Creuse : une cinquantaine d’AESH mobilisés à Guéret pour un statut de fonctionnaire
Le 9 juin 2026, l'intersyndicale a rassemblé environ cinquante personnes devant la préfecture de Guéret pour exiger la création d'un statut de catégorie B pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap.
Une cinquantaine d'AESH et de représentants syndicaux se sont rassemblés le 9 juin 2026 à 17h30 devant la préfecture de Guéret, à l'appel de l'intersyndicale dont la FSU-SNUipp 23. Ils réclament un statut de fonctionnaire de catégorie B, dénonçant la précarité de leurs contrats face à une hausse continue des besoins d'accompagnement.
L’essentiel
- Rassemblement : environ cinquante personnes devant la préfecture de Guéret le 9 juin 2026 à 17h30, à l’appel de l’intersyndicale (FSU-SNUipp 23 notamment).
- Revendication centrale : création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, en lieu et place des contrats précaires actuels.
- Contexte local : environ 216 AESH recensés en Creuse en 2025, selon la DSDEN ; un AESH sur trois y accompagne trois élèves ou plus.
- Contexte national : 519 000 élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire à la rentrée 2024, soit +8,1 % ; 48 726 élèves sans AESH à la rentrée 2025.
- Agenda ministériel : premier groupe de travail sur le statut des AESH tenu le 20 mai 2026 ; une nouvelle réunion était attendue autour du 16-17 juin.
Un rassemblement devant la préfecture
Le 9 juin 2026 en fin d’après-midi, une cinquantaine d’AESH et de militants syndicaux ont investi le parvis de la préfecture de Guéret. Le rassemblement, organisé à l’appel de l’intersyndicale - dont la FSU-SNUipp 23 - s’inscrit dans une journée nationale de mobilisation coordonnée, relayée notamment par le SNES et d’autres fédérations. La même semaine, une vingtaine d’AESH manifestaient également à Châteauroux devant la DSDEN de l’Indre, et les AESH de Chambéry étaient en grève pour les mêmes motifs.
La revendication est claire : obtenir la reconnaissance d’un statut de fonctionnaire de catégorie B, avec une grille salariale revalorisée et la fin des contrats à durée déterminée ou des temps partiels imposés. Le rassemblement de Guéret a duré en soirée, selon La Montagne qui en a assuré le compte rendu.
La précarité au cœur des griefs
Les syndicats pointent une contradiction structurelle : les AESH sont devenus le deuxième métier de l’Éducation nationale - 78 816 équivalents temps plein en 2023, soit une hausse de 90 % depuis 2013, selon Le Café pédagogique et des données de l’Assemblée nationale - , mais leurs conditions d’emploi restent précaires. Contrats fractionnés, salaires proches du SMIC, absence de déroulement de carrière.
En Creuse, la situation est connue des organisations syndicales depuis plusieurs années. Selon un document de la FSU-SNUipp 23 issu d’une audience avec le DASEN en juin 2025, le département comptait environ 216 AESH. La même source indique qu’un AESH sur trois y accompagne trois élèves ou davantage - parfois jusqu’à six - , une charge jugée incompatible avec un accompagnement de qualité, selon La Montagne.
Des mobilisations qui durent depuis 2021
Ce n’est pas la première fois que les AESH de Creuse descendent dans la rue. Des actions syndicales ont eu lieu dès 2021, puis en décembre 2025, selon La Montagne et le SNUipp 23. Le 16 janvier 2025, un rassemblement s’était déjà tenu à Guéret - devant la DSDEN ou la préfecture - pour dénoncer les salaires insuffisants et les manques d’effectifs. Les mêmes revendications revenaient : reconnaissance du métier, augmentation de la rémunération, stabilité des contrats.
La mobilisation du 9 juin 2026 s’appuie sur un calendrier ministériel qui suscite à la fois espoir et méfiance. Un premier groupe de travail sur le statut des AESH s’est tenu le 20 mai 2026 au ministère, selon le SNES et le SNALC. Un deuxième était programmé autour du 16-17 juin. Les syndicats entendent peser sur ces négociations en maintenant la pression dans les territoires. Des mobilisations similaires ont aussi touché Mayotte, où AED, AESH et EMS ont reconduit la grève après une réunion à Kawéni.
Contexte dans la Creuse
La Creuse est l’un des départements les plus ruraux de France. Avec environ 116 000 habitants (données INSEE), elle concentre ses services éducatifs essentiellement autour de Guéret, préfecture, et de quelques bassins de vie comme Aubusson ou La Souterraine. La DSDEN 23 gère un réseau scolaire contraint par la démographie et l’enclavement géographique.
La question des AESH y est d’autant plus sensible que les remplacements sont difficiles à organiser. La Montagne soulignait fin 2024 que des absences d’AESH restaient non remplacées dans plusieurs écoles du département, laissant des élèves notifiés sans accompagnement. À l’échelle nationale, ce phénomène a atteint 48 726 élèves sans AESH à la rentrée 2025, soit une hausse de 35 % par rapport à 2024, selon la Banque des Territoires et des données de l’Assemblée nationale.
La hausse des besoins est continue : 519 000 élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire à la rentrée 2024 (+8,1 %), selon les chiffres officiels cités à l’Assemblée nationale. Un chiffre qui illustre pourquoi l’intersyndicale juge la situation « indigne » en l’absence de statut pérenne.
La suite dépend des négociations nationales
Le mouvement local de Guéret n’a pas d’interlocuteur direct au niveau départemental sur la question statutaire : la décision appartient au gouvernement. L’issue dépendra du contenu du deuxième groupe de travail ministériel, dont les résultats n’étaient pas encore connus à la date de publication. L’intersyndicale a indiqué qu’elle maintient sa mobilisation si les réponses restent insuffisantes.
Sources
- FSU-SNUipp 23 : Toutes et tous mobilisé-es le 9 juin pour un vrai métier, un statut de fonctionnaire
- La Montagne : Nouveau statut, revalorisation salariale... Les accompagnants d'élèves en situation de handicap mobilisés en Creuse
- La Montagne : Salaire dérisoire, manque d'effectif, en Creuse, les AESH sont dans la rue
- Assemblée nationale : Question écrite sur les AESH — données nationales

