DFCO féminin en danger : les footballeuses pros mettent la pression pour une convention collective

Les capitaines de Première Ligue ont publié une tribune le 21 avril pour réclamer une CCN, alors que Dijon court contre la montre.

DFCO féminin en danger : les footballeuses pros mettent la pression pour une convention collective
Illustration Simon Perrot / info.fr

La section féminine du DFCO, 5e de Première Ligue, risque la disparition faute de repreneur. Le 21 avril 2026, les capitaines des clubs pros ont signé une tribune dans L'Équipe dénonçant l'absence de convention collective nationale. Dijon a jusqu'à fin avril pour trouver une issue.

Le temps presse à Dijon. La section féminine du DFCO, fondée en 2006, est en quête d’un repreneur depuis plusieurs mois. Le club accuse un déficit de 1,5 million d’euros annuels. Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, deux candidats au rachat sont en discussions, mais aucun accord n’était finalisé au 6 avril. La direction se donne jusqu’à fin avril. Sans repreneur, la section pourrait redescendre en amateur, avec fermeture du centre de formation et perte du statut professionnel pour les joueuses.

« Même football, même exigence. Toujours pas les mêmes droits »

C’est le titre de la tribune publiée le 21 avril dans L’Équipe, signée par les capitaines des équipes de Première et Seconde Ligue. Elles y dénoncent une précarité structurelle : mêmes contraintes d’entraînement, mêmes risques physiques que leurs homologues masculins, mais sans convention collective nationale (CCN) pour les protéger. Le salaire minimum en Arkema Première Ligue est de 1 820 €/mois, selon L’Équipe. Les négociations sur la CCN ont débuté en 2023. Trois ans plus tard, elles sont au point mort, bloquées sur la couverture des blessures et le droit à l’image par le syndicat des clubs Foot Unis.

Griedge Mbock, capitaine des Bleues et déléguée à l’UNFP, a déclaré le 9 avril à l’AFP : « Les négociations n’ont pas bougé depuis l’année dernière, c’est handicapant pour le foot féminin français. » La Ligue Féminine de Football Professionnel (LFFP), créée en juillet 2024, a annoncé vouloir organiser une réunion des parties prenantes « au plus vite », sans date précise. Une entrée en vigueur de la CCN pour la saison 2026-2027 semble improbable, selon Le Figaro.

Dijon, nouveau symbole d’une crise nationale

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Le 9 avril, les joueuses dijonnaises avaient déjà rompu le silence. Dans un communiqué publié sur Instagram, elles dénonçaient une « gestion confuse et désinvolte » et une « direction absente », concluant par : « Nous méritons du respect. Le football féminin mérite du respect. » Un précédent douloureux pèse sur ce dossier : les sections féminines de Bordeaux et de Soyaux ont disparu en 2024-2025, avec des plans de licenciements qui ont marqué les esprits. Dijon est désormais cité comme le nouveau cas emblématique d’un sport professionnel qui peine à protéger ses joueuses.

La mobilisation dépasse le cadre dijonnais. Plusieurs journalistes et comptes militants relaient la tribune sur X, amplifiant la pression sur les négociateurs. Selon Bien Public, les joueuses et leurs soutiens estiment que l’absence de CCN fragilise l’ensemble du football féminin professionnel français, pas seulement le DFCO. Comme dans d’autres secteurs, le manque de cadre conventionnel laisse les salariées sans filet en cas de crise de gouvernance.

Prochaine étape

Le DFCO a fixé la fin du mois d’avril 2026 comme échéance pour finaliser un rachat de la section féminine. Sans accord, le club pourrait déposer un dossier de rétrogradation. La LFFP doit convoquer une réunion sur la CCN, mais sans calendrier arrêté à ce stade. L’avenir de vingt joueuses professionnelles à Dijon se jouera dans les prochains jours.

Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Basé à Dijon, traite la viticulture bourguignonne, les tensions sur les classements UNESCO, l'université et les restructurations hospitalières. Diplômé du CFJ, il a fait ses classes en agence avant de s'ancrer en Côte-d'Or. Conviction éditoriale : vérifier les chiffres des ventes aux enchères, interroger vignerons et négociants, ne jamais se contenter des communiqués des syndicats viticoles.

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