Deux homicides en 24h à Agen : enquêtes ouvertes après féminicide présumé et altercation entre SDF

Deux meurtres distincts en moins d'une journée ont secoué Agen les 1er et 2 mai 2026, impliquant un féminicide présumé et une altercation mortelle entre sans-abri.

Deux homicides en 24h à Agen : enquêtes ouvertes après féminicide présumé et altercation entre SDF
Illustration Sandrine Pouget / info.fr

Agen a enregistré deux homicides en moins de 24 heures les 1er et 2 mai 2026. Une femme de 29 ans a été tuée par arme blanche dans le quartier Léon-Blum. Le lendemain, un SDF d'une cinquantaine d'années a été retrouvé mort rue Roussanes après une bagarre. Deux gardes à vue, deux enquêtes pour meurtre ouvertes par le parquet d'Agen.

Agen a enregistré deux homicides en moins de 24 heures les 1er et 2 mai 2026. Une femme de 29 ans a été tuée par arme blanche dans le quartier Léon-Blum. Le lendemain, un SDF d’une cinquantaine d’années a été retrouvé mort rue Roussanes après une bagarre. Deux gardes à vue, deux enquêtes pour meurtre ouvertes par le parquet d’Agen.

L’essentiel

  • Premier homicide : Angelyne Taillefer, 29 ans, mère d’une petite fille, tuée par arme blanche à la gorge dans le quartier Léon-Blum dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026.
  • Suspect n°1 : Son ex-compagnon, trentaine d’années, interpellé vers 6h30 le 1er mai et placé en garde à vue ; la garde à vue se poursuivait selon La Dépêche.
  • Second homicide : Un SDF d’une cinquantaine d’années retrouvé mort sous un porche rue Roussanes le 2 mai vers 6h30, recouvert d’un sac de couchage rouge.
  • Suspect n°2 : Un autre SDF d’une cinquantaine d’années s’est présenté spontanément au commissariat d’Agen, reconnaissant avoir tué lors d’une bagarre ; placé en garde à vue.
  • Contexte statistique : Le Lot-et-Garonne avait enregistré 4 homicides sur l’ensemble de l’année 2025, en baisse de 20% selon La Dépêche du 30 janvier 2026.

Nuit du 30 avril au 1er mai : Angelyne Taillefer retrouvée morte

Le corps d’Angelyne Taillefer, 29 ans, a été découvert dans une allée du quartier Léon-Blum à Agen, à la limite avec la commune de Bon-Encontre, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026. La victime, mère d’une petite fille, présentait une blessure par arme blanche au niveau de la gorge, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine et Sud Ouest.

Le procureur d’Agen Olivier Naboulet a précisé dans un communiqué : « L’intervention d’un tiers était très fortement envisagée, alors qu’une blessure au niveau du cou était relevée. » L’enquête pour meurtre a été confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) et à la Direction interdépartementale de la police nationale du Lot-et-Garonne (DIPN47).

L’ex-compagnon de la victime, un homme d’une trentaine d’années domicilié en Agenais et père de l’enfant commun, a été interpellé vers 6h30 le 1er mai. Il a été placé en garde à vue comme principal suspect. Le Parisien et La Dépêche indiquaient en fin de journée que la mesure se poursuivait.

Ce drame s’inscrit dans le cadre des violences conjugales. La qualification de féminicide n’a pas encore été retenue officiellement par le parquet à ce stade - l’enquête déterminera les circonstances exactes.

2 mai, 6h30 rue Roussanes : un SDF tué lors d’une bagarre

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Moins de 24 heures après la découverte du corps d’Angelyne Taillefer, les services de secours et la police sont intervenus rue Roussanes, en plein centre-ville d’Agen. Un homme d’une cinquantaine d’années, sans domicile fixe, a été retrouvé mort sous un porche, recouvert d’un sac de couchage rouge, selon La Dépêche du 2 mai 2026.

Les pompiers du SDIS47 et un magistrat de permanence se sont rendus sur place. L’enquête a rapidement progressé : un autre SDF d’une cinquantaine d’années s’est présenté spontanément au commissariat d’Agen pour indiquer avoir ôté la vie à l’homme lors d’une altercation. Il a aussitôt été placé en garde à vue, selon actu.fr et Sud Ouest.

Le parquet d’Agen a ouvert une seconde enquête pour meurtre, confiée aux services du commissariat local. Les circonstances précises de la bagarre n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.

Deux meurtres distincts, deux profils de suspects

Les deux affaires ne présentent aucun lien entre elles, selon les éléments disponibles. D’un côté, un contexte de violences conjugales post-séparation avec une victime et un suspect connus l’un de l’autre. De l’autre, une altercation en milieu précaire entre deux personnes sans abri, résolue en quelques heures par la présentation spontanée du suspect aux autorités.

Ce type de double occurrence reste rare à Agen. Des situations comparables - plusieurs homicides en un temps très court dans une même ville de taille moyenne - avaient notamment été documentées à Pierre-de-Bresse en 2026, où un double homicide avait fait l’objet d’une enquête distincte. À Matoury en Guyane, un mort et deux blessés par balles avaient également été recensés en moins de 24 heures.

Contexte dans le Lot-et-Garonne

Le Lot-et-Garonne avait enregistré 4 homicides sur l’ensemble de l’année 2025, soit une baisse de 20% par rapport à l’exercice précédent, selon La Dépêche du 30 janvier 2026. À Agen, ville de quelque 32 000 habitants et préfecture du département, le taux de criminalité atteignait 81,5 crimes et délits pour mille habitants en 2025, pour un total de 2 625 faits, selon les données citées par L’Internaute.

Deux homicides en deux jours représentent donc, à eux seuls, la moitié du bilan annuel 2025 du département. Au niveau national, le ministère de l’Intérieur recensait 982 victimes d’homicide en 2025, soit une hausse de 1%, avec une progression de 5% des tentatives d’homicide.

Le département a déjà été confronté à des drames de violence conjugale : en 2023, un féminicide avait eu lieu à Lectoure, où un homme avait tué sa compagne avant d’avoir rendez-vous avec une autre femme, selon La Dépêche. La vulnérabilité des personnes sans abri face aux violences est également documentée localement - un homicide de SDF jugé en 2023 à Bordeaux avait concerné des faits survenus en 2020 dans la région, rappelle Sud Ouest.

Agen, carrefour routier et ferroviaire de la Nouvelle-Aquitaine, concentre sur son centre-ville une partie des populations précaires du département. La rue Roussanes, où s’est produit le second drame, se situe dans un secteur central fréquenté.

Deux enquêtes en cours, pas d’audience fixée

Les deux gardes à vue se poursuivaient au moment de la publication des informations disponibles. Aucune date de déferrement ni de mise en examen n’avait été communiquée par le parquet d’Agen.

Dans l’affaire Taillefer, la DCOS et la DIPN47 poursuivent les investigations. Dans le second dossier, le commissariat d’Agen conduit l’enquête. Les deux procédures sont distinctes et traitées séparément.

Le parquet d’Agen n’avait pas annoncé de conférence de presse ni de point d’étape à date fixe. Les suites judiciaires dépendront notamment des résultats des gardes à vue et des examens médico-légaux en cours.

Sources

Sandrine Pouget

Sandrine Pouget

Sandrine est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Lot-et-Garonne (47), avec Agen pour chef-lieu. Spécialité du département : premier verger français (pruneau, prune, kiwi) et Garorock. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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