Déserts médicaux dans le Doubs : Valdahon se mobilise pour des soins de proximité

Face à la pénurie de généralistes dans le Haut-Doubs, résidents et militants réclament un accès équitable aux soins pour les zones rurales.

Déserts médicaux dans le Doubs : Valdahon se mobilise pour des soins de proximité
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Le 6 avril 2026, une manifestation à Valdahon a mis en lumière les difficultés d'accès aux soins dans les communes rurales du Doubs. La commune ne compte que cinq médecins généralistes pour plus de 4 000 habitants. Un cri d'alarme qui fait écho à une mobilisation déjà engagée à Besançon quelques jours plus tôt.

Valdahon, chef-lieu de canton du Haut-Doubs, affiche un ratio préoccupant : cinq médecins généralistes pour environ 4 275 habitants, selon le Journal des Femmes Santé. Un chiffre qui illustre concrètement ce que les manifestants sont venus dénoncer le 6 avril 2026 dans les rues de la commune.

Besançon avait ouvert le bal le 2 avril

Quatre jours avant la mobilisation valdahonnaise, environ 50 personnes - retraités et représentants syndicaux - s’étaient déjà rassemblées place Pasteur à Besançon dans le cadre d’une journée d’action nationale intersyndicale pour le droit à la santé. Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, les manifestants dénonçaient les délais de rendez-vous, la désertification médicale et réclamaient des moyens supplémentaires pour l’hôpital public, l’ouverture de centres de santé pluriprofessionnels et une Sécurité sociale couvrant 100 % des soins prescrits.

Le slogan était sans détour : « C’est de pire en pire au quotidien. »

22 % de la population du Doubs sans offre suffisante

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Les chiffres régionaux confirment l’inquiétude. En 2025, selon L’Est Républicain, 22 % de la population du Doubs n’avait pas accès à une offre de soins suffisante. Un taux élevé, mais qui reste en deçà du Territoire de Belfort voisin, où cette proportion atteignait 61 %, révélant des disparités marquées au sein même de la Bourgogne-Franche-Comté.

À l’échelle nationale, la situation n’est pas plus rassurante. Selon le bilan 2025 de Docndoc, 6,7 millions de Français n’ont pas de médecin traitant et 30,2 % de la population vit en désert médical. Le nombre total de médecins en France devrait atteindre 205 214 en 2026 - en hausse de 4 % selon Alternatives Économiques - mais les écarts entre territoires continuent de se creuser.

Des réponses institutionnelles en ordre dispersé

Plusieurs dispositifs tentent de combler les lacunes. Le numéro 116 117 est opérationnel dans le Doubs depuis juillet 2025 pour orienter vers un médecin de garde en soirée et le week-end, remplaçant l’ancien 39 66. Un projet de Médico-Bus, financé par des fonds régionaux et étatiques, était prévu dès 2024 pour apporter des soins dans les territoires à faible densité médicale, selon le site Plein Air. Depuis 2026, la MSA déploie par ailleurs un plan national d’accès aux soins ciblant les territoires ruraux comme le Haut-Doubs, via recrutements et partenariats locaux.

Ces initiatives restent toutefois perçues comme insuffisantes par les manifestants, qui attendent des actes concrets et rapides. Les maisons France Santé, dont le déploiement est évoqué d’ici 2027 pour garantir un accès en moins de 30 minutes, constituent la prochaine échéance annoncée - sans calendrier précis à ce stade pour le secteur de Valdahon.

Sources

Maxime Joly

Maxime Joly

Correspondant à Besançon, suit l'horlogerie, la microtechnique, les tensions sur la ligne TGV Rhin-Rhône et les débats sur la biodiversité dans le Jura. Formé à l'ESJ Lille, il a couvert plusieurs régions avant de s'ancrer dans le Doubs. Principe : connaître les PME, les syndicats, les chercheurs de l'université, vérifier les carnets de commandes avant de publier.

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