Côte d’Ivoire : 59 morts dans les inondations depuis mi-mai
Le gouvernement ivoirien annonce 12 000 logements pour reloger 60 000 sinistrés après un bilan meurtrier à Abidjan
Le porte-parole du gouvernement ivoirien a annoncé le 1er juillet un bilan de 59 morts liés aux pluies diluviennes depuis mi-mai. La commune d'Attécoubé, à Abidjan, paie le plus lourd tribut après un glissement de terrain fin juin.
L’essentiel
- Bilan officiel : 59 morts liés aux pluies diluviennes depuis le début de l’année 2026, selon le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly (1er juillet)
- Commune la plus touchée : Attécoubé, à l’ouest d’Abidjan, avec une vingtaine de décès
- Drame localisé : un glissement de terrain dans la nuit du 28 au 29 juin à Mossikro (Attécoubé) a tué plus d’une dizaine de personnes
- Réponse gouvernementale : 12 000 logements à loyer modéré annoncés à Songon et sur l’autoroute du Nord, pour reloger environ 60 000 personnes
Le chiffre a été rendu public lors du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 à Abidjan. Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a fait état de 59 décès imputables aux pluies diluviennes qui frappent la Côte d’Ivoire depuis la mi-mai. Un bilan qui s’alourdit semaine après semaine depuis le début de la saison des pluies, particulièrement intense cette année selon les autorités ivoiriennes.
Attécoubé, épicentre du drame
C’est dans cette commune de l’ouest d’Abidjan que le bilan humain est le plus lourd : une vingtaine de morts, selon les chiffres communiqués par le gouvernement. Le point de bascule a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 juin, quand un glissement de terrain a frappé le quartier de Mossikro, faisant plus d’une dizaine de victimes en quelques heures, rapporte l’Agence Ivoirienne de Presse. Les habitations construites sur les flancs de collines de ce secteur densément peuplé sont particulièrement exposées lors des fortes précipitations.
Le Conseil des ministres a annoncé dans le même temps de nouvelles mesures pour renforcer l’assainissement des zones à risque, notamment à Abidjan, selon les précisions relayées par les médias présents sur place. Le président Alassane Ouattara, qui présidait la séance, a exprimé sa compassion aux familles des victimes et promis une assistance publique aux sinistrés.
Ce que change l’annonce du relogement
Face à l’ampleur des dégâts, l’exécutif ivoirien a présenté un plan de construction de 12 000 logements à loyer modéré. Deux sites ont été retenus : Songon, à l’ouest d’Abidjan, et un secteur le long de l’autoroute du Nord. L’objectif affiché est de reloger, à terme, environ 60 000 personnes issues des zones à risque d’inondation, selon le portail officiel du gouvernement ivoirien. Aucun calendrier précis de livraison n’a été communiqué à ce stade.
Un détail retient l’attention des autorités : selon le porte-parole du gouvernement, aucun décès n’a été recensé dans les secteurs où les habitants avaient accepté d’évacuer et de suivre les consignes de sécurité, une donnée relayée par TRT Afrika. De quoi justifier, pour l’exécutif, l’insistance mise sur les campagnes d’évacuation préventive dans les zones classées inondables.
Contexte en Côte d’Ivoire
Abidjan, capitale économique du pays et cœur du district autonome du même nom, concentre plusieurs millions d’habitants sur un relief marqué par des collines et des bas-fonds lagunaires, un terrain particulièrement vulnérable aux glissements de terrain lors des pluies intenses. Attécoubé, l’une des dix communes du district, abrite une population dense installée en partie sur des pentes non stabilisées, un facteur régulièrement pointé lors des épisodes pluvieux passés. La saison des pluies s’étend habituellement d’avril à juillet dans le sud du pays, mais les précipitations de cette année ont été décrites comme particulièrement torrentielles par le gouvernement.
Le porte-parole Amadou Coulibaly a directement relié ces pluies diluviennes aux effets du changement climatique, une lecture reprise par plusieurs médias régionaux dont BBC Afrique.
Vu de France : un signal qui dépasse le fait divers
Pour un lecteur français, ce bilan s’inscrit dans une série d’épisodes similaires observés ces dernières années en Afrique de l’Ouest, où l’urbanisation rapide de métropoles comme Abidjan se heurte à des infrastructures d’assainissement insuffisantes. La France, via l’Agence française de développement, finance historiquement des programmes d’assainissement urbain en Côte d’Ivoire, ce qui rend ce type de catastrophe suivi de près par les bailleurs internationaux. Le choix ivoirien de miser sur le relogement massif plutôt que sur le seul renforcement des digues ou des canalisations marque une inflexion dans la gestion du risque, comparable à des débats déjà menés dans d’autres grandes villes côtières du continent.
Le gouvernement n’a pas précisé si un plan de financement international sera sollicité pour les 12 000 logements annoncés, ni le coût global du programme. Ces éléments restent à confirmer dans les prochaines semaines.