Montbéliard : dialogue et tensions au lycée Germaine-Tillion après le 26 mai
Plusieurs centaines d'élèves rassemblés, des réunions en urgence avec le DASEN, et un noyau de casseurs interpellé en marge
Le 26 mai 2026, plusieurs centaines d'élèves du lycée Germaine-Tillion de Montbéliard se sont rassemblés pour la deuxième fois en quatre jours. Des représentants lycéens ont rencontré la direction et le directeur académique du Doubs. En marge, des affrontements ont conduit à deux interpellations.
Quatre jours après les incidents du 22 mai, le lycée Germaine-Tillion de Montbéliard était de nouveau au centre d’une mobilisation, mardi 26 mai 2026. Dès 7h30, plusieurs centaines d’élèves se sont réunis devant l’établissement pour réclamer des améliorations concrètes sur leurs conditions de scolarité.
L’essentiel
- 26 mai 2026 : plusieurs centaines d’élèves rassemblés devant le lycée Germaine-Tillion, second rassemblement en quatre jours après le 22 mai.
- Deux mineurs de 16 ans interpellés en marge - non scolarisés dans l’établissement - poursuivis pour violences avec arme, attroupement et dégradations.
- Un enseignant blessé à la tête lors des affrontements en marge du rassemblement principal.
- Samuel Rouzet, Directeur académique des services de l’Éducation nationale du Doubs (DASEN), était présent pour les réunions de dialogue.
- Travaux de rénovation de la cantine et de l’internat achevés en 2019 pour 13,9 à 16 M€ (région Bourgogne-Franche-Comté et ANRU), sans régler tous les problèmes signalés.
Un second rassemblement en moins d’une semaine
Le mouvement du 26 mai fait suite aux affrontements du 22 mai, qui avaient déjà conduit à des interpellations et des poursuites, dont un mineur scolarisé dans l’établissement. Cette fois, le rassemblement s’est organisé plus tôt et dans un cadre d’abord pacifique, selon ToutMontbeliard.com et L’Est Républicain.
Les revendications des élèves restent les mêmes : toilettes dégradées, absence de savon, présence de rats, infiltrations et humidité dans les bâtiments, dysfonctionnements sur Parcoursup, fermetures de structures éducatives et manque de dialogue avec l’administration. Des griefs répétés depuis plusieurs semaines sans réponse jugée satisfaisante par les lycéens.
Le CLV à la table des discussions
Dans la matinée, des représentantes du Conseil de la Vie Lycéenne (CLV) - Coline Bonnet, Camille Bernard et Margaux Bichet, toutes en terminale - ont été reçues par le proviseur pour exposer leurs doléances, selon L’Est Républicain. Des réunions se sont enchaînées entre représentants d’élèves, parents, enseignants et direction.
Samuel Rouzet, Directeur académique des services de l’Éducation nationale du Doubs, était également présent. Des concertations avec le rectorat de Besançon ont été engagées pour trouver une sortie de crise rapide, d’après ToutMontbeliard.com. Les représentantes du CLV ont appelé au calme tout en maintenant leurs revendications.
En marge : jets de pierres, lacrymogènes, un enseignant blessé
Parallèlement aux échanges en cours, des affrontements ont éclaté en marge du rassemblement. Un groupe qualifié de « noyau de casseurs » par le procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, a provoqué les forces de l’ordre : jets de pierres, tirs de pétards, insultes. La police a répliqué au gaz lacrymogène. Un enseignant a été blessé à la tête - les circonstances exactes restent à déterminer, selon France 3 Régions.
Deux mineurs de 16 ans ont été interpellés. Ils ne sont pas scolarisés au lycée Germaine-Tillion. Ils sont poursuivis pour violences avec arme, participation à un attroupement armé et dégradations. Des violences similaires à Reims ont également mobilisé les forces de l’ordre dans des contextes comparables - comme les nuits de tensions au quartier Croix-Rouge.
Le parquet maintient la tolérance zéro
Paul-Edouard Lallois a réaffirmé sa position après le 26 mai. Le procureur considère que ces individus cherchent à « détourner une mobilisation pacifique » à des fins qui n’ont rien à voir avec les revendications scolaires. Il a réfuté les accusations de violences policières, indiquant « qu’il n’y a aucune preuve » en ce sens, selon France 3 Régions.
Sur le plan judiciaire : une audience est prévue au tribunal correctionnel le 4 juin pour un majeur mis en cause dans les incidents du 22 mai ; des convocations sont fixées au 1er juillet devant le parquet ; un mineur sera jugé devant le tribunal pour enfants à l’automne 2026, toujours selon France 3 Régions.
Contexte dans le Doubs
Le lycée Germaine-Tillion est un établissement polyvalent structurant du Pays de Montbéliard. Il est né en 2017 du regroupement des lycées Grand-Chênois (créé en 1973) et Viette, et accueille entre 1 600 et 2 250 élèves selon les sources. Son nom rend hommage à l’ethnologue et résistante Germaine Tillion.
La région Bourgogne-Franche-Comté et l’ANRU avaient financé des travaux de rénovation de la cantine et de l’internat sur le site Viette, achevés en 2019 pour un montant de 13,9 à 16 M€, selon le site de la région. Ces investissements n’ont visiblement pas mis fin aux problèmes d’hygiène et de vétusté signalés par les élèves dans les parties non rénovées du bâtiment.
Le Doubs est par ailleurs dans l’actualité judiciaire : quatre hommes ont été récemment écroués à Besançon après un vol d’or en Suisse. À Valentigney, commune voisine de Montbéliard, le festival BockSons se prépare pour les 5 et 6 juin.
Prochaine étape
Les réunions entre direction, rectorat et représentants lycéens doivent se poursuivre dans les prochains jours. Une audience judiciaire est fixée au 4 juin pour l’un des mis en cause dans les incidents du 22 mai.
Sources
- ToutMontbeliard.com : Manifestation au Lycée Germaine Tillion de Montbéliard : nouvelles tensions, des élèves réclament un dialogue
- L'Est Républicain : Après les affrontements, les lycéens de Germaine-Tillion à la table des discussions, appellent au calme
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté : "Il n'y a aucune preuve" : le parquet de Montbéliard réfute les accusations de violences policières
- Région Bourgogne-Franche-Comté : Un lycée tout neuf pour Montbéliard