Mondial de basket 2031 : Lyon décroche le jackpot sportif du Rhône
La LDLC Arena de Décines accueillera une partie du tournoi que la France organisera pour la première fois de son histoire
La FIBA a attribué à la France l'organisation de la Coupe du monde masculine de basket 2031. Lyon rejoint Paris et Lille comme ville hôte, avec la LDLC Arena en vitrine.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une première historique pour la France
Jamais la Coupe du monde masculine de basket n'avait été organisée en France avant cette attribution de la FIBA.
La LDLC Arena, vitrine lyonnaise
Avec 12 000 à 16 000 places et 141 millions d'euros d'investissement, la salle de Décines incarne le dossier de Lyon.
Retombées touristiques attendues
Le précédent du Mondial de rugby 2023 a généré 871 millions d'euros d'impact net pour l'économie française, mais aucun chiffre spécifique au basket lyonnais n'est disponible.
Un pari financier risqué
La candidature requiert des dizaines de millions, voire plus d'une centaine, et la FFBB organise seule, à contre-courant des candidatures conjointes désormais favorisées par la FIBA.
Wembanyama, actif commercial central
Premier choix de draft NBA, il structure les projections de droits TV et de billetterie : son prime sportif à 27 ans rend crédible un scénario de guichets fermés.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La FIBA a attribué à la France l'organisation de la Coupe du monde masculine 2031, du 29 août au 14 septembre.
- Lyon rejoint Paris et Lille comme ville hôte, avec la LDLC Arena de Décines comme enceinte principale.
- La phase finale se déroulera intégralement à Paris.
- Aucun chiffre officiel de retombées pour Lyon ni de budget d'organisation de la FFBB n'a été rendu public.
- Victor Wembanyama aura 27 ans en 2031 et constitue l'actif marketing central du tournoi.
C’est une première dans l’histoire du basket français [1]. La Fédération internationale de basket-ball a annoncé le 22 avril 2026 [2] que le Mondial masculin 2031 se tiendrait dans l’Hexagone, du 29 août au 14 septembre 2031 [3]. Trois villes hôtes ont été désignées: Paris, Lille et Lyon [4]. La phase finale se déroulera intégralement à Paris [5].
Pour Lyon, et plus précisément pour Décines-Charpieu [6], c’est la consécration d’un pari immobilier et sportif engagé il y a près d’une décennie. La LDLC Arena [7], ouverte fin 2023 [8], accueillera une partie des matchs de la première Coupe du monde de basket jamais organisée en France [9].
La LDLC Arena, pièce maîtresse du dossier lyonnais
Conçue par les cabinets Populous et Citinea [11] pour un coût de 141 millions d’euros [12], la salle omnisports de Décines-Charpieu [6] offre entre 12 000 et 16 000 places [13] selon les configurations. Elle est pensée pour les grands événements, avec un programme annuel de 80 à 120 événements [14].
Aulas, Textor, Aulas: la trajectoire sinueuse d’une arène
L’histoire de propriété de l’enceinte mérite un détour, tant elle est atypique. L’Olympique lyonnais avait annoncé le projet de salle multifonction dès le 7 décembre 2018 [15], à une époque où Jean-Michel Aulas dirigeait le club. L’arène est donc née sous pavillon OL, actif porté à son bilan. Mais en décembre 2022 [16], l’entrepreneur américain John Textor finalise le rachat d’un OL Groupe lesté d’une dette nette de 321 millions d’euros [17]. La LDLC Arena change de mains par ricochet, Aulas quittant progressivement la présidence du club.
Deux ans plus tard, le fondateur historique de l’OL revient par la fenêtre: le 6 juin 2024 [18], Jean-Michel Aulas rachète la salle à l’Olympique lyonnais de John Textor [19] via Holnest, son groupe familial. L’enceinte est désormais détenue à 100% [20] par HOLARENA, holding dans laquelle Holnest est actionnaire majoritaire à 60% [21]. Aulas se retrouve ainsi propriétaire en nom propre d’un équipement qu’il avait lancé sous les couleurs d’un club qu’il ne dirige plus. Une séquence capitalistique peu commune, rendue possible par les difficultés financières du nouvel actionnaire américain de l’OL.
Un choix qui s’appuie sur l’héritage des JO 2024
La France arrive en terrain connu. Sept ans après les JO de Paris 2024 [22], elle s’appuie sur un parc d’enceintes modernisées: l’Accor Arena de Bercy [23], la Paris-La Défense Arena de Nanterre [24], le stade Pierre-Mauroy de Lille [25] et la LDLC Arena de Lyon-Décines [7]. Le Mondial fait son retour sur le sol européen pour la première fois depuis 2014 [26], après des éditions en Chine en 2019 [27], aux Philippines-Indonésie-Japon en 2023 [28] et au Qatar en 2027 [29].
La dynamique française s’appuie aussi sur des indicateurs solides. La FFBB revendique 765 909 licenciés [10] pour la saison 2023-24, un record après celui de 725 000 [30] l’année précédente. Les audiences des JO 2024 ont culminé à 8,6 millions de téléspectateurs [31] pour la finale masculine France-USA.
Ce que l’économie lyonnaise peut espérer (et ce qu’elle ignore encore)
Avertissement méthodologique: aucune source consultée ne fournit à ce stade d’estimation chiffrée des retombées propres à Lyon, ni du nombre de matchs qui s’y disputeront, ni des recettes billetterie anticipées. Les chiffres qui suivent sont ceux du Mondial de rugby 2023, utilisés comme ordre de grandeur faute de données basket disponibles. Ils constituent un proxy imparfait: le basket attire un public différent, sur une durée différente, avec un maillage de villes hôtes plus resserré.
Le précédent du rugby donne malgré tout une échelle utile. La Coupe du monde de rugby organisée en France du 8 septembre au 28 octobre 2023 [32] dans 10 villes [33] a généré un impact net positif de 871 millions d’euros [34] pour l’économie française et 585 millions d’euros [35] de chiffre d’affaires pour le tourisme. Les 425 000 visiteurs étrangers [36] sont restés 10 jours en moyenne [37] et ont dépensé 170 euros par jour [38], contre 80 euros [39] pour un fan français.
Car le modèle des grands événements a ses angles morts. Lors du Mondial de rugby, 40 % des dépenses [40] ont été effectuées ailleurs que dans les villes hôtes. Autrement dit, Lyon pourrait voir une part substantielle des euros dépensés par les touristes étrangers s’évaporer vers des destinations voisines non-basket: Beaujolais, Annecy, Grenoble, vignobles de la vallée du Rhône.
Le pari financier: une fédération seule face à la FIBA
Selon L’Équipe, le processus de candidature et d’organisation suggère des dizaines de millions d’euros, voire plus d’une centaine [41] d’investissements. Or la FFBB a choisi d’organiser seule la compétition [42], à contre-courant de la tendance récente de la FIBA qui favorise les candidatures conjointes: l’EuroBasket 2025 [43] a ainsi été partagé entre plusieurs pays.
Ce choix solitaire concentre le risque. La dernière compétition FIBA masculine accueillie en France remonte à l’Eurobasket 2015 [44], avec phase finale à Lille [45] - une édition que la France co-organisait alors avec l’Allemagne, la Lettonie et la Croatie [46]. Porter seule un Mondial, événement plus lourd qu’un Euro, change d’échelle. La précédente Coupe du monde organisée en Europe, en 2014 en Espagne [47], offre le dernier point de comparaison disponible pour ce type d’événement sur le continent.
Autre signal à surveiller: ni la FFBB ni les collectivités hôtes n’ont à ce jour communiqué de budget prévisionnel public. Ce silence, à un peu plus de cinq ans de l’événement, contraste avec la transparence affichée par le GIP France 2023 du rugby dès sa phase de candidature. Il est en soi un angle journalistique: sans chiffre officiel, le contribuable local ne peut mesurer l’exposition budgétaire des métropoles de Lyon, Paris et Lille.
Le bilan environnemental du rugby 2023 mérite aussi d’être rappelé: 830 000 tonnes équivalent CO2 [48], dont 94 % générées par les transports [49]. Un Mondial de basket attirant un public international ne fera pas mieux sur ce terrain.
Wembanyama, l’actif marketing qui change la donne
En 2031, Victor Wembanyama [50] aura 27 ans [51] et sera théoriquement en plein dans son prime sportif. La France a placé un joueur en première position de la draft NBA pendant deux années consécutives [52], un actif de notoriété internationale sans équivalent dans l’histoire du basket européen.
Cette starification pèse lourd dans l’équation économique du Mondial. Les droits TV internationaux d’un tournoi FIBA se négocient largement sur la présence des franchises les plus attractives, et Wembanyama est aujourd’hui l’un des rares joueurs non-américains capables de mobiliser une audience mondiale à lui seul. La finale masculine des JO 2024 France-USA a rassemblé 8,6 millions de téléspectateurs [31] en France - la perspective d’une rencontre du même calibre à Bercy en septembre 2031, avec Wembanyama en tête d’affiche, structure déjà les projections commerciales de la FFBB.
L’effet se lit aussi côté billetterie. Le basket français a décroché la médaille d’argent [53] aux JO de Paris chez les hommes comme chez les femmes, renforçant l’identification du grand public aux Bleus. Un tournoi à domicile avec une équipe en position de jouer l’or, emmenée par une star NBA confirmée, rend crédible un scénario de guichets fermés dans les trois villes hôtes - précisément l’argument qui justifie, côté FFBB, le pari financier évoqué plus haut.
Le calendrier lyonnais avant 2031
Lyon n’attendra pas 2031 pour tester sa capacité à accueillir les compétitions FIBA. L’Astroballe [54] de Villeurbanne [55] espère organiser un tournoi de qualification féminin en mars [56] 2026, en préparation de la Coupe du monde féminine prévue la même année en Allemagne [57]. Une répétition générale économique bienvenue pour la métropole.
Le dossier français, validé bien avant la date limite de mars 2027 [58] initialement prévue par la FIBA, entre dans sa phase opérationnelle. Reste la grande inconnue: combien coûtera-t-il réellement, et combien Lyon en retirera-t-il? À ces deux questions, à ce stade, personne ne répond par des chiffres.

Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (58)
« Jamais encore la Coupe du monde de basket n'avait été organisée en France »
leparisien.fr ↗ ↩
« la Fédération internationale de basket-ball (FIBA) a annoncé ce mercredi midi »
leparisien.fr ↗ ↩
« le Mondial 2031 aurait lieu dans l'Hexagone, du 29 août au 14 septembre »
leparisien.fr ↗ ↩
« Trois villes hôtes ont été désignées: Paris, Lille et Lyon »
leparisien.fr ↗ ↩
« La phase finale se déroulera intégralement dans la capitale »
leparisien.fr ↗ ↩
« une salle omnisports de la métropole de Lyon située à Décines-Charpieu »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« la LDLC Arena de Lyon-Décines »
bebasket.fr ↗ ↩
« Ouvert fin 2023, le bâtiment sert principalement pour le sport et les concerts. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« C'est la première fois de l'histoire que la France organisera une Coupe du Monde »
bebasket.fr ↗ ↩
« 765 909 licenciés pour la saison 2023-24 dans l'Hexagone. C'est un record. »
qibasket.net ↗ ↩
« aux cabinets d'architectes Populous et Citinea, filiale du groupe de BTP français Vinci »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« la construction, d'un coût prévu de 141 millions d'euros »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« la salle offre entre 12 000 à 16 000 places »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« accueillant 80 à 120 événements par an »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« Le 7 décembre 2018, l'Olympique lyonnais annonce un projet de salle multifonction. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« L'entrepreneur américain John Textor a finalisé le rachat de l'Olympique lyonnais en décembre 2022 »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« OL Groupe présentait une dette nette de 321 millions d'euros à fin 2022 »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« Le 6 juin 2024, Jean-Michel Aulas, par le biais de son groupe familial Holnest, annonce avoir racheté la LDLC Arena »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« L'entrepreneur américain John Textor a finalisé le rachat de l'Olympique lyonnais »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« La salle est désormais détenue à 100% par HOLARENA »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« dont Holnest est actionnaire majoritaire à hauteur de 60% »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« sept ans après les JO de Paris 2024 »
basketeurope.com ↗ ↩
« l'Accor Arena de Bercy »
bebasket.fr ↗ ↩
« Paris-La Défense Arena de Nanterre »
bebasket.fr ↗ ↩
« la tenue de la phase finale à Lille au stade Pierre-Mauroy »
bebasket.fr ↗ ↩
« le Mondial va faire son retour sur le sol européen pour la première fois depuis 2014 »
basketeurope.com ↗ ↩
« Après quatre éditions organisées en Asie (Chine en 2019, Philippines/Indonésie/Japon en 2023 et Qatar en 2027) »
basketeurope.com ↗ ↩
« Après quatre éditions organisées en Asie (Chine en 2019, Philippines/Indonésie/Japon en 2023 et Qatar en 2027) »
basketeurope.com ↗ ↩
« Après quatre éditions organisées en Asie (Chine en 2019, Philippines/Indonésie/Japon en 2023 et Qatar en 2027) »
basketeurope.com ↗ ↩
« Et l'année précédente (725 000) était aussi un record »
qibasket.net ↗ ↩
« Et chez les hommes, on a atteind 8.6 millions de téléspectateurs pour la finale France-USA. »
qibasket.net ↗ ↩
« le Mondial, organisé du 8 septembre au 28 octobre 2023 dans 10 villes de France »
leparisien.fr ↗ ↩
« organisé du 8 septembre au 28 octobre 2023 dans 10 villes de France »
leparisien.fr ↗ ↩
« l'impact net a été positif de 871 millions d'euros pour l'économie française »
leparisien.fr ↗ ↩
« Le Mondial a généré 585 millions d'euros de chiffre d'affaires pour le tourisme »
leparisien.fr ↗ ↩
« 425 000 visiteurs étrangers sont venus pour la Coupe du monde »
leparisien.fr ↗ ↩
« Ils sont restés longtemps: 10 jours en moyenne »
leparisien.fr ↗ ↩
« Et ont dépensé beaucoup: 170 euros par jour, contre 80 euros en moyenne pour un fan français »
leparisien.fr ↗ ↩
« 170 euros par jour, contre 80 euros en moyenne pour un fan français »
leparisien.fr ↗ ↩
« 40 % des dépenses ont été effectuées ailleurs, dans des destinations touristiques mais loin du Mondial »
leparisien.fr ↗ ↩
« Le processus de candidature reste particulièrement complexe puisqu'il suggère des dizaines de millions d'euros (voire plus d'une centaine) d'investissements »
lequipe.fr ↗ ↩
« la FFBB envisage d'organiser seule la compétition »
bebasket.fr ↗ ↩
« comme l'EuroBasket 2025 (Lettonie, Pologne, Chypre, Finlande) »
bebasket.fr ↗ ↩
« il faut remonter à l'EuroBasket 2015, avec la tenue de la phase finale à Lille »
bebasket.fr ↗ ↩
« la tenue de la phase finale à Lille au stade Pierre-Mauroy »
bebasket.fr ↗ ↩
« l'Euro 2015* (partagé avec l'Allemagne, la Lettonie et la Croatie avec une phase finale à Lille) »
lequipe.fr ↗ ↩
« ramènerait le Mondial sur le continent européen pour la première fois depuis 2014 »
lequipe.fr ↗ ↩
« Conséquence: 830 000 tonnes équivalent CO2 dégagée, à 94 % par les transports »
leparisien.fr ↗ ↩
« 830 000 tonnes équivalent CO2 dégagée, à 94 % par les transports »
leparisien.fr ↗ ↩
« faire revenir en France, en 2031, le prodige Victor Wembanyama en pleine force de l'âge, à 27 ans »
lequipe.fr ↗ ↩
« faire revenir en France, en 2031, le prodige Victor Wembanyama en pleine force de l'âge, à 27 ans »
lequipe.fr ↗ ↩
« La NBA a sélectionné, pour deux années consécutives, un français en première position de sa draft annuelle. Aucun autre pays, hormis les Etats-Unis, n'a eu un tel honneur. Le visage de Victor Wembanyama »
qibasket.net ↗ ↩
« médaille d'argent pour les hommes et les femmes, ainsi qu'en 3x3 masculin »
lequipe.fr ↗ ↩
« à l'Astroballe (Villeurbanne) »
basketeurope.com ↗ ↩
« à l'Astroballe (Villeurbanne) »
basketeurope.com ↗ ↩
« à l'Astroballe (Villeurbanne) en mars »
basketeurope.com ↗ ↩
« la prochaine Coupe du monde féminine (2026, en Allemagne) »
basketeurope.com ↗ ↩
« Alors que la désignation devait avoir lieu, au plus tard, en mars 2027 »
bebasket.fr ↗ ↩
Sources
- La Coupe du monde de basket 2031 aura lieu en France avec Paris, Lille et Lyon comme villes hôtes
- La Coupe du monde 2031 aura lieu en France !
- La Coupe du Monde 2031 aura lieu en France !
- Vers une candidature de la France à la Coupe du monde 2031
- La France est partante pour l'organisation de la Coupe du Monde 2031
- LDLC Arena
- 871 millions de retombées économiques : la Coupe du monde de rugby France 2023, un succès avant tout touristique
- La France rêve d'organiser la Coupe du monde 2031 de basket
- Pour une Coupe du Monde de basket en France en 2031