Côte-d’Or : l’État lance un appel au public après la détection d’un scarabée japonais
Un spécimen de l'insecte invasif a été capturé le 7 juillet à Pont. La préfecture demande aux habitants de signaler toute observation pour éviter la propagation.
Un scarabée japonais a été formellement identifié en Côte-d'Or début juillet. Les services de l'État appellent le public à la vigilance et ont mis en place des canaux de signalement spécifiques pour lutter contre cet organisme de quarantaine prioritaire.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Un spécimen de scarabée japonais capturé le 7 juillet 2026 à Pont, identifié par l'ANSES
- Deuxième détection en Bourgogne-Franche-Comté en un mois, après celle du Doubs le 16 juin
- L'insecte attaque plus de 300 espèces végétales et est classé organisme de quarantaine prioritaire par l'UE
- Signalements possibles par courriel, formulaire en ligne ou téléphone au 03.39.59.40.95
- Plan de surveillance renforcé déployé dans la région depuis 2021 le long des axes de communication
Un spécimen de scarabée japonais (Popillia japonica) a été capturé le 7 juillet 2026 sur la commune de Pont, à proximité d’un axe routier majeur. L’identification a été confirmée par l’unité d’entomologie et de botanique de l’ANSES, selon la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de Bourgogne-Franche-Comté.
La présence de l’insecte en Côte-d’Or est probablement liée à un déplacement accidentel via un véhicule, tel qu’un camion ou une voiture. Les services de l’État ont immédiatement renforcé le piégeage et les prospections sur le terrain.
Un insecte classé organisme de quarantaine prioritaire
Le scarabée japonais est classé comme organisme de quarantaine prioritaire par l’Union européenne en raison de sa nuisibilité importante. Il s’attaque à plus de 400 espèces de plantes, dont la vigne, les arbres fruitiers et les gazons, selon le Ministère de l’Agriculture.
L’insecte est reconnaissable par sa taille d’environ 1 cm, sa tête et son thorax vert métallique, ses élytres brun cuivré. Le critère distinctif : cinq petites touffes de poils blancs de chaque côté de l’abdomen et deux sur le dernier segment.
La DRAAF a lancé le 16 juillet un appel officiel à la vigilance auprès des professionnels et du grand public. Les informations issues des signalements sont cruciales pour mettre en place des mesures de lutte efficaces et éviter le développement de foyers.
Modalités de signalement pour le public
Les habitants sont invités à signaler toute observation suspecte, si possible avec des photographies, sans relâcher l’insecte. Trois canaux de signalement ont été mis en place :
Par courriel à alerte-vegetaux-sral.draaf-bourgogne-franche-comte@agriculture.gouv.fr, via un formulaire en ligne sur demarches-simplifiees.fr, ou par téléphone au 03.39.59.40.95.
La préfecture insiste sur l’importance de ne pas manipuler ou relâcher l’insecte en cas de capture. Les signalements permettent aux services de l’État d’adapter leur dispositif de surveillance et d’intervention.
Contexte dans la Côte-d’Or
Il s’agit de la deuxième détection de Popillia japonica en Bourgogne-Franche-Comté en moins d’un mois. La première avait eu lieu le 16 juin 2026 à Écot dans le Doubs, selon FREDON France.
Un plan de surveillance renforcée par piégeage est déployé dans la région depuis 2021 suite à la détection à Bâle en 2021, le long des principales voies de communication, en lien avec l’Italie et la Suisse où l’insecte est déjà présent. La Côte-d’Or, département viticole et agricole, est particulièrement exposée aux risques de dégâts sur les productions.
La détection à Pont, commune de 159 habitants située sur la RN5, illustre la stratégie de surveillance privilégiant les axes de transport. La position de la Côte-d’Or, à la jonction entre le bassin parisien et la vallée du Rhône, en fait un territoire de passage à surveiller étroitement.
Des restrictions sanitaires similaires ont été mises en place dans d’autres départements français confrontés à des risques environnementaux, comme la Drôme face aux feux de forêt ou l’Eure touchée par la sécheresse. La mobilisation du public reste un levier clé de la prévention.
Prochaines étapes de la surveillance
La DRAAF poursuit le renforcement du dispositif de piégeage sur l’ensemble du département. Les prospections de terrain se concentrent sur un périmètre élargi autour du lieu de capture initial.
L’enjeu est d’éviter l’installation durable de l’espèce et la constitution de foyers, qui pourrait engendrer des dégâts importants pour les productions agricoles et la biodiversité régionale.
