DNCG : Monaco encadré sur sa masse salariale, l’OM en sursis
Le gendarme financier du foot français a pris des mesures restrictives contre deux cadors de Ligue 1 ce mardi. L'AS Monaco voit sa masse salariale encadrée, tandis que l'Olympique de Marseille obtient un délai pour fournir des documents.
La DNCG a rendu son verdict ce mardi 23 juin. L'AS Monaco écope d'un encadrement de sa masse salariale pour la saison 2026-2027. L'Olympique de Marseille, en pleine crise financière, obtient un sursis à statuer dans l'attente de pièces complémentaires.
L’essentiel
- Sanction pour Monaco : La DNCG impose un encadrement de la masse salariale à l’AS Monaco pour l’exercice 2026-2027, en vertu de l’article 11 du règlement.
- OM en sursis : L’Olympique de Marseille obtient un délai pour fournir des éléments financiers complémentaires. Le club présente un déficit record de 104 à 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025.
- Pression européenne : L’UEFA a infligé le 17 juin une amende de 10 millions d’euros à l’OM pour non-respect du fair-play financier, avec menace d’exclusion européenne.
- Nouvelle direction : Le club marseillais était représenté par son nouveau président Stéphane Richard, le président intérimaire Alban Juster et le directeur sportif Grégory Lorenzi.
- Autres clubs épargnés : L’OGC Nice, le RC Strasbourg et Nancy (Ligue 2) sont passés sans mesure restrictive.
Le gendarme financier du football français a frappé fort ce mardi 23 juin 2026. Réunie à Paris, la Commission de contrôle des clubs professionnels de la DNCG a statué sur la situation de plusieurs clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Deux poids lourds du championnat se retrouvent sous pression : l’AS Monaco et l’Olympique de Marseille.
Monaco : un encadrement inédit de la masse salariale
L’AS Monaco FC s’est vu infliger un encadrement de sa masse salariale pour l’exercice 2026-2027, conformément à l’article 11 du règlement de la DNCG. Si le club princier n’a pas été placé sous administration judiciaire ou interdit de recrutement, cette mesure limite sa capacité à augmenter sa charge salariale. Contactée, la direction monégasque n’a pas souhaité commenter dans l’immédiat. Cette décision intervient alors que le club de la Principauté, habitué à des finances saines, avait déjà dû vendre plusieurs joueurs lors des derniers mercatos pour respecter les équilibres.
L’OM sous le coup du déficit historique
L’Olympique de Marseille, de son côté, écope d’un sursis à statuer. Concrètement, la DNCG accorde un délai au club pour produire des documents financiers complémentaires. Une décision qui n’est pas une surprise au vu des comptes alarmants révélés par L’Équipe : le déficit du club phocéen atteint 104 à 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025 - le plus lourd depuis 2016.
La masse salariale marseillaise a explosé pour atteindre 153 millions d’euros sur la saison 2024-2025, soit environ 65 % du budget total. Une dérive attribuée à l’ancienne direction menée par Pablo Longoria, écarté en février 2026. Le nouveau président Stéphane Richard, accompagné du président intérimaire Alban Juster et du directeur sportif Grégory Lorenzi, a plaidé la cause du club devant la commission.
À cette crise interne s’ajoute la sanction de l’UEFA : le 17 juin, l’instance européenne a infligé une amende de 10 millions d’euros à l’OM pour non-respect du fair-play financier, assortie d’une menace d’exclusion des compétitions européennes avec sursis. Un couperet qui alourdit encore l’addition.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
L’OM n’est pas seulement un club de football : c’est une institution régionale, un moteur économique et un symbole pour les Bouches-du-Rhône. Avec un budget annuel qui dépasse les 230 millions d’euros en temps normal, le club génère des retombées indirectes importantes - emplois, tourisme, attractivité. La situation financière actuelle inquiète les élus locaux. Le maire de Marseille, interrogé en début de semaine, a appelé à « une gestion rigoureuse pour préserver l’avenir du club et l’image de la ville ». Aucune intervention publique de la métropole n’est encore annoncée, mais le dossier est suivi de près.
Dans le département voisin, l’OGC Nice (Alpes-Maritimes) a obtenu un satisfecit de la DNCG, tout comme le RC Strasbourg et Nancy. Cela souligne la singularité de la crise marseillaise, exacerbée par un changement de gouvernance brutal et des comptes laissés en déshérence.
Les prochaines étapes pour l’OM et Monaco
Pour l’OM, le sursis signifie que la direction doit rapidement fournir les documents réclamés par la DNCG. La date de la prochaine audition n’est pas encore fixée, mais le club dispose de quelques semaines pour détailler son plan de redressement. En coulisses, des cessions de joueurs sont déjà évoquées pour alléger la masse salariale et combler le déficit. Du côté de Monaco, l’encadrement salarial contraint le club à être prudent sur le marché des transferts estival, qui débute officiellement le 1er juillet.
La DNCG a rappelé dans son communiqué que les décisions peuvent faire l’objet d’un recours devant la commission d’appel. Aucun club n’a encore annoncé son intention de contester.