Côte-d’Or : plus d’1 million d’euros d’aides d’urgence versés aux agriculteurs bovins et céréaliers
Deux fonds d'État distincts ont bénéficié à 332 exploitations du département, selon un communiqué préfectoral du 15 juin 2026.
La préfecture de Côte-d'Or a annoncé le 15 juin 2026 le versement de plus d'un million d'euros d'aides d'urgence à des agriculteurs du département. Deux dispositifs sont concernés l'un lié à la dermatose nodulaire contagieuse bovine, l'autre aux difficultés des céréaliers et producteurs de protéagineux.
L’essentiel
- Total versé : plus d’1 million d’euros d’aides d’urgence en Côte-d’Or, selon la préfecture (communiqué du 15 juin 2026)
- Éleveurs bovins : ~135 000 € répartis entre 49 exploitations touchées par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC)
- Céréaliers et protéagineux : plus de 910 000 € versés à 283 exploitations, sur un fonds national de 35 M€
- Montants forfaitaires DNC : 1 663 €, 2 772 € ou 3 881 € selon le niveau d’impact ; 3 006 € pour les céréaliers (4 509 € si installés depuis moins de 5 ans)
Deux crises, deux dispositifs
La préfecture de Côte-d’Or a publié le 15 juin 2026 un bilan chiffré des aides d’urgence versées aux exploitations agricoles du département. Deux fonds distincts ont été mobilisés, répondant à des crises de nature différente : l’une sanitaire, l’autre économique et climatique.
Le premier concerne la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC), maladie virale qui touche les bovins. Le second vise les exploitations céréalières et productrices de protéagineux fragilisées par la conjonction d’une baisse des cours, d’aléas climatiques et d’une hausse des coûts de production.
Le fonds DNC : 49 éleveurs bovins aidés
Le fonds d’urgence DNC a été mis en place en décembre 2025 par le ministère de l’Agriculture. Il s’adresse aux éleveurs dont le siège d’exploitation se situe dans la zone réglementée (ZR) définie après l’apparition de la DNC en France, zone qui inclut une partie de la Côte-d’Or depuis octobre 2025.
L’aide est forfaitaire, calibrée en trois tranches selon l’impact subi : 1 663 €, 2 772 € ou 3 881 €. Les dossiers ont été instruits par la Direction départementale des territoires (DDT). En Côte-d’Or, 49 demandes ont été jugées éligibles. Les versements ont eu lieu début mai 2026, pour un total de près de 135 000 €, selon infos-dijon.com.
Les conditions d’éligibilité incluaient notamment la présence de bovins identifiés dans la base nationale de données d’identification (BDNI) et le respect du protocole vaccinal en vigueur dans la zone réglementée. Les demandes devaient être déposées avant le 20 février 2026 via la plateforme Démarches simplifiées.
Le fonds céréalier : 283 exploitations, plus de 910 000 €
Le second dispositif est adossé à une enveloppe nationale de 35 millions d’euros, dédiée aux exploitations céréalières et protéagineuses. L’aide forfaitaire est fixée à 3 006 € par exploitation, portée à 4 509 € pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans - une majoration destinée à soutenir les jeunes exploitants en phase de démarrage.
En Côte-d’Or, 283 demandes ont été retenues, pour un total déjà versé dépassant 910 000 €, selon le communiqué préfectoral relayé par infos-dijon.com et agribourgogne.fr. Ce fonds répond à une accumulation de facteurs : effondrement des prix du blé et des légumineuses sur les marchés, récoltes dégradées par les conditions climatiques de 2024-2025, et renchérissement des intrants.
Contexte dans la Côte-d’Or
La Côte-d’Or est l’un des départements agricoles structurants de Bourgogne-Franche-Comté. L’agriculture y est diversifiée : viticulture (Côte de Nuits, Côte de Beaune), élevage bovin allaitant et laitier, et grandes cultures céréalières dans le nord du département (plaine de la Saône, secteur de l’Auxois). Ces deux derniers secteurs sont précisément ceux que visent les fonds mobilisés.
L’enveloppe régionale BFC pour le seul fonds DNC s’élève à 4,775 millions d’euros, dont la part côte-d’orienne (135 000 €) représente environ 3 % - signe que d’autres départements de la région ont été plus fortement touchés par l’épizootie. La DDT 21 a assuré l’instruction locale des dossiers pour les deux dispositifs.
Pour les céréaliers, la Côte-d’Or concentre à elle seule une fraction significative des bénéficiaires. À titre de comparaison, 283 exploitations aidées représentent un volume notable dans un département qui comptait, selon les dernières statistiques disponibles, plusieurs milliers d’exploitations céréalières actives. Les aides distribuées par l’État en réponse aux crises agricoles font l’objet d’un suivi croissant depuis le mouvement de contestation agricole de 2024, qui avait mis sous pression l’ensemble des pouvoirs publics.
D’autres alertes ont mobilisé les services préfectoraux en Bourgogne-Franche-Comté ces dernières semaines, notamment sur les risques climatiques estivaux dans la région, tandis que des crises locales d’une autre nature ont également mobilisé les services de secours dans des zones rurales voisines.
Des montants jugés insuffisants par certains syndicats
Les chiffres annoncés par la préfecture font état du volume déjà distribué, mais ne précisent pas si tous les dossiers déposés ont bien été traités. Les montants forfaitaires - entre 1 663 € et 4 509 € selon les cas - ont suscité des réserves dans certaines organisations professionnelles agricoles, qui pointaient dès le lancement des fonds le décalage entre ces montants et les pertes réelles enregistrées par exploitation. Ces réactions n’ont pas été reprises dans le communiqué préfectoral du 15 juin.
Les deux fonds restent des mesures d’urgence ponctuelles. Aucune pérennisation n’a été annoncée à ce stade par le ministère de l’Agriculture.
La préfecture n’a pas précisé si des compléments de versement sont prévus pour les dossiers en attente d’instruction dans l’un ou l’autre des deux dispositifs.
Sources
- Préfet 21 / BFC (@Prefet21_BFC) : Tweet officiel préfecture Côte-d'Or – bilan des aides versées
- Infos Dijon : Côte-d'Or : l'État a versé un million d'euros aux agriculteurs au travers de fonds d'urgence
- Préfecture de la Côte-d'Or : DNC – fonds d'urgence pour soutenir les exploitations les plus fragilisées

