Côte-d’Or : un comité opérationnel contre la prostitution des mineurs lancé à Dijon
Réunion inaugurale le 13 mai 2026 à la préfecture de Dijon pour coordonner repérage, protection et accompagnement des jeunes victimes en Côte-d'Or.
La préfecture de la Côte-d'Or a réuni pour la première fois, le 13 mai 2026, un comité opérationnel dédié aux mineurs victimes de prostitution. Une dizaine de structures - État, justice, éducation, santé, associations - siègent ensemble pour éviter les ruptures de prise en charge.
La préfecture de la Côte-d’Or a réuni pour la première fois, le 13 mai 2026, un comité opérationnel dédié aux mineurs victimes de prostitution. Une dizaine de structures - État, justice, éducation, santé, associations - siègent ensemble pour éviter les ruptures de prise en charge.
L’essentiel
- Date : première réunion du comité le 13 mai 2026 à la préfecture de Dijon.
- Présidence : Aurélie Contrecivile, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète de la Côte-d’Or.
- Participants : services de l’État, Conseil départemental, Gendarmerie, Police nationale, Procureur de Dijon, Éducation nationale, Protection judiciaire de la jeunesse, associations spécialisées et Unité d’Accueil Pédiatrique Enfant en Danger du CHU de Dijon.
- Contexte national : 704 mineures recensées victimes de prostitution en France en 2025, soit +6,7 % par rapport à 2024 et +43 % en quatre ans, selon BFMTV et Libération.
- Cadre national : initiative s’inscrivant dans la stratégie nationale lancée le 2 mai 2024 et dans le plan interministériel de 2021 doté de 14 millions d’euros.
Ce qui s’est passé le 13 mai
Cet après-midi du 13 mai 2026, la préfecture de la Côte-d’Or a réuni, dans ses locaux dijonnais, les acteurs locaux de la protection de l’enfance autour d’un objectif unique : coordonner les interventions auprès des mineurs victimes de prostitution. La réunion inaugurale du comité opérationnel de coordination des parcours a été annoncée par le compte officiel de la préfecture sur X.
Le comité est présidé par Aurélie Contrecivile, sous-préfète et directrice de cabinet de la préfète. Son lancement est porté conjointement par la préfète de département et le président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, en partenariat avec le ministère de la Justice.
Qui siège dans ce comité
La composition du comité couvre l’ensemble de la chaîne de prise en charge. Côté répression et justice : la Gendarmerie nationale, la Police nationale et le Procureur de la République de Dijon. Côté éducation et jeunesse : les services académiques de l’Éducation nationale et la Protection judiciaire de la jeunesse. Côté santé : l’Unité d’Accueil Pédiatrique Enfant en Danger (UAPED) du CHU de Dijon, structure spécialisée dans la prise en charge médicale et psychologique des enfants en danger. Des associations spécialisées complètent le tableau, selon la préfecture.
Cette configuration multisectorielle vise à supprimer les angles morts entre institutions. Un mineur repéré par un enseignant, orienté vers la police, puis vers une association, peut aujourd’hui se retrouver sans suivi cohérent d’une étape à l’autre. C’est précisément cet écueil que le comité entend corriger, selon l’objectif affiché par la préfecture.
L’objectif : sécuriser les parcours sans rupture
La mission assignée au comité est formulée en quatre verbes : repérer, protéger, accompagner, sécuriser. Les ruptures de prise en charge sont identifiées comme un facteur aggravant la vulnérabilité des victimes. Un mineur qui perd contact avec un référent ou qui n’est pas orienté rapidement vers un hébergement adapté risque de retomber sous l’emprise de son exploiteur.
La mise en place de ce type de comité opérationnel s’inscrit dans la logique de coordination interinstitutionnelle qui se développe sur plusieurs sujets de sécurité publique. En matière de prostitution des mineurs, le plan national interministériel de 2021 prévoit explicitement la création d’un dispositif d’accompagnement et d’hébergement dans chaque département, avec une enveloppe de 14 millions d’euros, selon le gouvernement.
Contexte dans la Côte-d’Or
La Côte-d’Or compte environ 540 000 habitants, avec Dijon comme préfecture et ville universitaire de premier plan en Bourgogne-Franche-Comté. La présence d’une population étudiante importante et d’un tissu associatif dense autour de la protection de l’enfance place le département dans une configuration où le phénomène est à la fois présent et potentiellement sous-détecté.
Les gendarmes de Côte-d’Or avaient déjà pris une initiative locale en 2025 : la création d’un jeu de cartes pédagogique pour sensibiliser les jeunes à la prostitution des mineurs et favoriser la libération de la parole, selon Le Bien Public. Cette démarche préventive précédait la structuration institutionnelle inaugurée le 13 mai 2026.
En Bourgogne-Franche-Comté, un appel à projets AGRASC 2026 - financé par des avoirs criminels saisis - soutient les parcours de sortie de la prostitution, y compris pour les mineurs victimes, selon la préfecture de région. Ce dispositif régional constitue un levier financier complémentaire au travail de coordination du nouveau comité dijonnais.
Une hausse nationale qui justifie l’urgence
Les chiffres publiés en avril 2026 par BFMTV et Libération confirment une tendance persistante. En 2025, 704 mineures ont été recensées comme victimes de prostitution en France, contre 659 en 2024, soit une hausse de 6,7 %. Sur quatre ans, la progression atteint 43 %. Le gouvernement estime par ailleurs que la prostitution des mineurs touche entre 7 000 et 10 000 jeunes chaque année en France - l’écart entre ce chiffre et les cas recensés souligne l’ampleur du phénomène invisible.
Face à ces données, la stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel, lancée le 2 mai 2024, a intégré un axe spécifique aux mineurs. Elle prévoit d’améliorer la prévention, le repérage précoce et l’accompagnement sur l’ensemble du territoire. Le comité opérationnel de la Côte-d’Or s’inscrit directement dans ce cadre, aux côtés d’autres dispositifs locaux similaires déjà actifs dans des départements comme l’Isère ou le Nord.
Ce qu’il reste à préciser
La fréquence des réunions du comité et les indicateurs de suivi retenus n’ont pas été communiqués à ce stade par la préfecture. Le nombre de mineurs actuellement suivis en Côte-d’Or dans ce cadre n’a pas non plus été rendu public. La question des données personnelles des mineurs suivis, et de leur traitement par les différentes institutions, n’a pas été abordée dans les communications officielles disponibles.
Les associations spécialisées présentes à la réunion du 13 mai n’ont pas été nommément identifiées dans les sources disponibles à ce stade.
Le comité devrait se réunir à intervalle régulier pour assurer le suivi des situations individuelles et ajuster les procédures de coordination entre partenaires. L’appel à projets AGRASC 2026 en Bourgogne-Franche-Comté représente une prochaine échéance concrète pour financer les associations impliquées dans l’accompagnement des victimes.
Sources
- Préfecture de la Côte-d'Or (@Prefet21_BFC) : Annonce du comité opérationnel – première réunion
- BFMTV : 704 victimes recensées en 2025 : la prostitution des mineures continue de progresser en France
- Le Bien Public : Prostitution des mineurs : un outil novateur pour libérer la parole des jeunes
- Préfecture de région Bourgogne-Franche-Comté : Appel à projets AGRASC 2026 – Bourgogne-Franche-Comté