry
Illustration Caroline Petit / info.fr

Deux militaires de la brigade de Saint-Germain-lès-Corbeil et un entrepreneur essonnien sont jugés ce 26 mai 2026 devant le tribunal correctionnel d'Évry. Ils sont poursuivis pour corruption active et passive dans le secteur des stands de tir et armureries d'Essonne et de Seine-et-Marne.

Deux militaires de la brigade de Saint-Germain-lès-Corbeil et un entrepreneur essonnien sont jugés ce 26 mai 2026 devant le tribunal correctionnel d’Évry. Ils sont poursuivis pour corruption active et passive dans le secteur des stands de tir et armureries d’Essonne et de Seine-et-Marne.

L’essentiel

  • Audience : le 26 mai 2026 au tribunal correctionnel d’Évry, trois prévenus dont deux gendarmes de la brigade de Saint-Germain-lès-Corbeil.
  • Somme en jeu : 140 000 € d’arriérés sur une armurerie que les gendarmes auraient aidé à recouvrer, selon Le Parisien.
  • Saisies : un bien immobilier estimé à 463 000 € et 48 000 € sur des comptes bancaires, saisis lors des perquisitions de septembre 2025 (Le Figaro).
  • Enquête : ouverte en mars 2025 par le parquet d’Évry, menée par la section de recherches de Paris et l’IGGN, avec plus de 50 militaires impliqués.
  • Qualifications : corruption active et passive, violation du secret d’une enquête, détournement des finalités d’un fichier.

Un pacte autour des stands de tir

L’affaire prend sa source dans le secteur des centres de tir et armureries en Essonne et en Seine-et-Marne. Karim L., homme d’affaires essonnien passé par le monde de la nuit parisien puis reconverti dans l’immobilier et l’investissement dans des structures de tir, cherchait à s’implanter sur ce marché. Selon Le Parisien, il aurait obtenu l’aide de deux gendarmes pour y parvenir.

Les deux militaires - un adjudant-chef et un major rattachés à la brigade de Saint-Germain-lès-Corbeil (4 Route de Mauperthuis, selon le site officiel de la gendarmerie) - sont soupçonnés d’avoir usé de leurs fonctions pour favoriser les intérêts de Karim L. Concrètement, ils auraient facilité le recouvrement de 140 000 € d’arriérés liés à une armurerie, en traitant avec favoritisme des plaintes déposées contre des concurrents directs de l’entrepreneur.

La contrepartie : une maison et des postes promis

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En échange de ces services, les deux gendarmes auraient reçu - ou eu la promesse de recevoir - une maison et des postes ou emplois, selon les informations de Le Parisien et de 20 Minutes. Les perquisitions menées en septembre 2025 ont permis de saisir un bien immobilier évalué à 463 000 euros ainsi que 48 000 euros sur des comptes bancaires, rapporte Le Figaro.

Les soupçons initiaux de trafic d’armes, évoqués au moment des gardes à vue, n’ont pas été confirmés et ne figurent pas dans les qualifications retenues pour le procès.

Une enquête d’ampleur, déclenchée en mars 2025

Le parquet d’Évry, alors dirigé par le procureur Grégoire Dulin, a ouvert l’enquête en mars 2025. La section de recherches de Paris et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) ont été chargées des investigations. Plus de 50 militaires ont été entendus ou impliqués dans la procédure, selon Le Parisien.

Le 16 septembre 2025, les trois hommes sont interpellés et placés en garde à vue à Saint-Germain-lès-Corbeil. Les deux gendarmes sont remis en liberté dès le lendemain, sans contrôle judiciaire, précise Le Figaro. Une procédure préliminaire s’ouvre alors, aboutissant au renvoi devant le tribunal correctionnel d’Évry.

Cette affaire de corruption dans les forces de l’ordre n’est pas sans rappeler le cas de Fumel, où un gendarme et un conseiller municipal avaient été mis en examen pour corruption dans un contexte similaire d’abus de fonctions.

Les qualifications retenues

Le dossier repose sur quatre chefs d’inculpation, selon Le Figaro et L’Essor : corruption active et passive, violation du secret d’une enquête, et détournement des finalités d’un fichier. Ce dernier point vise l’utilisation présumée de bases de données réservées aux forces de l’ordre à des fins privées, au bénéfice de Karim L.

Les plaintes déposées contre des concurrents du secteur des stands de tir - en Essonne et en Seine-et-Marne - auraient été orientées de manière à fragiliser ces adversaires commerciaux, permettant à Karim L. de prendre position sur ce marché, d’après les deux médias cités.

Contexte dans l’Essonne

L’Essonne compte plusieurs brigades de gendarmerie couvrant un territoire à la fois dense en population (autour d’Évry-Courcouronnes, préfecture) et marqué par des zones péri-urbaines et rurales au sud du département. Saint-Germain-lès-Corbeil, commune d’environ 6 500 habitants dans la vallée de la Seine, dépend du groupement de gendarmerie de l’Essonne.

Le tribunal correctionnel d’Évry traite régulièrement des affaires impliquant des agents publics du département. La saisine conjointe de l’IGGN - organe de contrôle interne de la gendarmerie - et de la section de recherches de Paris illustre la nature sensible du dossier : les enquêteurs n’appartenaient pas à la même structure que les mis en cause, garantie procédurale habituelle dans les affaires visant des militaires.

Le secteur des stands de tir commerciaux a connu un développement notable en Île-de-France ces dernières années. La multiplicité des acteurs et les conditions d’agrément ont pu créer des opportunités pour des pratiques de favoritisme, selon les éléments rapportés par Le Parisien.

La suite judiciaire

Le verdict du tribunal correctionnel d’Évry n’était pas connu au moment de la publication de cet article. Les trois prévenus comparaissent libres. Les peines encourues pour corruption passive, dans le cas des agents publics, peuvent aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 1 million d’euros d’amende.

La décision du tribunal est attendue à l’issue de l’audience du 26 mai 2026.

Sources

Caroline Petit

Caroline Petit

Caroline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Essonne (91), avec Évry-Courcouronnes pour chef-lieu. Spécialité du département : Genopole (biotech) et Saclay (recherche). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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